Al-Zamakhsharī dit :
« Il est rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — : “Il fait partie du droit du croyant sur son frère croyant de l’appeler par le nom qu’il affectionne le plus.” C’est pour cette raison que la teknonymie (kunya) est une Sunna et relève du bon comportement.
ʿUmar — qu’Allah l’agrée — a déclaré : “Répandez les kunya, car elles éveillent.” Ainsi Abū Bakr fut surnommé al-ʿAtīq et al-Ṣiddīq, ʿUmar al-Fārūq, Ḥamzah “le Lion d’Allah”, et Khālid “l’Épée d’Allah”. Il est rare qu’un personnage fameux — aussi bien dans l’ignorance pré-islamique que dans l’Islam — ne porte pas un surnom. Et ces épithètes honorifiques n’ont cessé, chez toutes les nations, arabes ou non-arabes, d’être employées dans leurs salutations et leur correspondance sans être désapprouvées. »
Al-Māwardī a dit : « Quant aux surnoms louables et appréciés, ils ne sont pas répréhensibles. Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a décrit nombre de ses Compagnons par des qualificatifs qui sont devenus pour eux les plus nobles des titres. »
Je (l’auteur) ajoute : « Quant aux appellatifs dont l’apparence semble déplaisante, si l’on vise par eux la simple description et non la dépréciation, ils sont nombreux.
On interrogea ʿAbdullāh b. al-Mubārak au sujet de celui qui dit : ʿHumayd al-Ṭawīl (le Grand), Sulaymān al-Aʿmash (le Louche), ʿHumayd al-Aʿraj (le Boiteux), Marwān al-Aṣghar (le Petit). Il répondit : “Si tu veux seulement le décrire et non le dénigrer, il n’y a aucun mal.” »
Dans le Ṣaḥīḥ de Muslim, ʿAbdullāh b. Sarjis rapporte : « J’ai vu l’Aslaʿ — c’est-à-dire ʿUmar — embrasser la Pierre. » Dans une autre version : al-Uṣayliʿ.
La parole du Très-Haut :
« Et quiconque ne se repent pas »
c’est-à-dire de ces surnoms qui blessent ceux qui les entendent,
« ceux-là sont les injustes »
qui se font tort à eux-mêmes en commettant ces interdictions.
[Coran, sourate al-Ḥujurāt (49), verset 12]
Ô vous qui croyez ! Évitez de trop conjecturer, car une partie des conjectures est péché ; ne vous espionnez pas les uns les autres et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Vous en auriez horreur ! Craignez Allah, certes Allah est Pleinement Accueillant au repentir, Très Miséricordieux. (12)
Ce verset comporte dix questions :
Premièrement —
La parole du Très-Haut :
« Ô vous qui croyez ! Évitez de trop conjecturer »
— on a dit qu’il fut révélé au sujet de deux Compagnons du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qui avaient médit de leur compagnon, car le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —