Il dit : « Les vents.
(فَالْحامِلاتِ وِقْراً) – « puis celles qui portent un fardeau ». Il dit : « Ce sont les nuages, qui transportent l’eau comme les quadrupèdes portent un chargement.
(فَالْجارِياتِ يُسْراً) – « puis celles qui voguent avec aisance ». Il dit : « Ce sont les vaisseaux, lourdement chargés.
(فَالْمُقَسِّماتِ أَمْراً) – « puis celles qui répartissent un ordre ». Il dit : « Il s’agit des anges qui apportent des ordres divers : Jibrîl avec la rigueur, Mikâʾîl dévolu à la miséricorde, et l’Ange de la Mort qui apporte la mort. »
Al-Farrâʾ déclara : on a également dit qu’ils viennent avec des ordres variés touchant à la fertilité et à la stérilité, à la pluie, à la mort et aux événements.
On dit : ذَرَتِ الرِّيحُ التُّرَابَ تَذْرُوهُ ذَرْوًا وَتَذْرِيهِ ذَرْيًا – « Le vent a dispersé la poussière, la répandant et la semant. »
Puis il fut dit : (وَالذَّارِياتِ) – « Par celles qui dispersent… » ; les expressions qui suivent sont des serments, et chaque fois que le Seigneur jure par quelque chose, Il lui confère noblesse et honneur.
On a également avancé que le sens est : « Par le Seigneur des dispersantes », et la réponse est : (إِنَّما تُوعَدُونَ) – « Ce qui vous est promis », c’est-à-dire ce qui vous est promis de bien et de mal, de récompense et de châtiment, (لَصَادِقٌ) – est certes véridique, sans aucun mensonge. Le terme (لَصَادِقٌ) signifie : la vérité même, le nom tenant lieu de nom verbal.
(وَإِنَّ الدِّينَ لَواقِعٌ) – « et la rétribution s’accomplira inévitablement », c’est-à-dire : le jugement descendra sur vous.
Puis Il introduisit un autre serment et dit : (وَالسَّماءِ ذاتِ الْحُبُكِ. إِنَّكُمْ لَفِي قَوْلٍ مُخْتَلِفٍ) – « Par le ciel aux trajectoires harmonieusement tressées… Vous êtes vraiment dans des propos divergents. »
On a dit encore : les « dispersantes » sont les femmes qui enfantent, car la diffusion de la création se réalise par leur procréation ; elles répandent les enfants et sont ainsi devenues dispersantes. Il a juré par elles en raison de ce que recèlent leurs flancs des meilleurs de Ses serviteurs vertueux.
Il a distingué les femmes, non les hommes – bien que chacun soit un dispersant – pour deux raisons : premièrement, elles sont des réceptacles, contrairement aux hommes, et ces deux dispersions se réunissant en elles, elles furent spécifiquement mentionnées ; deuxièmement, la dispersion se prolonge chez elles plus longtemps, et elles y sont, par contact direct, plus étroitement liées.
(فَالْحامِلاتِ وِقْراً) – « puis celles qui portent un fardeau » : il s’agit des nuages. D’autres disent : ce sont les femmes enceintes lorsqu’elles sont alourdies par la grossesse. Le mot wiqr, avec la kasra sur la wāw, désigne le poids d’une charge portée sur le dos ou dans le ventre ; on dit : « Il est venu portant son wiqr » et : « Il a chargé (awqara) son chameau. » Le terme wiqr est surtout employé pour la charge de la mule ou de l’âne, tandis que wasq désigne celle du chameau.
On qualifie une femme de مُوقَرَة (mawqara) – avec le qāf ouvert – lorsqu’elle porte une grossesse lourde. On dit aussi awqarat an-nakhlatu, « le palmier est surchargé de fruits » ; on dit : nakhlatun مُوقِرَة (muqirah), مُوقِر (muqir) ou مُوقَرَة (muqarah), et l’on rapporte même مُوقَر (muqar), forme irrégulière puisque l’action est attribuée au palmier. On ne dit مُوقِر (muqir) – avec la kasra – que par analogie à l’expression « une femme حامِل (hâmil) », parce que la fructification de l’arbre est assimilée à la grossesse des femmes ; quant à مُوقَر (muqar) avec la fatḥa, c’est une forme rare.
Il a été rapporté, dans un vers de Labîd décrivant des palmiers :
Des palmes vigoureuses dressées en vallon fertile,
Leurs hampes serrées dominent un canal tranquille ;
Chargées de fruits, elles ploient sous le poids qu’elles assument,
Et l’une d’elles, close et dense, dissimule ce qu’elle hume.