« Ils se reposent », c’est-à-dire : ils ne dorment qu’un court moment de la nuit et en passent la plus grande partie en prière.
‘Atâ’ dit : « Cela se produisit lorsqu’ils furent enjoints d’accomplir la prière nocturne (qiyâm al-layl). » Abû Dharr — qu’Allah l’agrée — se ceignait la taille, prenait un bâton et s’appuyait dessus jusqu’à la révélation de la dispense : « Lève-toi pour prier la nuit, sauf un court instant » [Coran 73 : 2].
On a également dit : la particule « mâ » n’est pas surérogatoire ; on s’arrête donc au mot « qalîlan », puis l’on reprend : « mina-l-layli mâ yahja‘ûn » ; « mâ » exprime alors la négation, c’est-à-dire l’absence totale de sommeil pour eux.
Al-Hasan déclara : « Ils ne dormaient de la nuit que très peu ; il leur arrivait de se montrer pleins d’ardeur et de persévérer jusqu’à l’aube. »
Il est rapporté de Ya‘qûb al-Ḥaḍramî qu’il a dit : « Les exégètes ont divergé au sujet de ce verset. Certains ont affirmé que l’expression “kânû qalîlan” signifie que leur nombre était limité, puis ils reprirent : “mina-l-layli mâ yahja‘ûn”, au sens de : “ils dorment durant la nuit”. »
Ibn al-Anbârî répondit : « Cette opinion est viciée, car le verset indique la rareté de leur sommeil, non celle de leur nombre. Par ailleurs, si l’on commençait par “mina-l-layli mâ yahja‘ûn” dans le sens de : “ils dorment la nuit”, on n’y trouverait aucun éloge, puisque tout le monde dort la nuit, à moins que “mâ” ne soit prise pour une négation. »
Je dis : selon l’interprétation de certains — à savoir l’avis d’al-Ḍaḥḥâk — qui veulent que leur nombre fût restreint, le propos reste lié à ce qui précède : « Ils étaient auparavant des bienfaisants », c’est-à-dire que les bienfaisants étaient peu nombreux ; puis vient la reprise : « mina-l-layli mâ yahja‘ûn ».
Suivant les deux premières interprétations, la tournure « kânû qalîlan mina-l-layl » constitue une phrase indépendante après l’achèvement de ce qui précède, et l’on marque la pause sur « mâ yahja‘ûn ». De même, si l’on fait de « qalîlan » le prédicat de « kâna » et que l’on élève « mâ » par « qalîl », c’est comme s’il était dit : « Leur sommeil durant la nuit était peu important. » Ainsi, « mâ » peut être négative, former avec le verbe un masdar, ou encore être au nominatif en apposition au sujet de « kâna » ; le sens implicite est : « Leur sommeil nocturne était réduit. »
Quant à l’accusatif de « qalîlan », si l’on considère « mâ » comme une particule supplémentaire renforçant « yahja‘ûn », cela équivaut à : « Ils dormaient un court instant » ou : « Ils dormaient un sommeil léger. » Si toutefois on ne tient pas « mâ » pour surérogatoire, alors « qalîlan » devient le prédicat de « kâna » et ne peut être mis à l’accusatif par « yahja‘ûn », car, dans cette hypothèse, la subordonnée précéderait son antécédent.
Anas et Qatâdah, pour leur part, expliquèrent le verset ainsi : « Ils accomplissaient la prière entre les deux prières du soir, le Maghrib et l’‘Ishâ’. »
Abû al-‘Âliyah affirma : « Ils ne dormaient pas entre ces deux prières » — et Ibn Wahb partagea cette opinion.
Et Mujâhid a dit :