Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« … alors parcourez-la et voyez (s’il est) possible (d’échapper) à la mort (par quelque détour) ou par une fuite », a rapporté al-Thaʿlabī.

Al-Qushayrī mentionne la lecture (fa-naqibū), avec kasra sur le qāf et sans redoublement : c’est-à-dire qu’ils multiplièrent les déplacements à travers le pays jusqu’à ce que leurs montures fussent usées.

Al-Jawharī précise : on dit « naqiba le chameau » (avec kasra) lorsque la corne de ses coussinets s’amincit ; « anqaba l’homme » quand son chameau est dans cet état ; et « naqiba le khuff porté », c’est-à-dire qu’il est troué.

Quant au maḥîṣ, c’est le nom verbal de ḥāṣa ʿanhu — yaḥîṣu ḥayṣan, ḥuyûṣan, maḥîṣan, maḥâṣan, ḥayṣânan — signifiant : se détourner, s’écarter. On dit : « Il n’y a, à son égard, ni maḥîṣ ni mahrab », c’est-à-dire ni échappatoire ni fuite. Al-inḥiyâṣ a le même sens ; on dira des alliés : « ḥāṣū loin de l’ennemi », et des ennemis : « ils ont pris la fuite ».

Parole du Très-Haut :

(En vérité, il y a là un rappel)
— c’est-à-dire que ce que Nous avons évoqué dans cette sourate constitue un rappel et une exhortation —
(pour quiconque possède un cœur),
autrement dit une raison par laquelle il médite. Le terme « cœur » renvoie ici à l’intellect, son siège, comme l’ont expliqué Mujāhid et d’autres.

On a également dit : pour celui qui possède la vie et une âme douée de discernement ; on a donc désigné l’âme vivante par « cœur », car il en est la demeure et la source de vie, ainsi qu’a chanté Imruʾ al-Qays :
« T’a trompée chez moi le fait que ton amour me tue
et que, quoi que tu ordonnes, le cœur l’accomplira. »

Et dans la Révélation :
(… afin qu’il avertisse celui qui est vivant) «1».

Yahyā b. Muʿādh a dit : « Le cœur est de deux sortes : un cœur rempli des préoccupations d’ici-bas, si bien que lorsqu’advient quelque affaire de l’au-delà il ne sait que faire ; et un cœur rempli des effrois de l’au-delà, si bien que lorsqu’advient quelque affaire de ce monde il ne sait que faire, son cœur étant déjà plongé dans l’au-delà. »

(ou prête l’oreille),
c’est-à-dire écoute le Coran. Les Arabes disent : « Prête-moi ton oreille », c’est-à-dire écoute. La manière d’écouter et ses fruits ont été exposés dans (Tâ-Hâ) «2».

(et qu’il soit présent),
c’est-à-dire avec un cœur attentif. Al-Zajjāj dit : « Son cœur est présent dans ce qu’il entend. » Sufyān dit : « Il n’assiste pas avec l’oreille tandis que le cœur est absent. »

Il fut ensuite dit : le verset s’adresse aux Gens du Livre, selon Mujāhid et Qatāda ; al-Ḥasan voit qu’il concerne spécifiquement les Juifs et les Chrétiens ; Muḥammad b. Kaʿb et Abū Ṣāliḥ estiment qu’il vise exclusivement les gens du Coran.

Parole du Très-Haut :

(Et Nous avons certes créé les cieux, la terre et ce qui est entre les deux en six jours, et nul accablement ne Nous a touchés.)
— Ce passage a déjà été commenté dans (al-Aʿrāf) «3» et ailleurs. Le lughūb désigne la fatigue et l’épuisement ; on dira, à partir de ce verbe : laghiba

فِيهَا فَانْظُرُوا (هَلْ مِنْ) الْمَوْتِ (مَحِيصٍ) وَمَهْرَبٌ، ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. وَحَكَى الْقُشَيْرِيُّ (فَنَقِبُوا) بِكَسْرِ الْقَافِ مَعَ التَّخْفِيفِ، أَيْ أَكْثَرُوا السَّيْرَ فِيهَا حَتَّى نَقِبَتْ دَوَابُّهُمْ الْجَوْهَرِيُّ: وَنَقِبَ الْبَعِيرُ بِالْكَسْرِ إِذَا رَقَّتْ أَخْفَافُهُ، وَأَنْقَبَ الرَّجُلُ إِذَا نَقِبَ بَعِيرُهُ، وَنَقِبَ الْخُفُّ الْمَلْبُوسُ أَيْ تَخَرَّقَ. وَالْمَحِيصُ مَصْدَرُ حَاصَ عَنْهُ يَحِيصُ حَيْصًا وَحُيُوصًا وَمَحِيصًا وَمَحَاصًا وَحَيَصَانًا، أَيْ عَدَلَ وَحَادَ. يُقَالُ: مَا عَنْهُ مَحِيصٌ أَيْ مَحِيدٌ وَمَهْرَبٌ. وَالِانْحِيَاصُ مِثْلُهُ، يُقَالُ لِلْأَوْلِيَاءِ: حَاصُوا عَنِ الْعَدُوِّ وَلِلْأَعْدَاءِ انْهَزَمُوا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ فِي ذلِكَ لَذِكْرى) أَيْ فِيمَا ذَكَرْنَاهُ فِي هَذِهِ السُّورَةِ تَذْكِرَةٌ وَمَوْعِظَةٌ (لِمَنْ كانَ لَهُ قَلْبٌ) أَيْ عَقْلٌ يَتَدَبَّرُ بِهِ، فَكَنَّى بِالْقَلْبِ عَنِ الْعَقْلِ لِأَنَّهُ مَوْضِعُهُ، قَالَ مَعْنَاهُ مُجَاهِدٌ وَغَيْرُهُ. وَقِيلَ: لِمَنْ كَانَ لَهُ حَيَاةٌ وَنَفْسٌ مُمَيِّزَةٌ، فَعَبَّرَ عَنِ النَّفْسِ الْحَيَّةِ بِالْقَلْبِ، لِأَنَّهُ وَطَنُهَا وَمَعْدِنُ حَيَاتِهَا، كَمَا قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: أَغَرَّكِ مِنِّي أَنَّ حُبَّكِ قَاتِلِي ... وَأَنَّكِ مَهْمَا تَأْمُرِي الْقَلْبَ يَفْعَلِ وَفِي التَّنْزِيلِ: (لِيُنْذِرَ مَنْ كانَ حَيًّا) «١» . وَقَالَ يَحْيَى بْنُ مُعَاذٍ: الْقَلْبُ قَلْبَانِ، قَلْبٌ مُحْتَشٍ بِأَشْغَالِ الدُّنْيَا حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَمْرٌ مِنَ الْأُمُورِ الْآخِرَةِ لَمْ يَدْرِ مَا يَصْنَعُ، وَقَلْبٌ قَدِ احْتَشَى بِأَهْوَالِ الْآخِرَةِ حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَمْرٌ مِنْ أُمُورِ الدُّنْيَا لَمْ يَدْرِ مَا يَصْنَعُ لِذَهَابِ قَلْبِهِ فِي الْآخِرَةِ. (أَوْ أَلْقَى السَّمْعَ) أَيِ اسْتَمَعَ الْقُرْآنَ. تَقُولُ الْعَرَبُ: أَلْقِ إِلَيَّ سَمْعَكَ أَيِ اسْتَمِعْ. وَقَدْ مَضَى فِي (طه) «٢» كَيْفِيَّةُ الِاسْتِمَاعِ وَثَمَرَتُهُ. (وَهُوَ شَهِيدٌ) أَيْ شَاهِدُ الْقَلْبِ، قَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ قَلْبُهُ حَاضِرٌ فِيمَا يَسْمَعُ. وَقَالَ سُفْيَانُ: أَيْ لَا يَكُونُ حَاضِرًا وَقَلْبُهُ غَائِبٌ. ثُمَّ قِيلَ: الْآيَةُ لِأَهْلِ الْكِتَابِ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: إِنَّهَا فِي الْيَهُودِ والنصارى خاصة. وقال محمد ابن كَعْبٍ وَأَبُو صَالِحٍ: إِنَّهَا فِي أَهْلِ الْقُرْآنِ خَاصَّةً. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَقَدْ خَلَقْنَا السَّماواتِ وَالْأَرْضَ وَما بَيْنَهُما فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ وَما مَسَّنا مِنْ لُغُوبٍ) تَقَدَّمَ فِي (الْأَعْرَافِ) «٣» وَغَيْرِهَا. وَاللُّغُوبُ التعب والإعياء، تقول منه: لغب
(١). راجع ج ١٥ ص (٥٥) (٢). راجع ج ١١ ص (١٧٦) (٣). راجع ج ٧ ص ٢١٨

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