On dit :
« kharasa et ikhtarasa, khalaqa et ikhtalaqa, bashaka et ibtashaka, saraja et istaraja, et māna », tous au sens de : « il a menti », ainsi que l’a rapporté an-Naḥḥās.
Le terme al-khars désigne aussi l’estimation, sur le palmier, de la quantité de dattes fraîches qui deviendront dattes sèches. On dit : « la palmeraie a été kharasat », et le nom verbal en est al-khirs, avec kasra.
Il est d’usage de demander : « Combien vaut le khirs de tes palmiers ? » ; al-kharrās est celui qui procède à cette estimation. Le mot est donc polysémique. L’origine d’al-khars est l’idée de « section, coupure », ainsi qu’il a été expliqué plus haut dans (al-Anʿām)(1).
Relèvent du même radical : al-kharīṣ pour désigner un chenal, parce que l’eau « s’y coupe » (s’y déverse et s’y termine) ; al-khurs, la perle d’une boucle d’oreille lorsque celle-ci est seule, parce qu’elle est « séparée » de ses sœurs ; al-khurs encore, le morceau de bois d’aloès, parce qu’il se « distingue » de ses semblables par la suavité de son parfum. Quant au kharis, c’est l’homme que tenaillent la faim et le froid, car il se trouve alors « coupé » (dépourvu de forces).
On dit : « kharisa l-rajulu » (avec kasra) ; il est kharis, c’est-à-dire affamé et transi. On n’emploie pas kharas pour la seule faim sans froid ; mais on peut dire kharas pour le froid sans faim.
Al-khurs (ḍamma ou kasra) désigne encore l’anneau d’or ou d’argent ; son pluriel est al-khirsān.
Ont également part au sens de khars les dires des astrologues et de quiconque prétend deviner ou conjecturer.
Ibn ʿAbbās a dit : ce sont les muqtasimīn, ceux qui se sont partagés les sentiers de La Mecque et se sont partagé les propos à l’égard du Prophète d’Allah — paix et bénédiction sur lui — afin d’éloigner les gens de la foi en lui.
Parole d’Allah — Exalté soit-Il :
« الَّذِينَ هُمْ فِي غَمْرَةٍ ساهُونَ »
Al-ghamrah est ce qui couvre et enveloppe une chose ; ainsi parle-t-on d’un fleuve ghamr parce qu’il submerge celui qui y entre, et des ghamarāt al-mawt, les affres de la mort.
« Sāhūn » signifie : insouciants, inattentifs à l’ordre de l’Au-delà.
Sa parole — Très-Haut :
« يَسْأَلُونَ أَيَّانَ يَوْمُ الدِّينِ »
c’est-à-dire : « Quand aura lieu le Jour du Jugement ? » Ils l’interrogent par dérision et par doute au sujet de la Résurrection.
« يَوْمَ هُمْ عَلَى النَّارِ يُفْتَنُونَ »
« Yawma » est à l’accusatif par assimilation à la réponse sous-entendue : « telle est la rétribution — le jour où ils seront exposés au Feu », c’est-à-dire brûlés. L’expression vient de leur usage : « fatanta l-dhahaba », tu as fait fondre l’or pour l’éprouver ; le sens premier de fitnah est l’épreuve.
Il a également été dit que « yawma » est indéclinable du fait de son annexion à un terme indéclinable ; sa place est alors l’accusatif selon l’explication précédente, ou le nominatif par substitution à « yawm al-dīn ».
Az-Zajjāj a dit : on peut dire : « Il me plaît, le jour où tu es debout, et le jour où tu te lèveras » ; si tu le veux, tu mets la voyelle de fatḥa alors qu’il est au lieu d’un nominatif ; il est donc graphie d’accusatif tout en étant, quant au sens, nominatif.
Ibn ʿAbbās a dit :
« يُفْتَنُونَ » : ils seront châtiés.
Et l’on cite le vers du poète :
« Tout serviteur d’Allah est persécuté,
Dans le creux de La Mecque, vaincu et éprouvé. »