s’il avait fui sa subsistance, elle l’aurait pourtant suivi comme la mort le suit. – Ḥadith rapporté avec chaîne de transmission par al-Thaʿlabî.
Dans les Sunan d’Ibn Mâjah, d’après Ḥabbah et Suwâʾ, fils de Khâlid, il est dit :
« Nous entrâmes auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – tandis qu’il s’occupait à une tâche et nous l’y aidâmes. Il déclara alors :
« Ne désespérez jamais de la subsistance tant que vos têtes bougent encore, car l’être humain naît de sa mère rouge, nu, sans la moindre écorce »[1] –
puis il ajouta : « Ensuite Allah le pourvoit ».
On rapporte qu’un groupe de Bédouins avait semé un champ que la calamité dévasta, si bien qu’ils en furent affligés. Surgit alors une Bédouine qui leur dit :
« Pourquoi vois-je vos têtes baissées et vos poitrines oppressées ? C’est notre Seigneur qui nous connaît parfaitement ; notre subsistance dépend de Lui : Il nous l’apporte où Il veut ! »
Puis elle improvisa ces vers :
Si, dans un roc au fond des flots, dur et dressé,
Compact, muet, poli, jamais ne fût-il fêlé,
La part qu’Allah destine à l’âme devait s’y tapir,
Le roc se fendra lui-même pour la lui faire parvenir.
Ou si, caché parmi les sept cieux, se trouvait son horizon,
Allah aplanirait l’ascension et lui rouvrirait l’horizon ;
Jusqu’à saisir ce qu’au Tableau son destin inscrira,
Et si elle ne l’atteint pas, vers elle il s’empressera.
Je dis : c’est dans le même sens que se situe l’épisode des Ašʿarites lorsqu’ils dépêchèrent un messager auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue. Il entendit alors la parole du Très-Haut :
« Il n’est point de bête sur la terre dont la subsistance ne relève d’Allah »[2].
Il repartit sans même parler au Prophète et déclara : « Les Ašʿarites ne sauraient être, aux yeux d’Allah, plus négligeables que les bêtes. » Nous avons déjà mentionné cette histoire dans la sourate Hûd[2].
Luqmân dit encore : « Ô mon fils, quand bien même il s’agirait d’un grain de moutarde, logé dans un rocher… » – verset que nous avons expliqué dans la sourate Luqmân[3].
Ce chapitre a été traité de façon exhaustive dans notre ouvrage « Réprimer la convoitise par l’ascèse et le contentement » – louange à Allah. Tel est le véritable tawakkul, pur de toute impureté : le cœur libre avec le Seigneur. Qu’Allah nous l’accorde et ne nous fasse dépendre de nul autre que Lui, par Sa grâce et Sa munificence.
Parole du Très-Haut : « … tout comme il est certain que vous parlez ».
La récitation la plus courante lit « mithla » au cas accusatif. Son sens est : « … comme (kamithli) le fait que vous parlez ». Le terme est alors maṣdar mansûb en raison de la kâf (comparatif) sous-entendue ; « ma » est ici redondante pour renforcer le propos, ainsi que l’ont indiqué certains grammairiens koufiens.
Az-Zajjâj et al-Farrâʾ ajoutent qu’il est également permis de considérer « mithla » comme un accusatif de renforcement : c’est-à-dire « c’est assurément une vérité, une vérité semblable… »