Ibn ʿAbd Allāh b. Anas rapporte :
« Les gens doués d’intelligence parmi les Compagnons de Muḥammad ﷺ accomplissaient les deux rakʿa avant la prière du maghrib. »
Et, dans le Ṣaḥīḥ de Muslim, d’après Anas b. Mālik :
« Nous étions à Médine ; lorsque le muezzin lançait l’appel à la prière du maghrib, ils se précipitaient vers les colonnes (1) et y accomplissaient deux rakʿa, si bien qu’un homme étranger entrant dans la mosquée pensait que la prière obligatoire avait déjà été célébrée tant ils étaient nombreux à les accomplir. »
Qatāda dit :
« Je n’ai vu personne pratiquer ces deux rakʿa si ce n’est Anas et Abū Barza al-Aslamī. »
Troisièmement : Sa parole – Très-haut soit-Il – :
« Et, durant la nuit, glorifie-Le, ainsi qu’après les prosternations »
fait l’objet de quatre opinions.
Première opinion : il s’agit tout simplement de la glorification d’Allāh au cours de la nuit ; tel est l’avis d’Abū al-Aḥwaṣ.
Deuxième opinion : il s’agit de la prière que l’on accomplit pendant toute la nuit, selon Mujāhid.
Troisième opinion : ce sont les deux rakʿa du fajr, selon Ibn ʿAbbās.
Quatrième opinion : c’est la prière du ʿishāʾ ultime, selon Ibn Zayd.
Ibn al-ʿArabī dit :
« Celui qui affirme qu’il s’agit de la glorification nocturne s’appuie sur le ḥadith authentique :
“Quiconque se réveille (man taʿāra) au cours de la nuit et dit : ‘Il n’y a de divinité qu’Allāh, Seul, sans associé ; à Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est Capable de toute chose. Gloire à Allāh, louange à Allāh, il n’y a de divinité qu’Allāh, Allāh est le Plus Grand, il n’y a de force ni de puissance si ce n’est par Allāh, le Très-Haut, le Sublime…’”
Quant à celui qui dit qu’il s’agit de la prière de la nuit, la prière est qualifiée de “tasbīḥ” parce qu’elle contient la glorification d’Allāh ; c’est dans ce sens qu’on parle également de la “subḥat al-ḍuḥā”.
Et celui qui y voit la prière du fajr ou du ʿishāʾ le fait parce que ces deux prières appartiennent aux prières de la nuit ; l’ʿishāʾ en est l’exemple le plus manifeste.
Quatrièmement : Sa parole – Très-haut soit-Il – :
« … et après les prosternations »
ʿUmar, ʿAlī, Abū Hurayra, al-Ḥasan b. ʿAlī, al-Ḥasan al-Baṣrī, al-Nakhaʿī, al-Shaʿbī, al-Awzāʿī et al-Zuhrī ont dit : « “Après les prosternations” renvoie aux deux rakʿa après le maghrib, et “après le départ des étoiles” aux deux rakʿa avant le fajr. » Cela est également rapporté par al-ʿAwfī d’après Ibn ʿAbbās.
Ibn ʿAbbās l’a même transmis avec élévation de chaîne ; il a dit :
Le Messager d’Allāh ﷺ a déclaré : « Les deux rakʿa après le maghrib constituent “Adbār al-sujūd”. » – rapport cité par al-Thaʿlabī.
Dans la version d’al-Māwardī, il est rapporté d’Ibn ʿAbbās :
« J’ai passé une nuit chez le Prophète ﷺ ; il accomplit deux rakʿa avant le fajr, puis sortit pour la prière et dit :
“O Ibn ʿAbbās ! Les deux rakʿa avant le fajr sont ‘Adbār al-nujūm’, et les deux rakʿa après le maghrib sont ‘Adbār al-sujūd’.” »
Et Anas a dit :
Le Prophète ﷺ a dit