Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Puis Il dira – c’est-à-dire Allah, le Très-Haut – à Isrâfîl :

« Souffle le souffle de la Résurrection. »

Il soufflera alors, et les âmes sortiront, pareilles à des essaims d’abeilles, remplissant l’espace qui sépare le ciel et la terre. Allah, – Majestueux et Glorieux – dira : « Par Ma puissance et par Ma majesté ! chaque âme retournera bel et bien à son corps. » Les âmes pénètreront donc dans la terre jusqu’aux corps, puis entreront par les narines et se répandront dans les corps comme le venin se répand dans le corps de celui qui a été piqué. Ensuite la terre se fendra au-dessus de vous – et Je serai le premier pour qui la terre se fendra – et vous en sortirez jeunes, tous âgés de trente-trois ans, tandis que la langue, ce jour-là, sera le syriaque.

L’auteur a rapporté ce ḥadîth et nous avons exposé tout cela, avec d’autres points, de façon détaillée dans al-Tadhkira. Louange à Allah.

Sa parole – Exalté soit-Il :

« Nous sommes plus savants de ce qu’ils disent »

autrement dit de leur dénégation à ton égard et des injures qu’ils te profèrent.

« Et tu n’es pas sur eux un jabbâr »

c’est-à-dire un dominateur investi d’un pouvoir coercitif pour les contraindre à embrasser l’Islam ; selon certains, ce verset est abrogé par l’ordre relatif au combat. Le terme jabbâr renvoie à l’idée de toute-puissance et de domination, car on ne dit pas jabbâr au sens de mujbir, pas plus qu’on ne dit kharrâj au sens de mukhrij ; c’est ce qu’a rapporté al-Qushayrî.

An-Naḥḥâs dit : on a proposé de comprendre jabbâr comme « tu ne les contraints pas », mais c’est une erreur, car la forme faʿʿâl ne dérive pas de la forme afʿala.

Al-Thaʿlabî rapporte de Thaʿlab : il existe des formes en faʿʿâl ayant la valeur de mufʿil, mais elles sont rares : jabbâr pour mujbir, darrâk pour mudrik, sarrâʿ pour musriʿ, bakkâʾ pour mubkī, ʿaddâʾ pour muʿidd. Il a également été récité :

« Et il ne vous a guidés qu’à la voie de la droiture »[1]

avec redoublement du šîn, au sens de « al-murshid » (le guide), et il s’agit de Mûsâ – selon une autre opinion, d’Allah. De même, on a lu :

« Quant au navire, il appartenait à des nécessiteux »[2]

autrement dit à des gens qui se restreignent (mumsikīn).

Abû Ḥâmid al-Khârzanjî[3] a dit : les Arabes disent : « une épée saqqâṭ » signifiant « musqiṭ » (qui fait tomber).

On a encore expliqué jabbâr par musayṭir (dominateur), comme dans Sûrat al-Ghâshiyah[4] : « tu n’es pas sur eux un musayṭir ».

Al-Farrâʾ dit : j’ai entendu des Arabes dire « jabarahu ʿalâ l-amr », c’est-à-dire « il l’a contraint » ; le terme jabbâr, dans cette acception de contrainte, est donc correct.

On a encore avancé que jabbâr dérive de leur expression « jabartu-hu ʿalâ l-amr », « je l’ai contraint », dialecte des Kinânah ; il s’agit donc de deux usages.

Al-Jawharî dit : « ajbartuhu ʿalâ l-amr » signifie « je l’y ai obligé », et « ajbartuhu » peut aussi signifier « je l’ai imputé au jabr », de même que l’on dit « akfartuhu » quand on l’impute à la kufr[5].

« Rappelle donc, par le Coran, celui qui craint Ma menace. »

Ibn ʿAbbâs rapporte qu’ils dirent : « Ô Messager d’Allah ! si seulement tu nous faisais peur ! » Alors fut révélé :

« Rappelle donc, par le Coran, celui qui craint Ma menace »,

c’est-à-dire ce que J’ai préparé comme châtiment pour quiconque Me désobéit ; le waʿîd désigne le châtiment et al-waʿd la récompense.

Le poète a dit :

ثُمَّ يَقُولُ- يَعْنِي اللَّهَ تَعَالَى- لِإِسْرَافِيلَ: (انْفُخْ نَفْخَةَ الْبَعْثِ فَيَنْفُخُ فَتَخْرُجُ الْأَرْوَاحُ كَأَمْثَالِ النَّحْلِ قَدْ مَلَأَتْ مَا بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ فَيَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ وَعِزَّتِي وَجَلَالِي لَيَرْجِعَنَّ كُلُّ رُوحٍ إِلَى جَسَدِهِ فَتَدْخُلُ الْأَرْوَاحُ فِي الْأَرْضِ إِلَى الْأَجْسَادِ ثُمَّ تَدْخُلُ فِي الْخَيَاشِيمِ فَتَمْشِي فِي الْأَجْسَادِ مَشْيَ السُّمِّ فِي اللَّدِيغِ ثُمَّ تَنْشَقُّ الْأَرْضُ عَنْكُمْ وَأَنَا أَوَّلُ مَنْ تَنْشَقُّ عَنْهُ الْأَرْضُ فَتَخْرُجُونَ مِنْهَا شَبَابًا كُلُّكُمْ أَبْنَاءَ ثَلَاثٍ وَثَلَاثِينَ وَاللِّسَانُ يَوْمَئِذٍ بِالسُّرْيَانِيَّةِ) وَذَكَرَ الْحَدِيثَ، وَقَدْ ذَكَرْنَا جَمِيعَ هَذَا وَغَيْرَهُ فِي (التَّذْكِرَةِ) مُسْتَوْفًى وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (نَحْنُ أَعْلَمُ بِما يَقُولُونَ) أَيْ مِنْ تَكْذِيبِكَ وَشَتْمِكَ. (وَما أَنْتَ عَلَيْهِمْ بِجَبَّارٍ) أَيْ بِمُسَلَّطٍ تُجْبِرُهُمْ عَلَى الْإِسْلَامِ، فَتَكُونُ الْآيَةُ مَنْسُوخَةً بِالْأَمْرِ بِالْقِتَالِ. وَالْجَبَّارُ مِنَ الْجَبْرِيَّةِ وَالتَّسَلُّطِ إِذْ لَا يُقَالُ جَبَّارٌ بِمَعْنَى مُجْبِرٍ، كَمَا لَا يُقَالُ خَرَّاجٌ بِمَعْنَى مُخْرِجٍ، حَكَاهُ الْقُشَيْرِيُّ. النَّحَّاسُ: وَقِيلَ مَعْنَى جَبَّارٍ لَسْتَ تُجْبِرُهُمْ، وَهُوَ خَطَأٌ لِأَنَّهُ لَا يَكُونُ فَعَّالٌ مِنْ أَفَعَلَ. وَحَكَى الثَّعْلَبِيُّ: وَقَالَ ثَعْلَبٌ قَدْ جَاءَتْ أَحْرُفُ فَعَّالٍ بِمَعْنَى مُفْعِلٍ وَهِيَ شَاذَّةٌ، جَبَّارٌ بِمَعْنَى مُجْبِرٍ، وَدَرَّاكٌ بِمَعْنَى مُدْرِكٍ، وَسَرَّاعٌ بِمَعْنَى مُسْرِعٍ، وَبَكَّاءٌ بِمَعْنَى مُبْكٍ، وَعَدَّاءٌ بمعنى معد. وقد قرئ (وما أهداكم إِلَّا سَبِيلَ الرَّشَّادِ) «١» بِتَشْدِيدِ الشِّينِ بِمَعْنَى الْمُرْشِدِ وَهُوَ مُوسَى. وَقِيلَ: هُوَ اللَّهُ. وَكَذَلِكَ قُرِئَ (أَمَّا السَّفِينَةُ فَكَانَتْ لِمَسَّاكِينَ) «٢» يَعْنِي مُمْسِكِينَ. وَقَالَ أَبُو حَامِدٍ الْخَارْزَنْجِيُّ «٣» : تَقُولُ الْعَرَبُ: سَيْفٌ سَقَّاطٌ بِمَعْنَى مُسْقِطٍ. وَقِيلَ: (بِجَبَّارٍ) بِمُسَيْطِرٍ كَمَا فِي الْغَاشِيَةِ «٤» (لَسْتَ عَلَيْهِمْ بِمُصَيْطِرٍ) . وَقَالَ الْفَرَّاءُ: سَمِعْتُ مِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَقُولُ جَبَرَهُ عَلَى الْأَمْرِ أَيْ قَهَرَهُ، فَالْجَبَّارُ مِنْ هَذِهِ اللُّغَةِ بِمَعْنَى الْقَهْرِ صَحِيحٌ. قِيلَ: الْجَبَّارُ مِنْ قَوْلِهِمْ جَبَرْتُهُ عَلَى الْأَمْرِ أَيْ أَجْبَرْتُهُ وَهِيَ لُغَةٌ كِنَانِيَّةٌ وَهُمَا لُغَتَانِ. الْجَوْهَرِيُّ: وَأَجْبَرْتُهُ عَلَى الْأَمْرِ أَكْرَهْتُهُ عَلَيْهِ، وَأَجْبَرْتُهُ أَيْضًا نَسَبْتُهُ إِلَى [الْجَبْرِ، كَمَا تَقُولُ أَكْفَرْتُهُ إِذَا نَسَبْتَهُ إِلَى الْكُفْرِ «٥» ]. (فَذَكِّرْ بِالْقُرْآنِ مَنْ يَخافُ وَعِيدِ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ لَوْ خَوَّفْتَنَا فَنَزَلَتْ: (فَذَكِّرْ بِالْقُرْآنِ مَنْ يَخافُ وَعِيدِ) أَيْ مَا أَعْدَدْتُهُ لِمَنْ عَصَانِي مِنَ الْعَذَابِ، فَالْوَعِيدُ الْعَذَابُ والوعد الثواب، قال الشاعر:
(١). راجع ج ١٥ ص ٣١٠. (٢). راجع ج ١١ ص ٣٤. (٣). الخارزنجى: نسبة إلى خارزنج قرية بنواحي نيسابور. [ ..... ] (٤). راجع ج ٢٠ ص ٣٧. (٥). الزيادة من الصحاح الجوهري.

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