Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« N’a pas jeûné celui qui persiste à manger la chair des gens. »
Il a donc comparé le fait de médire des gens au fait de manger leur chair ; ainsi, quiconque rabaisse un musulman ou entame son honneur est semblable à celui qui dévore sa chair de son vivant, et quiconque le médise est comme celui qui la dévore alors qu’il est mort.
Dans le Sunan d’Abû Dâwûd, il est rapporté d’après Anas ibn Mâlik que le Messager d’Allah — prières et paix sur lui — a dit :
« Lorsqu’il me fut donné d’être élevé (au cours de l’Ascension), je passai devant des gens qui avaient des ongles de cuivre avec lesquels ils se lacéraient le visage et la poitrine. Je dis : “Qui sont ceux-là, ô Jibrîl ?” Il répondit : “Ce sont ceux qui mangent la chair des gens et portent atteinte à leur honneur.” »
Selon al-Mustawrid, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Quiconque s’est nourri d’un repas aux dépens d’un musulman, Allah le nourrira d’un semblable provenant de la Géhenne ; quiconque s’est vêtu d’un habit aux dépens d’un musulman, Allah l’en revêtira d’un semblable provenant de la Géhenne ; et quiconque s’est dressé contre un musulman par ostentation et recherche de renommée, Allah se dressera contre lui de la même manière, le Jour de la Résurrection. »
Il a déjà été rapporté qu’il — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Ô vous qui avez cru de la langue alors que la foi n’a pas encore pénétré votre cœur, ne médisez pas des musulmans. »
Et il dit à deux hommes : « Pourquoi vois-je la verdure de la chair entre vos mâchoires ? »
Abû Qilâbah al-Raqâshî rapporte avoir entendu Abû ʿÂṣim dire : « Je n’ai médit de personne depuis que j’ai compris ce qu’implique la médisance. »
Maymûn ibn Siyâh, pour sa part, ne médit de personne et ne permettait à personne de médire en sa présence ; il l’en détournait, et si l’autre cessait, il restait ; sinon il se levait et s’en allait.
Al-Thaʿlabî rapporte, d’après Abû Hurayrah, qu’un homme se leva de l’assemblée du Prophète — paix et bénédictions sur lui — ; ils virent dans sa démarche de la faiblesse et dirent : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce qui rend untel si incapable ? » Il répondit : « Vous avez mangé la chair de votre frère et l’avez médit. »
Sufyân ath-Thawrî a dit : « Le degré le plus léger de la médisance consiste à dire : “Untel a les cheveux courts et crépus¹”, bien que cela soit réprouvé. »
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — a dit : « Gardez-vous d’évoquer les gens, car c’est une maladie ; attachez-vous plutôt à l’évocation d’Allah, car elle est guérison. »
ʿAlî ibn al-Ḥusayn — qu’Allah les agrée tous deux — entendit un homme médire d’un autre et lui dit : « Garde-toi de la médisance, car elle est le ragoût des chiens parmi les hommes. »
On dit à ʿAmr ibn ʿUbayd : « Untel a tellement parlé contre toi que nous en avons eu pitié. » Il répondit : « Ayez plutôt pitié de lui. »
Un homme dit à al-Ḥasan : « Il m’est parvenu que tu médit de moi ! » Il répondit : « Ton rang auprès de moi n’est pas assez élevé pour que je te consacre mes bonnes actions. »
¹ L’expression « jadʿ qaṭaṭ » désigne une chevelure courte et crépue.