[Sourate Qâf (50) : versets 30 à 35]
30 – « Le Jour où Nous dirons à la Géhenne : “T’es-tu remplie ?” et qu’elle dira : “Y a-t-il encore un surplus ?” »
31 – « Le Paradis sera rapproché des pieux, sans être éloigné. »
32 – « Voilà ce qui vous est promis, à tout repentant assidu. »
33 – « À celui qui craint le Tout-Miséricordieux dans l’invisible et vient avec un cœur repentant. »
34 – « Entrez-y en paix ; tel est le Jour de l’éternité. »
35 – « Ils y auront ce qu’ils désireront, et auprès de Nous se trouve un surcroît encore. »
Parole du Très-Haut :
« Le Jour où Nous dirons à la Géhenne : “T’es-tu remplie ?” et qu’elle dira : “Y a-t-il encore un surplus ?” »
Nâfiʿ et Abû Bakr (c’est-à-dire la transmission de Shuʿbah d’après ʿÂṣim) ont récité : « يَوْمَ يَقُولُ » avec la voyelle yâʾ initiale, par analogie avec Sa parole : « لا تختصموا لديَّ » – « Ne vous querellez pas devant Moi ». Les autres lecteurs ont récité avec la nûn : « نَقُولُ », nûn de majesté qui marque l’adresse d’Allah – Exalté soit-Il – (1). Al-Ḥasan a récité : « يَوْمَ أَقُولُ ». Quant à Ibn Masʿûd et d’autres, on rapporte la lecture : « يَوْمَ يُقَالُ ». Le vocable « يَوْمَ » est à l’accusatif parce qu’il dépend du sens de la phrase : « Ma parole ne sera point modifiée auprès de Moi le jour où… ».
On a dit encore qu’il est régi par un verbe sous-entendu, à savoir : « Avertis-les du Jour où Nous dirons à la Géhenne : “T’es-tu remplie ?” », conformément à la promesse antérieure qu’Il lui a faite de la remplir. Cet interrogatif vise à confirmer la véracité de Sa nouvelle, l’accomplissement assuré de Sa promesse, à confondre Ses ennemis et à avertir l’ensemble de Ses serviteurs.
« Et elle dira : “Y a-t-il encore un surplus ?” » – c’est-à-dire : « Il ne reste plus en moi de place pour une addition », semblable à la parole du Prophète – paix et salut sur lui : « ʿAqîl nous a-t-il laissé quelque maison ou terrain ? », c’est-à-dire : il ne nous en a rien laissé ; le sens est donc la négation. Il se peut toutefois que l’interrogation traduise la demande d’augmentation : « Y a-t-il encore un surplus pour que je m’accroisse ? » Les deux sens sont recevables, car l’interrogatif renferme une nuance de dénégation.
On a dit aussi qu’il n’y a là aucune parole réelle ; c’est une image : à voir son état, la Géhenne équivaut à quelqu’un qui parlerait ainsi, comme l’a dit le poète :
« Le bassin fut rempli et déclara : “Assez pour moi…
Doucement, tout doux ; tu as déjà rempli mon ventre.” »
C’est l’explication de Mujâhid et d’autres : « Reste-t-il en moi un passage ? Me voici comblée. »
D’autres encore disent : Allah fera parler le Feu afin qu’il prononce ces mots, de même qu’Il fera parler les membres ; c’est l’avis le plus juste, comme nous l’avons exposé dans la sourate al-Furqân (2).
Dans les Ṣaḥîḥs de Muslim, al-Bukhârî et al-Tirmidhî, il est rapporté d’Anas ibn Mâlik, d’après le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – qu’il a dit :