Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Lorsqu’ils aperçurent une lueur, ils demandèrent l’autorisation, on leur ouvrit, et voilà qu’ils trouvèrent un homme – tandis qu’une femme chantait – et l’homme tenait en main une coupe.

ʿUmar dit :
— Te voilà donc occupé à cela, Untel ?
Il répondit :
— Et vous voilà, ô Commandeur des croyants, occupé à ceci !
ʿUmar reprit : « Qui est cette femme pour toi ? » — « Mon épouse », répondit-il. — « Et qu’y a-t-il dans cette coupe ? » — « Une eau limpide », dit-il.

ʿUmar demanda alors à la femme :
— Que chantes-tu donc ?
Elle récita :
« Longue est cette nuit, plus noir en est le couloir,
Je veille, sans ami pour jouer et me sursoir ;
Par Allah ! Sans la crainte que Son regard m’impose devoir,
Les flancs de ce lit trembleraient jusqu’au dernier encadrement de bois ;
Mais raison et pudeur me tiennent sous leur pouvoir,
J’honore mon époux : que nul n’atteigne son avoir. »

Puis l’homme dit :
— Ce n’est point à cela que nous avons été commandés, ô Commandeur des croyants ! Allah — Très-haut — a dit : « Et ne vous espionnez pas. »
ʿUmar répondit : « Tu as dit vrai. »

J’ai dit : Il ne faut pas comprendre de ce récit que la femme fût autre que l’épouse de l’homme ; ʿUmar n’aurait jamais toléré la fornication. Elle ne chanta ces vers qu’à la mémoire de son mari, dans l’intervalle de son absence ¹. Allah sait mieux.

ʿAmr ibn Dînâr rapporta : Un homme des habitants de Médine avait une sœur qui tomba malade ; il la visitait régulièrement, puis elle mourut et il l’enterra. C’est lui qui descendit dans sa tombe, et de sa manche tomba une bourse contenant des dinars.
Il s’adjoignit quelques parents, déterra la tombe, reprit la bourse puis déclara : « Je vais découvrir ce qu’est devenu l’état de ma sœur. » Il souleva alors le linceul, et voilà que la tombe flambait d’un feu ardent.
Il se rendit auprès de sa mère et lui dit : « Informe-moi des actes de ma sœur. » Elle répondit : « Ta sœur est morte, pourquoi t’enquérir de ses actes ? » Il ne cessa de la presser jusqu’à ce qu’elle lui avouât : « Elle retardait la prière au-delà de son temps, et quand les voisins s’endormaient, elle allait à leurs maisons, collait son oreille aux portes, les espionnait et divulguait leurs secrets. »
Il s’exclama : « C’est cela qui l’a fait périr ! »

Cinquièmement — la parole du Très-Haut :
« Et que nul d’entre vous ne médise d’un autre. »
Le Très-Glorieux a interdit la médisance : elle consiste à rappeler d’un homme ce qui est effectivement en lui ; si tu l’évoques par ce qui n’est pas en lui, cela devient de la calomnie.

Il en est fait mention dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Hurayrah : le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — dit :
« Savez-vous ce qu’est la médisance ? »
Ils dirent : « Allah et Son Messager savent mieux. »
Il dit : « C’est que tu mentionnes ton frère par ce qu’il déteste. » On demanda : « Et si ce que je dis de mon frère est vrai ?… »

إِذْ تَبَيَّنَتْ لَهُمَا نَارٌ فَاسْتَأْذَنَا فَفُتِحَ الْبَابُ، فَإِذَا رَجُلٌ وَامْرَأَةٌ تُغَنِّي وَعَلَى يَدِ الرَّجُلِ قَدَحٌ، فَقَالَ عُمَرُ: وَأَنْتَ بِهَذَا يَا فُلَانُ؟ فَقَالَ: وَأَنْتَ بِهَذَا يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ! قَالَ عُمَرُ: فَمَنْ هَذِهِ مِنْكَ؟ قَالَ امْرَأَتِي، قَالَ فَمَا فِي هَذَا الْقَدَحِ؟ قَالَ مَاءٌ زُلَالٌ، فَقَالَ لِلْمَرْأَةِ: وَمَا الَّذِي تُغَنِّينَ؟ فَقَالَتْ: تَطَاوَلَ هَذَا اللَّيْلُ وَاسْوَدَّ جَانِبُهُ ... وَأَرَّقَنِي أَنْ لَا خَلِيلَ أُلَاعِبُهْ فَوَاللَّهِ لَوْلَا اللَّهُ أَنِّي أُرَاقِبُهْ ... لَزُعْزِعَ مِنْ هَذَا السَّرِيرِ جَوَانِبُهْ وَلَكِنَّ عَقْلِي وَالْحَيَاءَ يَكُفُّنِي ... وَأُكْرِمُ بَعْلِي أَنْ تُنَالَ مَرَاكِبُهْ ثُمَّ قَالَ الرَّجُلُ: مَا بِهَذَا أُمِرْنَا يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ! قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلا تَجَسَّسُوا" . قَالَ صَدَقْتَ. قُلْتُ: لَا يُفْهَمُ مِنْ هَذَا الْخَبَرِ أَنَّ الْمَرْأَةَ كَانَتْ غَيْرَ زَوْجَةِ الرَّجُلِ، لِأَنَّ عُمَرَ لَا يُقِرُّ عَلَى الزِّنَى، وَإِنَّمَا غَنَّتْ بِتِلْكَ الْأَبْيَاتِ تَذْكَارًا لِزَوْجِهَا، وَأَنَّهَا قَالَتْهَا فِي مَغِيبِهِ عَنْهَا «١» . وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ عَمْرُو بْنُ دِينَارٍ: كَانَ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ لَهُ أُخْتٌ فَاشْتَكَتْ، فَكَانَ يَعُودُهَا فَمَاتَتْ فَدَفَنَهَا. فَكَانَ هُوَ الَّذِي نَزَلَ فِي قَبْرِهَا، فَسَقَطَ مِنْ كُمِّهِ كِيسٌ فِيهِ دَنَانِيرُ، فَاسْتَعَانَ بِبَعْضِ أَهْلِهِ فَنَبَشُوا قَبْرَهَا فَأَخَذَ الْكِيسَ ثُمَّ قَالَ: لَأَكْشِفَنَّ حَتَّى أَنْظُرَ مَا آلَ حَالُ أُخْتِي إِلَيْهِ، فَكَشَفَ عَنْهَا فَإِذَا الْقَبْرُ مُشْتَعِلٌ نَارًا، فَجَاءَ إِلَى أُمِّهِ فَقَالَ: أَخْبِرِينِي مَا كَانَ عَمَلُ أُخْتِي؟ فَقَالَتْ: قَدْ مَاتَتْ أُخْتُكَ فَمَا سُؤَالُكَ عَنْ عَمَلِهَا! فَلَمْ يَزَلْ بِهَا حَتَّى قَالَتْ لَهُ: كَانَ مِنْ عَمَلِهَا أَنَّهَا كَانَتْ تُؤَخِّرُ الصَّلَاةَ عَنْ مَوَاقِيتِهَا، وَكَانَتْ إِذَا نَامَ الْجِيرَانُ قَامَتْ إِلَى بُيُوتِهِمْ فَأَلْقَمَتْ أُذُنَهَا أَبْوَابَهُمْ، فَتَجَسَّسَ عَلَيْهِمْ وَتُخْرِجُ أَسْرَارَهُمْ، فَقَالَ: بِهَذَا هَلَكَتْ! الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلا يَغْتَبْ بَعْضُكُمْ بَعْضاً" نَهَى عَزَّ وَجَلَّ عَنِ الْغِيبَةِ، وَهِيَ أَنْ تَذْكُرَ الرَّجُلَ بِمَا فِيهِ، فَإِنْ ذَكَرْتَهُ بِمَا لَيْسَ فِيهِ فَهُوَ الْبُهْتَانُ. ثَبَتَ مَعْنَاهُ فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: ] أَتَدْرُونَ مَا الْغِيبَةُ [؟ قَالُوا: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ. قَالَ: ] ذِكْرُكَ أَخَاكَ بِمَا يَكْرَهُ [قِيلَ: أَفَرَأَيْتَ إِنْ كان في أخي ما أقول؟
(١). راجع هذه القصة في ج ٣ ص ١٠٨ من هذا الكتاب.

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