Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

d’une même élévation.

Al-Ḥasan, ʿIkrimah également, ainsi qu’al-Farrâ’, ont dit : « mawâqîru ḥawâmil », c’est-à-dire des porteuses, lourdement chargées. On dit d’une brebis : « basaqat » lorsqu’elle a mis bas.

Le poète a dit :
Lorsque nous quittâmes la demeure, elle demeura élevée,
Et, dans Qurrân, se dressaient les palmiers altiers, lourds et gorgés.

Ce premier sens est, dans la langue, le plus courant et le plus célèbre. On dit encore : « basaqa le palmier, busūqan » lorsqu’il a grandi en hauteur.

Il a dit :
Nous avons un vin, qui n’est point celui de la vigne,
Mais le pur produit des palmiers souverains ;
Nobles, ils montent dans le ciel toujours plus grands,
Et leurs fruits échappent aux mains des cueilleurs humains.

On dit également : « Un tel basaqa (surpasse) ses compagnons », c’est-à-dire les domine. « Absàqat la chamelle » lorsque le lait emplit sa mamelle avant la mise-bas ; on dit alors qu’elle est « mubsik », et les chamelles sont des « mabâsiq ».

Qutbah b. Mâlik rapporta : « J’ai entendu le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – réciter (bâṣiqât) avec la lettre ṣâd » ; Ath-Thaʿlabî l’a mentionné.

Je dis : Ce qui se trouve dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Qutbah b. Mâlik, est ceci : « Je priai, et le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – mena la prière ; il récita : “Qâf. Par le Coran glorieux”, puis lorsqu’il parvint à : “et les palmiers bâsiqât”, je me mis à la répéter sans comprendre ce qu’il avait dit. Il n’est cependant pas permis de substituer le ṣâd au sîn en raison de la présence du qâf. »

« à eux appartiennent des régimes superposés (ṭalʿ naïḍ) ».
Le ṭalʿ est la première forme sous laquelle apparaît le fruit du palmier. On dit : « ṭalaʿa al-ṭalʿu » (le ṭalʿ est sorti) ou « aṭlaʿati n-nakhlah » (le palmier a produit son ṭalʿ) ; son ṭalʿ est sa « kufurrâ » avant qu’elle ne s’entrouvre.

« nadîd » signifie « superposé », entassé les uns sur les autres. Dans al-Bukhârî, « an-nadîdu » vise la « kufurrâ » tant qu’elle demeure dans son enveloppe ; le terme indique qu’elle est empilée, l’une sur l’autre ; lorsqu’elle sort de son écale, on ne l’appelle plus « nadîd ».

« comme subsistance pour les serviteurs » : c’est-à-dire : Nous la leur avons accordée en subsistance ; ou : Nous l’avons fait pousser à titre de subsistance, car « faire pousser » implique la subsistance ; ou encore : c’est un complément d’objectif, signifiant : Nous l’avons fait pousser pour leur subsistance. Le « rizq », c’est ce qui est préparé pour être utile, et cette question a déjà été traitée.

« Et, par elle, Nous avons revivifié une contrée morte ; tel sera le surgissement » : c’est-à-dire hors des tombes ; de même qu’Allah – Exalté soit-Il – a rendu la vie à cette terre morte, Il vous fera sortir vivants après votre mort. La particule kâf est, ici, au nominatif parce qu’elle introduit une proposition indépendante. Ce sens a été évoqué ailleurs.

Il a employé le masculin « maytan » parce que c’est le lieu qui est visé ; s’il avait dit « maytatan » au féminin, cela aurait également été correct.

مُسْتَوِيَاتٍ. وَقَالَ الْحَسَنُ وَعِكْرِمَةُ أَيْضًا وَالْفَرَّاءُ: مَوَاقِيرُ حَوَامِلُ، يُقَالُ لِلشَّاةِ بَسَقَتْ إِذَا وَلَدَتْ، قَالَ الشَّاعِرُ: فَلَمَّا تَرَكْنَا الدَّارَ ظَلَّتْ مُنِيفَةً ... بِقُرَّانَ فِيهِ الْبَاسِقَاتُ الْمَوَاقِرُ وَالْأَوَّلُ فِي اللُّغَةِ أَكْثَرُ وَأَشْهَرُ، [يُقَالُ] بَسَقَ النَّخْلُ بُسُوقًا إِذَا طَالَ. قَالَ: لَنَا خَمْرٌ وَلَيْسَتْ خَمْرَ كَرْمٍ ... وَلَكِنْ مِنْ نِتَاجِ الْبَاسِقَاتِ كِرَامٌ فِي السَّمَاءِ ذَهَبْنَ طُولًا ... وَفَاتَ ثِمَارُهَا أَيْدِي الْجُنَاةِ وَيُقَالُ: بَسَقَ فُلَانٌ عَلَى أَصْحَابِهِ أَيْ عَلَاهُمْ، وَأَبْسَقَتِ النَّاقَةُ إِذَا وَقَعَ فِي ضَرْعِهَا اللَّبَنُ «١» قَبْلَ النِّتَاجِ فَهِيَ مُبْسِقٌ وَنُوقٌ مَبَاسِيقٌ. وَقَالَ قُطْبَةُ بْنُ مَالِكٍ: سَمِعْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقْرَأُ (بَاصِقَاتٍ) بِالصَّادِ، ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. قُلْتُ: الَّذِي فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ قُطْبَةَ بْنِ مَالِكٍ قَالَ: صَلَّيْتُ وَصَلَّى بِنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَرَأَ (ق وَالْقُرْآنِ الْمَجِيدِ) حَتَّى قَرَأَ (وَالنَّخْلَ باسِقاتٍ) قَالَ فَجَعَلْتُ أُرَدِّدُهَا وَلَا أَدْرِي مَا قَالَ، إِلَّا أَنَّهُ لَا يَجُوزُ إِبْدَالُ الصَّادِ مِنَ السِّينِ لِأَجْلِ الْقَافِ. (لَها طَلْعٌ نَضِيدٌ) الطَّلْعُ هُوَ أَوَّلُ مَا يَخْرُجُ مِنْ ثَمَرِ النَّخْلِ، يُقَالُ: طَلَعَ الطَّلْعُ طُلُوعًا وَأَطْلَعَتِ النَّخْلَةُ، وَطَلْعُهَا كُفُرَّاهَا قَبْلَ أَنْ يَنْشَقَّ. (نَضِيدٌ) أَيْ مُتَرَاكِبٌ قَدْ نَضَدَ بَعْضُهُ عَلَى بَعْضٍ. وَفِي الْبُخَارِيِّ (النَّضِيدُ) الْكُفُرَّى مَا دَامَ فِي أَكْمَامِهِ وَمَعْنَاهُ مَنْضُودٌ بَعْضُهُ عَلَى بَعْضٍ، فَإِذَا خَرَجَ مِنْ أَكْمَامِهِ فَلَيْسَ بِنَضِيدٍ. (رِزْقاً لِلْعِبادِ) أَيْ رَزَقْنَاهُمْ رِزْقًا، أَوْ عَلَى مَعْنَى أَنْبَتْنَاهَا رِزْقًا، لِأَنَّ الْإِنْبَاتَ فِي مَعْنَى الرِّزْقِ، أَوْ عَلَى أَنَّهُ مَفْعُولٌ لَهُ أَيْ أَنْبَتْنَاهَا لِرِزْقِهِمْ، وَالرِّزْقُ مَا كَانَ مُهَيَّأً لِلِانْتِفَاعِ بِهِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهِ» . (وَأَحْيَيْنا بِهِ بَلْدَةً مَيْتاً كَذلِكَ الْخُرُوجُ) أَيْ مِنَ الْقُبُورِ أَيْ كَمَا أَحْيَا اللَّهُ هَذِهِ الْأَرْضَ الْمَيْتَةَ فَكَذَلِكَ يُخْرِجُكُمْ أَحْيَاءً بَعْدَ مَوْتِكُمْ، فَالْكَافُ فِي مَحَلِّ رَفْعٍ عَلَى الِابْتِدَاءِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي غَيْرِ مَوْضِعٍ «٣» . وَقَالَ (مَيْتاً) لِأَنَّ المقصود المكان ولو قال ميتة لجاز.
(١). في ح، ز، ى: اللبأ وهو وزان عنب، أول اللبن عند الولادة. (٢). راجع ج ١ ص ١٧٧ وص ٢١١ (٣). راجع ج ١ ص ١٧٧ وص ٢١١

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