Le pluriel est : mawâqir. Quant au waqr, avec la voyelle d’ouverture, il désigne la lourdeur – la surdité – de l’oreille ; on dit : « waqirat ’udhunuhu, tawqaru waqran », c’est-à-dire : son oreille s’est alourdie, il est devenu sourd. Selon les règles analogiques, le nom d’action devrait être vocalisé, mais il est venu avec sukûn ; la question a déjà été abordée au commentaire de la sourate al-An‘âm.
Concernant la parole divine : (فَالْجارِياتِ يُسْرًا) – « puis celles qui voguent avec aisance », il s’agit, dit-on, des navires qui, poussés par les vents, avancent sans peine vers le lieu où on les dirige. D’autres ont dit : ce sont les nuages. Dans ce cas, le qualificatif « avec aisance » se comprend de deux manières : 1) ils se rendent là où Allah – Très-haut – les mène, sur les pays et les contrées ; 2) leur déplacement même est d’une facilité reconnue des Arabes, comme l’a chanté al-Aʿshâ :
Comme si, quittant soudain la demeure de sa voisine,
Elle avançait d’un pas dont la douceur s’achemine ;
Tel un nuage errant, sans lenteur ni tourmente,
Sans empressement vain ni hâte dévorante.
[Sourate adh-Dhâriyât (51), versets 7-14]
(7) Par le ciel aux trajectoires harmonieusement tressées ;
(8) vous êtes certes dans un propos contradictoire.
(9) N’est détourné de lui que celui qui fut déjà détourné.
(10) Périssent les conjectureurs,
(11) ceux qui, plongés dans leur insouciance, s’égarent ;
(12) ils disent : « À quand le Jour de la Rétribution ? »
(13) le Jour où ils seront éprouvés dans le Feu ;
(14) « Goûtez votre épreuve ! Voilà ce que vous cherchiez à hâter. »
Parole du Très-Haut : (وَالسَّماءِ ذاتِ الْحُبُكِ) – « Par le ciel aux ḥubuk ».
On a dit : il s’agit ici des nuages qui couvrent la terre ; d’autres ont affirmé : c’est le ciel élevé ; Ibn ‘Umar – qu’Allah l’agrée – a précisé qu’il s’agit du septième ciel, comme l’ont rapporté al-Mahdawî, ath-Tha‘labî, al-Mâwardî et d’autres.
Au sujet du terme « al-ḥubuk », on a rapporté sept interprétations :
- Pour Ibn ‘Abbâs, Qatâdah, Mujâhid, et ar-Rabî‘, il signifie : « doté d’une création belle et parfaitement harmonieuse » ; ‘Ikrimah dit de même : « N’as-tu pas vu le tisserand qui, lorsqu’il tisse l’étoffe, en soigne la trame ? De là l’expression ḥabaka l-thawb, yaḥbikuhu ḥabkan : il en a parachevé le tissu. » Ibn al-A‘râbî ajoute : « Toute chose que tu as rendue solide et parfaite, tu l’as ‘iḥtabakta’. »
- « Doté d’ornement », selon al-Hasan et Sa‘îd b. Jubayr ;
- d’après al-Hasan également : « constellé d’étoiles » ;
- al-Dahhâk dit : « parcouru de voies » – on appelle ḥubuk les motifs que l’on voit sur l’eau ou le sable quand le vent passe. Dans le même sens, al-Farrâ’ déclare : « Al-ḥubuk est le fin réseau d’ondulations que forme toute chose, telle le sable qu’une brise effleure ou l’eau immobile. »