Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et son compagnon dira… »

Al-Ḥasan, Qatāda et aḍ-Ḍaḥḥāq enseignent qu’il s’agit de l’ange préposé à l’homme.

« Voici ce que j’ai auprès de moi, dûment préparé » : autrement dit, le registre de ses œuvres que je détiens est prêt, soigneusement conservé.

Mujâhid dit : Il déclare : « Voici celui dont Tu m’as chargé parmi les fils d’Adam ; je l’ai présenté, ainsi que le registre de ses actes. »

D’autres ont soutenu que le sens est : « Voilà le châtiment que je tiens prêt. »

Mujâhid rapporte également que le « compagnon » est le démon qui lui a été assigné ; Ibn Zayd – selon la version transmise par Ibn Wahb – estime qu’il s’agit de son compagnon humain.

Allah, exalté soit-Il, dira alors à ce compagnon :

« Jetez-le tous deux en Géhenne… »

Al-Khalîl et al-Akhfash expliquent qu’en arabe éloquent on peut s’adresser à une seule personne en employant la forme du duel ; l’on dira ainsi : « Malheur à toi ! Scelle-la tous deux, chasse-la tous deux ; saisissez-le tous deux, libérez-le tous deux », alors qu’il n’y a qu’un seul interlocuteur.

Al-Farrā’ précise : on dit à un seul : « Levez-vous tous deux d’ici » ; l’origine en est que le plus petit nombre d’aides qu’un homme possède pour ses chameaux, ses moutons ou ses compagnons de route est de deux, si bien que son discours s’accorde naturellement avec ses deux auxiliaires.

De même, dans la poésie, on s’adresse au singulier en usant du duel :

« Ô mes deux amis… », puis l’on dit : « Ô compagnon ! »

Imruʾ al-Qays a dit :
Ami, passe donc par chez Umm Jundub aujourd’hui ;
Les souhaits de mon cœur meurtri se sont rompus, ô ennui.

Il a aussi dit :
Arrêtez-vous, pleurons l’aimé, la demeure à jamais perdue,
À Saqt al-Liwā, entre ad-Dakhûl et Ḥawmal disparue.

Un autre poète a dit :
Si, fils d’ʿAffân, vous me blâmez tous deux, je cèderai ;
Mais, si vous me laissez, un honneur inviolé je garderai.

On a également avancé que le duel est ici employé parce que le terme « compagnon » peut concerner un groupe aussi bien que deux personnes.

Al-Māzinī affirme que l’expression « Alqiyā » (« jetez-le tous deux ») équivaut à : « jette, jette ».

Al-Mubarrid considère qu’il s’agit d’un duel d’insistance : le sens est « jette, jette », et « Alqiyā » remplace la répétition. Il est néanmoins possible que le duel soit réel, le Très-Haut s’adressant alors aux deux anges.

D’autres ont dit : c’est une adresse au conducteur (as-sā’iq) et au gardien (al-ḥāfiẓ).

D’autres encore : la forme originelle est « alqīn » avec la nûn atténuée, qui devient alif à la pause ; la prononciation liée a dès lors été calquée sur la pause. Al-Ḥasan a récité « alqīn » avec la nûn légère, à l’instar de Sa parole : « …et qu’il soit assurément parmi les humiliés » et de Sa parole : « Nous tirerons bel et bien… »

« Tout négateur impénitent… »

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقالَ قَرِينُهُ) يَعْنِي الْمَلَكَ الْمُوَكَّلَ بِهِ فِي قَوْلِ الْحَسَنِ وَقَتَادَةَ وَالضَّحَّاكِ. (هَذَا مَا لَدَيَّ عَتِيدٌ) أَيْ هَذَا مَا عِنْدِي مِنْ كِتَابَةِ عَمَلِهِ مُعَدٌّ مَحْفُوظٌ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: يَقُولُ هَذَا الَّذِي وَكَّلْتَنِي بِهِ مِنْ بَنِي آدَمَ قَدْ أَحْضَرْتُهُ وَأَحْضَرْتُ دِيوَانَ عَمَلِهِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى هَذَا مَا عِنْدِي مِنَ الْعَذَابِ حَاضِرٌ. وَعَنْ مُجَاهِدٍ أَيْضًا: قَرِينُهُ الَّذِي قُيِّضَ لَهُ من الشياطين. وقال ابْنُ زَيْدٍ فِي رِوَايَةِ ابْنِ وَهْبٍ عَنْهُ: إِنَّهُ قَرِينُهُ مِنَ الْإِنْسِ، فَيَقُولُ اللَّهُ تَعَالَى لِقَرِينِهِ: (أَلْقِيا فِي جَهَنَّمَ) قَالَ الْخَلِيلُ وَالْأَخْفَشُ: هَذَا كَلَامُ الْعَرَبِ الْفَصِيحُ أَنْ تُخَاطِبَ الْوَاحِدَ بِلَفْظِ الِاثْنَيْنِ فَتَقُولُ: وَيْلَكَ ارْحَلَاهَا وَازْجُرَاهَا، وَخُذَاهُ وَأَطْلِقَاهُ لِلْوَاحِدِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: تَقُولُ لِلْوَاحِدِ قُومَا عَنَّا، وَأَصْلُ ذَلِكَ أَنَّ أَدْنَى، أَعْوَانِ الرَّجُلِ فِي إِبِلِهِ وَغَنَمِهِ وَرُفْقَتِهِ فِي سَفَرِهِ اثْنَانِ فَجَرَى كَلَامُ الرَّجُلِ عَلَى صَاحِبَيْهِ، وَمِنْهُ قَوْلُهُمْ لِلْوَاحِدِ فِي الشِّعْرِ: خَلِيلَيَّ، ثُمَّ يَقُولُ: يَا صاح. قال امرؤ القيس: خليلي مرابي على أم جندب ... نقض لبانات الفؤاد المعذب وَقَالَ أَيْضًا: قِفَا نَبْكِ مِنْ ذِكْرَى حَبِيبٍ وَمَنْزِلِ ... بِسَقْطِ اللِّوَى بَيْنَ الدَّخُولِ فَحَوْمَلِ وَقَالَ آخر: فإن تزجراني يا بن عَفَّانَ أَنْزَجِرْ ... وَإِنْ [تَدَعَانِي «١» ] أَحْمِ عِرْضًا مُمَنَّعَا وَقِيلَ: جَاءَ كَذَلِكَ لِأَنَّ الْقَرِينَ يَقَعُ لِلْجَمَاعَةِ وَالِاثْنَيْنِ. وَقَالَ الْمَازِنِيُّ: قَوْلُهُ (أَلْقِيا) يَدُلُّ عَلَى أَلْقِ أَلْقِ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: هِيَ تَثْنِيَةٌ عَلَى التَّوْكِيدِ، الْمَعْنَى أَلْقِ أَلْقِ فَنَابَ (أَلْقِيا) مَنَابَ التَّكْرَارِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ (أَلْقِيا) تَثْنِيَةً عَلَى خِطَابِ الْحَقِيقَةِ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى يُخَاطِبُ بِهِ الْمَلَكَيْنِ. وَقِيلَ: هُوَ مُخَاطَبَةٌ لِلسَّائِقِ وَالْحَافِظِ. وَقِيلَ: إِنَّ الْأَصْلَ أَلْقِينَ بِالنُّونِ الْخَفِيفَةِ تُقْلَبُ فِي الْوَقْفِ أَلِفًا فَحُمِلَ الْوَصْلُ عَلَى الْوَقْفِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ (أَلْقِينَ) بِالنُّونِ الْخَفِيفَةِ نَحْوَ قَوْلِهِ: (وَلَيَكُوناً مِنَ الصَّاغِرِينَ) «٢» وَقَوْلُهُ: (لَنَسْفَعاً) «٣» . (كُلَّ كَفَّارٍ عَنِيدٍ)
(١). في الأصول: (تدعواني) وما أثبتناه هو ما عليه الرواية في تفسير الطبري والآلوسي والفراء وغيرها. لعل ما في الأصول رواية أخرى. (٢). راجع ج ٩ ص (١٨٤) (٣). راجع ج ٢٠ ص ١٢٥

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