Parole du Très-Haut :
« Tu restais certes dans l’indifférence à l’égard de cela ; Nous avons donc ôté ton voile ».
Ibn Zayd a dit : il s’agit du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, c’est-à-dire : « Tu étais, ô Muhammad, insouciant de la mission prophétique parmi les Quraychites, durant leur époque de Jâhiliyyah. »
Ibn ʿAbbâs et aḍ-Ḍaḥḥâk ont déclaré : sont visés ici les polythéistes, c’est-à-dire qu’ils demeuraient inattentifs aux conséquences de leurs actes.
La majorité des exégètes a avancé qu’il s’agit aussi bien du vertueux que du pervers ; tel est le choix d’aṭ-Ṭabarî.
Il a encore été dit : « Ô homme, tu étais distrait du fait que toute âme est accompagnée d’un conducteur et d’un témoin, réalité qui ne se connaît que par les textes révélés. »
« Nous avons donc ôté ton voile », c’est-à-dire ta cécité.
Quatre explications ont été données :
- Lorsque l’être se trouvait dans le ventre de sa mère puis qu’il vint au monde ; avis d’as-Suddî.
- Lorsqu’il sera dans la tombe puis qu’il sera ressuscité ; tel est le sens du propos d’Ibn ʿAbbâs.
- Au moment de la présentation [des œuvres] au Jour de la Résurrection ; parole de Mujâhid.
- Lors de la descente de la Révélation et de la charge du Message ; c’est l’interprétation d’Ibn Zayd.
« Et ta vue, aujourd’hui, est perçante. »
On a dit qu’il s’agit de la clairvoyance du cœur, comme on dit d’un homme qu’il est « clairvoyant en jurisprudence ». La vue intérieure du cœur lui fait contempler les preuves issues de la réflexion et les fruits de la méditation, tout comme l’œil voit les personnes et les corps qui se tiennent devant lui.
On a également dit qu’il s’agit de la vue oculaire – et c’est le sens apparent – : « l’œil que tu as aujourd’hui est perçant, fort, pénétrant, il voit ce qui t’était auparavant voilé. »
Mujâhid a dit : « Et ta vue, aujourd’hui, est perçante » : ton regard se porte sur la languette de ta balance lorsque sont pesées tes mauvaises et tes bonnes actions ; aḍ-Ḍaḥḥâk a tenu le même propos.
D’autres ont soutenu qu’il contemple ce à quoi il aboutira, en récompense ou en châtiment ; telle est la signification du propos d’Ibn ʿAbbâs.
Il a encore été dit : le mécréant sera ressuscité avec une vue perçante, puis ses yeux deviendront bleuâtres et il sera frappé de cécité.
On relève également une lecture de « Laqad kunta », « ʿanka », « fa-baṣaruka » avec kasra, adressée à soi-même.
[Sourate Qâf (50), versets 23 à 29]
- « Et son compagnon dira : “Voici ce que j’ai auprès de moi, dûment préparé.” »
- « Jetez en Géhenne tout négateur obstiné, »
- « avare du bien, transgresseur, plein de doutes, »
- « celui qui a instauré, avec Allah, une autre divinité ; précipitez-le donc dans le châtiment implacable. »
- Son compagnon dira : « Seigneur ! je ne l’ai point poussé à la transgression ; il était plutôt dans un égarement profond. »
- [Allah dira :] « Ne vous disputez pas en Ma présence ; Je vous ai déjà, auparavant, adressé la menace. »
- « La parole prononcée auprès de Moi n’est point modifiable, et Je ne suis pas injuste envers les serviteurs. »