S’agissant du terme « qaʿīd » (قعيد) employé ici, il signifie : le compagnon qui demeure constamment présent, et non pas l’antonyme de « qāʾim » (debout).
Parole du Très-Haut :
« Il ne prononce aucune parole sans qu’un Observateur vigilant ne soit auprès de lui. »
Autrement dit, l’être humain ne dit rien sans que cela ne soit inscrit à son compte. Le verbe « yalfiẓu » provient du nom « lafẓ », lequel, à l’origine, désigne l’expulsion de la nourriture hors de la bouche.
Pour le mot رقيب (raqīb) trois explications ont été avancées :
- celui qui suit et surveille les affaires ;
- le gardien, selon al-Suddī ;
- le témoin, d’après al-Ḍaḥḥāk.
Quant au terme عتيد (ʿatīd), deux interprétations sont rapportées :
- l’être présent qui ne s’absente jamais ;
- le gardien prêt, disposé soit à veiller, soit à témoigner.
Al-Jawharī dit : « ʿAtīd désigne ce qui est présent et préparé ; on emploie les verbes ʿattadahū (taʿtīdan) ou aʿtadahū (iʿtādan), c’est-à-dire : il l’a préparé pour un jour déterminé. » De là la parole d’Allah :
« Elle leur prépara (aʿtadat) un banquet. » (1)
On qualifie également de « ʿatad / ʿatid » – avec la tā’ ouverte ou cassée – le cheval préparé pour la course. Tout renvoie, dans ces emplois, à l’idée de présence, comme le dit le poète :
« Quand bien même, à mes yeux, tu demeurerais éloigné,
Ton souvenir, dans mon cœur, y reste ancré. »
Abū al-Jawzāʾ et Mujāhid ont déclaré : « Tout est inscrit au sujet de l’homme, jusqu’à ses gémissements lorsqu’il est malade. »
ʿIkrimah a dit : « Ne sont consignées que les paroles qui valent récompense ou blâme. »
D’autres ont affirmé : « Tout ce qu’il prononce est noté ; puis, à la fin de la journée, ce qui relevait du permis est effacé – telles les paroles : “Va”, “Assieds-toi”, “Mange” – qui ne comportent ni récompense ni péché. Allah est plus Savant. »
Il a été rapporté d’après Abū Hurayrah et Anas que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Lorsque les deux anges chargés de garder l’homme présentent à Allah ce qu’ils ont consigné, et qu’Allah voit un bien au début du feuillet ainsi qu’à sa fin, Il dit à Ses anges : “Soyez témoins que J’ai pardonné à Mon serviteur ce qui se trouve entre les deux extrémités du feuillet.” »
ʿAlī – qu’Allah l’agrée – a dit :
« Allah possède des anges munis de feuillets blancs ; inscrivez du bien au début et à la fin de ces feuillets, il vous sera pardonné ce qu’ils contiendront entre les deux. »
Al-Ḥāfiẓ Abū Nuʿaym rapporte : « Abū Ṭāhir Muḥammad ibn al-Faḍl ibn Muḥammad ibn Isḥāq ibn Khuzaymah nous a relaté, de même que son grand-père Muḥammad ibn Isḥāq, puis Muḥammad ibn Mūsā al-Ḥarashī, puis Suhayl ibn ʿAbd Allāh ; ce dernier dit : J’ai entendu al-Aʿmash raconter d’après Zayd ibn Wahb, d’après Ibn Masʿūd :
Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Lorsque les deux anges gardiens descendent auprès d’un serviteur, homme ou femme, ils portent un livre scellé ; ils y inscrivent tout ce que prononce le serviteur. Quand ils veulent s’élever, l’un dit à l’autre : “Ouvre le livre scellé que tu détiens.” Il l’ouvre, et l’on y trouve exactement ce qu’il a écrit ; telle est la parole du Très-Haut : “Il ne prononce aucune parole…” »