Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il t’a demandé de l’absoudre de l’injustice qu’il a commise à ton encontre;
Tu as alors répondu :
« Je ne l’ai pas déclarée illicite pour lui afin de la lui déclarer licite; c’est Allah qui lui a interdit la médisance, et jamais je ne rendrai licite ce qu’Allah lui a rendu illicite. »

Néanmoins, la parole du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — atteste la validité de l’absolution, et c’est là la preuve décisive et l’exposé de la loi. Accorder l’absolution témoigne de la miséricorde; cela relève d’une forme de pardon. Le Très-Haut a dit :
« Quiconque pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allah. » (ash-Shûrâ, v. 40)

Neuvièmement — n’entre pas dans ce chapitre la médisance visant le pervers qui affiche ouvertement sa turpitude, car il est rapporté : « Celui qui jette le manteau de la pudeur n’a plus de médisance à son égard. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit encore : « Évoquez le dépravé pour ce qu’il est, afin que les gens s’en prémunissent. » La médisance, en réalité, ne concerne que celui qui dissimule ses péchés.

Il est rapporté d’al-Hasan qu’il a dit : « Trois catégories d’hommes n’ont pas droit à l’inviolabilité : l’homme dominé par ses passions, le pervers ostentatoire et l’imam injuste. »

Lorsque mourut al-Hajjâj, al-Hasan déclara : « Ô Allah, c’est Toi qui l’as fait mourir ; coupe donc de nous son influence » — et, dans une autre version, « sa disgrâce ». — « Un nabot louche est venu à nous, tendant une main aux doigts rabougris ; par Allah, jamais la poussière du sentier d’Allah n’a maculé cette main. Il peignait sa longue chevelure, se pavanait dans sa démarche, montait en chaire et pérorait jusqu’à ce que la prière lui échappe; il ne craint point Allah et n’a aucune pudeur envers les hommes. Au-dessus de lui se tient Allah, et sous lui cent mille âmes ou davantage, sans qu’aucun ne s’écrie : “La prière, ô homme !” » Puis al-Hasan ajouta : « Hélas ! l’épée et le fouet font obstacle (à toute réprobation). »

Ar-Rabîʿ ibn Subayḥ rapporte encore d’al-Hasan : « Les gens de l’innovation n’ont pas (l’inviolabilité de) la médisance. »

De même, lorsque tu t’adresses au juge pour récupérer ton droit et que tu dis : « Un tel m’a lésé, m’a mis en colère, m’a trahi, m’a frappé, m’a diffamé ou m’a nui », cela ne constitue pas une médisance; les savants de la communauté sont unanimes à ce sujet. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit : « Celui qui détient un droit a la parole. » Il a encore dit : « Retarder (le paiement) alors qu’on en a les moyens est une injustice », et : « La procrastination du débiteur solvable rend licites son honneur et sa sanction. »

Relève également de ce principe la demande de fatwa, comme lorsque Hind dit au Prophète — paix et bénédictions sur lui : « Abû Sufyân est un homme avare; il ne me donne pas de quoi subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants: puis-je prendre (de son bien) à son insu ? » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — répondit : « Oui, prends. » Elle l’avait donc qualifié d’avare et d’injuste envers elle et ses enfants, sans qu’il la considère comme médisante ; il ne la réprima pas, mais lui donna sa fatwa.

De même encore, lorsque le fait de mentionner quelqu’un en des termes défavorables comporte un intérêt, ainsi que l’a dit le Prophète — paix et bénédictions sur lui — :

سَأَلَكَ أَنْ تُحَلِّلَهُ مِنْ مَظْلَمَةٍ هِيَ لَكَ عِنْدَهُ، فَقَالَ: إِنِّي لَمْ أُحَرِّمْهَا عَلَيْهِ فَأُحِلُّهَا، إِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ الْغِيبَةَ عَلَيْهِ، وَمَا كُنْتُ لِأُحِلَّ مَا حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ أَبَدًا. وَخَبَرُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدُلُّ عَلَى التَّحْلِيلِ، وَهُوَ الْحُجَّةُ وَالْمُبَيِّنُ. وَالتَّحْلِيلُ يَدُلُّ عَلَى الرَّحْمَةِ وَهُوَ مِنْ وَجْهِ الْعَفْوُ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى: " فَمَنْ عَفا وَأَصْلَحَ فَأَجْرُهُ عَلَى اللَّهِ" «١» [الشوري: ٤٠] . التَّاسِعَةُ- لَيْسَ «٢» مِنْ هَذَا الْبَابِ غِيبَةُ الْفَاسِقِ الْمُعْلِنُ بِهِ الْمُجَاهِرُ، فَإِنَّ فِي الْخَبَرِ] مَنْ أَلْقَى جِلْبَابَ الْحَيَاءِ فَلَا غِيبَةَ لَهُ [. وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] اذْكُرُوا الْفَاجِرَ بِمَا فِيهِ كَيْ يَحْذَرَهُ النَّاسُ [. فَالْغِيبَةُ إِذًا فِي الْمَرْءِ الَّذِي يَسْتُرُ نَفْسَهُ. وَرُوِيَ عَنِ الْحَسَنِ أنه قال: ثلاثة ليست لَهُمْ حُرْمَةٌ: صَاحِبُ الْهَوَى، وَالْفَاسِقُ الْمُعْلِنُ، وَالْإِمَامُ الْجَائِرُ. وَقَالَ الْحَسَنُ لَمَّا مَاتَ الْحَجَّاجُ: اللَّهُمَّ أَنْتَ أَمَتَّهُ فَاقْطَعْ عَنَّا سُنَّتَهُ- وَفِي رِوَايَةٍ شَيْنَهُ- فَإِنَّهُ أَتَانَا أُخَيْفِشَ أُعَيْمِشَ، يَمُدُّ بِيَدٍ قَصِيرَةِ «٣» الْبَنَانِ، وَاللَّهِ مَا عَرِقَ فِيهَا غُبَارٌ فِي سَبِيلِ اللَّهِ، يُرَجِّلُ جُمَّتَهُ وَيَخْطِرُ فِي مِشْيَتِهِ، وَيَصْعَدُ الْمِنْبَرَ فَيَهْدِرُ حَتَّى تَفُوتَهُ الصَّلَاةُ. لَا مِنَ اللَّهِ يَتَّقِي، وَلَا مِنَ النَّاسِ يَسْتَحِي، فَوْقَهُ اللَّهُ وَتَحْتَهُ مِائَةُ أَلْفٍ أَوْ يَزِيدُونَ، لَا يَقُولُ لَهُ قَائِلٌ: الصَّلَاةُ أَيُّهَا الرَّجُلُ. ثُمَّ يَقُولُ الْحَسَنُ: هَيْهَاتَ! حَالَ دُونَ ذَلِكَ السَّيْفُ وَالسَّوْطُ. وَرَوَى الرَّبِيعُ بْنُ صُبَيْحٍ عَنِ الْحَسَنِ قَالَ: لَيْسَ لِأَهْلِ الْبِدَعِ غِيبَةٌ. وَكَذَلِكَ قَوْلُكَ لِلْقَاضِي تَسْتَعِينُ بِهِ عَلَى أَخْذِ حَقِّكَ مِمَّنْ ظَلَمَكَ فَتَقُولُ: فُلَانٌ ظَلَمَنِي أَوْ غَضِبَنِي أَوْ خَانَنِي أَوْ ضَرَبَنِي أَوْ قَذَفَنِي أَوْ أَسَاءَ إِلَيَّ، لَيْسَ بِغِيبَةٍ. وَعُلَمَاءُ الْأُمَّةِ عَلَى ذَلِكَ مُجْمِعَةٌ. وَقَالَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي ذَلِكَ: ] لِصَاحِبِ الْحَقِّ مَقَالٌ [. وَقَالَ: ] مَطْلُ الْغَنِيِّ ظُلْمٌ [وَقَالَ:] لَيُّ الْوَاجِدِ «٤» يُحِلُّ عِرْضَهُ وَعُقُوبَتَهُ [. وَمِنْ ذَلِكَ الِاسْتِفْتَاءُ، كَقَوْلِ هِنْدً لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ أَبَا سُفْيَانَ رَجُلٌ شَحِيحٌ لَا يُعْطِينِي مَا يَكْفِينِي أَنَا وَوَلَدِي، فَآخُذُ مِنْ غَيْرِ عِلْمِهِ؟ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] نَعَمْ فَخُذِي [. فَذَكَرَتْهُ بِالشُّحِّ وَالظُّلْمِ لَهَا وَلِوَلَدِهَا، وَلَمْ يَرَهَا مُغْتَابَةً، لِأَنَّهُ لَمْ يُغَيِّرْ عَلَيْهَا، بَلْ أَجَابَهَا عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ بِالْفُتْيَا لَهَا. وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ فِي ذِكْرِهِ بِالسُّوءِ فَائِدَةٌ، كَقَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:
(١). آية ٤٠ سورة الشورى. (٢). في ل: ليس يدخل في هذا ... (٣). في ل: بيد واحدة قصيرة. (٤). الواجد: القادر على قضاء دينه

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