Abou Bakr répliqua :
« Ne pouvais-tu pas dire plutôt ce qu’Allah a dit :
﴾Et l’agonie de la mort est venue en toute vérité ; voilà ce que tu cherchais à éviter.﴿¹ »
Puis il mentionna le ḥadith.
Le terme as-sakrah (l’agonie) est le singulier de as-sakarāt.
Dans le Ṣaḥīḥ, ʿĀʾishah rapporte que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – avait devant lui un petit récipient – ou une boîte – rempli d’eau ; il y plongeait ses mains, les passait sur son visage et disait :
« Lā ilāha illā-Llāh ; certes, la mort comporte des agonies. »
Puis il leva la main et ne cessa de répéter : « Auprès du Compagnon Suprême. » jusqu’à ce qu’il rende l’âme et que sa main retombe. Rapporté par al-Bukhārī.
Il a également été rapporté du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – qu’il a dit :
« Le serviteur vertueux affronte certes la mort et ses agonies ; et lorsque ses articulations se séparent, elles se saluent mutuellement, l’une disant à l’autre : “Paix sur toi ; tu me quittes et je te quitte jusqu’au Jour de la Résurrection.” »
Et Jésus fils de Marie déclara :
« Ô assemblée des disciples, invoquez Allah afin qu’Il vous rende légère cette stupeur », c’est-à-dire l’agonie de la mort.
Il est encore rapporté :
« La mort est plus douloureuse que d’être frappé par les épées, scié par les scies ou cisaillé par les tenailles. »
﴾… voilà ce que tu cherchais à éviter.﴿
C’est-à-dire : on dira à celui que l’agonie de la mort atteint : « Voilà ce dont tu fuyais et te détournais. »
On dit : ḥāda ʿani-shay’ yaḥīdu ḥiyūdan, ḥaydan et ḥaydūdatan, c’est-à-dire : il s’en est écarté et a dévié. Le terme originel est ḥayduūdah, avec la voyelle sur le yāʾ, puis celle-ci a été amuïe, car il n’existe, dans la langue, aucun schème faʿlūl hormis ṣaʿfūq.
Lorsque tu parles de toi-même tu dis : ḥidtu ʿani-shay’, aḥīdu ḥaydan wa maḥīdan, lorsque tu t’en écartes. Ṭarafah a dit :
« Ô Abā Mundhir, tu as voulu la fidélité mais tu l’as redoutée…
et tu t’es détourné comme le chameau s’écarte pour éviter de glisser. »
[Coran, sourate Qāf (50), versets 20-22]
20. ﴾Et l’on soufflera dans la Trompe ; voilà le Jour de la Menace.﴿
21. ﴾Chaque âme viendra, accompagnée d’un conducteur et d’un témoin.﴿
22. ﴾Tu restais certes dans l’indifférence à l’égard de cela ; Nous avons donc ôté ton voile, et ta vue, aujourd’hui, est perçante.﴿
Parole du Très-Haut :
﴾Et l’on soufflera dans la Trompe﴿ – il s’agit du second souffle, celui de la résurrection – ;
﴾voilà le Jour de la Menace﴿ : jour qu’Allah a promis aux mécréants pour les châtier. Le discours concernant le souffle dans la Trompe a déjà été exposé de façon exhaustive¹. Louange à Allah.
¹ Voir supra le passage consacré à la trompe.