C’est-à-dire : mêlé, confus. Ils disent tantôt : « magicien », tantôt : « poète », tantôt : « devin » ; telle est l’explication donnée par adh-Ḍaḥḥāk et Ibn Zayd.
Qatâdah a dit : « divergent ».
Al-Ḥasan : « ambigu » ; les sens sont proches.
Abû Hurayrah a dit : « corrompu » ; de là l’expression : « les dépôts des gens se sont corrompus (marijat amânât an-nâs) », ou : « la religion s’est troublée » et « l’affaire s’est embrouillée ».
Abû Dâwûd a récité :
La foi s’est troublée ; j’ai donc dressé mon épée, (A)
Et sellé un destrier, prompt, solidement charpenté. (A)
Sa croupe est haute et fière, son garrot puissant s’élance, (B)
Pour sauver la Loi sacrée et préserver l’Alliance. (B)
Ibn ʿAbbâs a dit : le « marîj » est une affaire odieuse.
ʿImrân b. Abî ʿAtâ’ rapporte de lui : « marîj » signifie mêlé. Et il a chanté :
La bête tourna ; mon dard lui fouilla les entrailles, (A)
Elle chancela, frappée au cœur par la bataille. (A)
Puis s’abattit soudain, brisée sous l’effroi, (B)
Tel un rameau tordu, que le vent secoue et ploie. (B)
Le « khût » désigne la branche.
Al-ʿAwfî rapporte de lui : « Ils sont dans un égarement », c’est-à-dire leurs propos : « magicien, poète, possédé, devin ».
On a encore dit : « altéré ». L’origine du terme « maraj » est l’agitation et l’inquiétude ; on dit : « l’affaire des gens s’est troublée », « la religion s’est troublée », « la bague s’est relâchée à mon doigt quand il a maigri ».
Dans le ḥadith :
« Que feras-tu, ô ʿAbd Allâh, lorsque tu seras parmi des gens dont les pactes et les dépôts auront été bafoués, qui seront divisés ainsi – là ? » Puis il entrecroisa ses doigts. Rapporté par Abû Dâwûd, et nous l’avons cité dans « at-Tadhkirah ».
[Sourate Qâf (50) : versets 6-11]
Parole du Très-Haut :
« N’ont-ils donc pas considéré le ciel au-dessus d’eux : comment Nous l’avons bâti, paré, sans qu’il s’y trouve la moindre fissure ? (6)
Et la terre : Nous l’avons étendue, y avons implanté des montagnes fermes et y avons fait pousser de toute espèce splendide ; (7)
Afin qu’elle soit clairvoyance et rappel pour tout serviteur repentant. (8)
Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie, par laquelle Nous avons fait germer des jardins et le grain qu’on moissonne, (9)
Ainsi que des palmiers élancés, portant des régimes superposés : (10)
Subsistance pour les serviteurs. Par elle Nous avons redonné vie à une contrée morte ; ainsi se fera la résurrection. (11)»