c’est-à-dire : rebelle obstiné, selon l’exégèse de Mujâhid et ʿIkrima.
D’autres ont dit : « al-ʿanīd » désigne celui qui se détourne de la Vérité. On dit ʿanada – yaʿnidu (avec kasra) ʿunūdan, c’est-à-dire : il a contredit et repoussé la Vérité alors qu’il la connaît ; il est ainsi ʿanīd ou ʿānid. Son pluriel est ʿunud, tout comme raghîf qui donne rughuf.
« mannâʿin lil-khayr » : il s’agit de l’aumône légale obligatoire (zakât) et, plus largement, de tout droit dû.
« muʿtadin » : transgresseur dans ses paroles, sa conduite et ses affaires, injuste.
« murîbin » : en proie au doute concernant l’Unicité, d’après al-Ḥasan et Qatāda. On dit : arāba l-rajulu fa-huwa murīb lorsqu’il se rend suspect.
Il s’agit du polythéiste, comme l’indique la parole du Très-Haut : « qui a établi auprès d’Allah une autre divinité ».
On a également rapporté que ces versets furent révélés au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîra. Par l’expression « mannâʿin lil-khayr », il est visé le fait qu’il empêchait ses neveux d’embrasser l’Islam.
« Jetez-le donc dans le châtiment sévère » : c’est une confirmation du premier ordre.
« Son compagnon dira : “Seigneur, je ne l’ai pas poussé à la rébellion” » ; il s’agit du démon assigné à ce mécréant obstiné, qui se désavoue de lui et le traite de menteur.
« Mais il était certes dans un égarement profond », loin de la Vérité ; il s’est montré tyrannique de son propre choix : je ne fis que l’appeler, et il répondit. Son compagnon, ici, est sans conteste son démon, ainsi que l’a rapporté al-Mahdawî.
Al-Thaʿlabî rapporte d’Ibn ʿAbbâs et de Muqātil que le compagnon est l’ange : al-Walîd ibn al-Mughîra dira à l’ange chargé d’inscrire ses méfaits : « Seigneur, c’est lui qui m’a pressé » ; l’ange répondra : « Seigneur, je ne l’ai pas poussé », c’est-à-dire : je ne l’ai point précipité.
Saʿîd ibn Jubayr dit : le mécréant dira : « Seigneur, il a ajouté à mon registre » ; l’ange dira : « Seigneur, je ne l’ai pas poussé », c’est-à-dire : je n’ai rien ajouté à son écrit. Alors Allah — exalté soit-Il — dira : « Ne vous disputez pas devant Moi », visant les mécréants et leurs compagnons parmi les démons.
Al-Qushayrî commente : ceci prouve que le compagnon est le démon.
« Je vous avais pourtant adressé la menace » : c’est-à-dire, J’ai envoyé les messagers.
Il a aussi été dit : ce discours s’adresse à tous ceux qui se querellent ; d’autres affirment qu’il concerne seulement les deux, bien qu’exprimé au pluriel.
« La parole ne sera pas changée auprès de Moi » : certains ont expliqué qu’il s’agit de Sa parole : « Quiconque vient avec une bonne action en recevra dix fois la récompense, et quiconque vient avec une mauvaise action n’en sera rétribué que l’équivalent »(1). D’autres y voient Sa parole : « Je remplirai assurément la Géhenne de djinns et d’hommes, tous ensemble »(2).
Al-Farrāʾ dit : « Rien n’est falsifié auprès de Moi », c’est-à-dire qu’il n’est rien ajouté ni retranché à la Parole, du fait de Ma science de l’Invisible.
« Et Je ne suis pas injuste envers les serviteurs » : c’est-à-dire, Je ne châtierai pas celui qui n’a pas commis de méfait, selon Ibn ʿAbbâs. L’explication de cette expression a déjà été donnée dans (al-Ḥajj)(3) et ailleurs.