Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il dit : « Si ce que tu dis de lui se trouve effectivement en lui, tu as alors médit de lui ; et s’il n’en est rien, tu l’as calomnié. »

On dit : « Untel l’a médit (ightiyâban) » lorsqu’il s’est attaqué à lui ; le terme est al-ghîbah, laquelle consiste à mentionner un défaut d’autrui en son absence¹.

Al-Ḥasan a dit : « La médisance se présente sous trois formes, toutes évoquées dans le Livre d’Allah — Très-haut : la ghîbah, l’ifk et le buhtân. La ghîbah consiste à dire de ton frère ce qui est véritablement en lui ; l’ifk, à rapporter à son sujet ce qui t’est parvenu [par ouï-dire] ; le buhtân, à dire de lui ce qui n’est pas en lui. »

Selon Shuʿbah, Muʿâwiyah — c’est-à-dire Ibn Qurrah — me dit : « Si passait devant toi un homme manchot et que je dise : “Cet homme est manchot”, ce serait de la médisance. » Shuʿbah ajoute : « J’en fis part à Abû Isḥâq, qui dit : “Il a dit vrai.” »

Abû Hurayrah rapporte que Mâʿiz al-Aslamî vint auprès du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui —, se dénonça pour fornication, et le Messager d’Allah le fit lapider. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — entendit alors deux de ses Compagnons, dont l’un disait à l’autre : « Regarde cet homme qu’Allah avait couvert, et que son âme n’a pas laissé en paix jusqu’à ce qu’il fût lapidé comme on lapide un chien. » Il se tut à leur égard.

Puis il marcha quelque temps et passa près de la carcasse d’un âne, la patte dressée. Il dit : « Où sont Untel et Untel ? » — « Nous voilà, ô Messager d’Allah », répondirent-ils. Il dit : « Descendez donc et mangez de la charogne de cet âne. » Ils dirent : « Ô Prophète d’Allah, qui pourrait manger cela ? » Il dit : « Ce que vous avez porté atteinte à l’honneur de votre frère est plus grave que d’en manger ; par Celui qui tient mon âme dans Sa main, il se baigne à présent dans les rivières du Paradis. »

Sixièmement — la parole du Très-Haut : « L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? »

Allah a comparé la médisance au fait de consommer une bête morte, car le mort ne sait pas qu’on mange sa chair, de même que le vivant ne sait pas qu’on le médit. Ibn ʿAbbâs a dit : « Allah n’a posé cet exemple pour la médisance que parce que manger la chair d’un mort est illicite et répugnant ; de même la médisance est interdite par la religion et exécrée par les âmes. » Qatâdah a dit : « De même que l’un de vous s’abstiendrait de manger la chair de son frère mort, il lui faut s’abstenir de médire de lui vivant. » L’expression « manger la chair » a été employée pour désigner la médisance, conformément à l’usage des Arabes.

Le poète a dit :
S’ils mangent ma chair, je préserve leur chair ; (A)
Sans rancœur ni colère, je défends leur chair. (A)
S’ils renversent ma gloire, s’acharnent sur ma gloire, (B)
Je leur bâtis honneur, et leur rends de la gloire. (B)²

قَالَ: ] إِنْ كَانَ فِيهِ مَا تَقُولُ فَقَدِ اغْتَبْتَهُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِيهِ فَقَدْ بَهَتَّهُ [. يُقَالُ: اغْتَابَهُ اغْتِيَابًا إِذَا وَقَعَ فِيهِ، وَالِاسْمُ الْغِيبَةُ، وَهِيَ ذِكْرُ الْعَيْبِ بِظَهْرِ الْغَيْبِ «١» . قَالَ الْحَسَنُ: الْغِيبَةُ ثَلَاثَةُ أَوْجُهٍ كُلُّهَا فِي كِتَابِ اللَّهِ تَعَالَى: الْغِيبَةُ وَالْإِفْكُ وَالْبُهْتَانُ. فَأَمَّا الْغِيبَةُ فَهُوَ أَنْ تَقُولَ فِي أَخِيكَ مَا هُوَ فِيهِ. وَأَمَّا الْإِفْكُ فَأَنْ تَقُولَ فِيهِ مَا بَلَغَكَ عَنْهُ. وَأَمَّا الْبُهْتَانُ فَأَنْ تَقُولَ فِيهِ مَا لَيْسَ فِيهِ. وَعَنْ شُعْبَةَ قَالَ: قَالَ لِي مُعَاوِيَةُ- يَعْنِي ابْنَ قُرَّةَ-: لَوْ مَرَّ بِكَ رَجُلٌ أَقْطَعُ، فَقُلْتُ هَذَا أَقْطَعُ كَانَ غِيبَةً. قَالَ شُعْبَةُ: فَذَكَرْتُهُ لِأَبِي إِسْحَاقَ فَقَالَ صدق. وروى أبو هريرة أن الأسلمي ما عزا جَاءَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَشَهِدَ عَلَى نَفْسِهِ بِالزِّنَى فَرَجَمَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَسَمِعَ نَبِيُّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلَيْنِ مِنْ أَصْحَابِهِ يَقُولُ أَحَدُهُمَا لِلْآخَرِ: انْظُرْ إِلَى هَذَا الَّذِي سَتَرَ اللَّهُ عَلَيْهِ فَلَمْ تَدَعْهُ نَفْسُهُ حَتَّى رُجِمَ رَجْمَ الْكَلْبِ، فَسَكَتَ عَنْهُمَا. ثُمَّ سَارَ سَاعَةً حَتَّى مَرَّ بِجِيفَةِ حِمَارٍ شَائِلٍ بِرِجْلِهِ فَقَالَ: ] أَيْنَ فُلَانٌ وَفُلَانٌ [؟ فَقَالَا: نَحْنُ ذَا يَا رَسُولَ اللَّهِ، قَالَ: ] انْزِلَا فَكُلَا مِنْ جِيفَةِ هَذَا الْحِمَارِ [فَقَالَا: يَا نَبِيَّ اللَّهِ وَمَنْ يَأْكُلُ مِنْ هَذَا! قَالَ:] فَمَا نِلْتُمَا مِنْ عِرْضِ أَخِيكُمَا أَشَدُّ مِنَ الْأَكْلِ مِنْهُ وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ إِنَّهُ الْآنَ لَفِي أَنْهَارِ الْجَنَّةِ يَنْغَمِسُ فِيهَا [. السَّادِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَنْ يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ مَيْتاً" مَثَّلَ اللَّهُ الْغِيبَةَ بِأَكْلِ الْمَيْتَةِ، لِأَنَّ الْمَيِّتَ لَا يَعْلَمُ بِأَكْلِ لَحْمِهِ كَمَا أَنَّ الْحَيَّ لَا يَعْلَمُ بِغِيبَةِ مَنِ اغْتَابَهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّمَا ضَرَبَ اللَّهُ هَذَا الْمَثَلَ لِلْغِيبَةِ لِأَنَّ أَكْلَ لَحْمِ الْمَيِّتِ حَرَامٌ مُسْتَقْذَرٌ، وَكَذَا الْغِيبَةُ حَرَامٌ فِي الدِّينِ وَقَبِيحٌ فِي النُّفُوسِ. وَقَالَ قَتَادَةُ: كَمَا يَمْتَنِعُ أَحَدُكُمْ أَنْ يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ مَيِّتًا كَذَلِكَ يَجِبُ أَنْ يَمْتَنِعَ مِنْ غِيبَتِهِ حَيًّا. وَاسْتَعْمَلَ أَكْلَ اللَّحْمِ مَكَانَ الْغِيبَةِ لِأَنَّ عَادَةَ الْعَرَبِ بِذَلِكَ جَارِيَةٌ. قَالَ الشَّاعِرُ: فَإِنْ أَكَلُوا لَحْمِي وَفَرْتُ لُحُومَهُمْ ... وَإِنْ هَدَمُوا مجدي بنيت لهم مجدا «٢»
(١). الظهر: ما غاب عنك. (٢). البيت للمقنع الكندي، واسمه محمد بن عميرة.

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