Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et un autre a dit :
Ne dévoile jamais les vices que d’autres ont dissimulés,
Car Allah pourrait lever le voile sur tes propres tares voilées ;
Évoque leurs mérites lorsqu’ils sont mentionnés en société,
Et ne blâme personne d’un défaut qui, en toi, est installé.

Deuxièmement — Sa parole, exalté soit-Il :
« Et ne vous affublez pas mutuellement de sobriquets. »

Le terme an-nabaz (avec voyellation) désigne le surnom ; son pluriel est anbāz. Quant à an-nabz (avec sukūn), il en est le nom verbal. On dit : nabazahu yanbizu-hu nabzan, c’est-à-dire : il l’a affublé d’un surnom. De même : « Untel yunabbizu les enfants », c’est-à-dire qu’il leur attribue des sobriquets, la redoublement indiquant la fréquence. On emploie aussi nabaz et nazab pour un surnom détestable.

« Ne vous donnez pas de sobriquets » signifie : que les uns n’affublent pas les autres de surnoms.

Chez at-Tirmidhī, il est rapporté d’Abū Jubayrah b. ad-Ḍaḥḥāk :
« L’un de nous possédait parfois deux ou trois noms ; on l’appelait par l’un d’eux, qu’il pouvait détester, et ce verset fut révélé :
“Et ne vous donnez pas de sobriquets.” »
Il déclara : « Ce hadith est ḥasan. » Abū Jubayrah est le frère de Thābit b. ad-Ḍaḥḥāk b. Khalīfah al-Anṣārī. Quant à Abū Zayd Saʿīd b. ar-Rabīʿ, disciple d’al-Harawī, il est digne de confiance.

Dans le Muṣannaf d’Abū Dāwūd, le même Compagnon rapporte :
« Ce verset fut révélé à propos de nous, les Banū Salamah :
“Et ne vous donnez pas de sobriquets ; quel détestable nom que celui de perversité après la foi !”
Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — arriva chez nous, chacun possédait deux, voire trois noms. Il disait : “Ô Untel !”, et l’on répondait : “Assez, ô Messager d’Allah ; il se fâche lorsqu’on l’appelle ainsi.” Alors fut révélé ce verset :
“Et ne vous donnez pas de sobriquets.” »

Telle est une première explication. — Une seconde : al-Ḥasan et Mujāhid ont dit : « Après sa conversion, l’homme était encore raillé pour son ancienne mécréance — “Ô Juif ! Ô Chrétien !” — d’où la révélation du verset. » Cela a aussi été rapporté de Qatādah, Abū al-ʿĀliyah et ʿIkrimah.

Qatādah a déclaré : « C’est le fait de dire à son frère : “Ô pervers ! Ô hypocrite !” » Mujāhid et al-Ḥasan l’ont dit également.

« Quel détestable nom que celui de perversité après la foi » : il est exécrable qu’on traite un homme de mécréant ou de fornicateur après son islam et son repentir, a expliqué Ibn Zayd. D’autres ont dit : le sens est que quiconque affuble son frère d’un surnom ou se moque de lui est un pervers (fāsiq). Et, dans le Ṣaḥīḥ, il est rapporté : « Quiconque dit à son frère : “Ô mécréant !” fait retomber ce jugement sur l’un des deux : s’il dit vrai, sinon il revient sur lui. »

Ainsi, quiconque commet ce qu’Allah a interdit — moquerie, sarcasme ou sobriquets — se rend coupable de perversité ; cela est illicite. Il a d’ailleurs été rapporté qu’Abū Dharr — qu’Allah l’agrée — se trouvait auprès du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et qu’il se disputa

وَقَالَ آخَرُ: لَا تَكْشِفَنَّ «١» مَسَاوِي النَّاسَ مَا سَتَرُوا ... فَيَهْتِكُ اللَّهُ سِتْرًا عَنْ مَسَاوِيكَا وَاذْكُرْ مَحَاسِنَ مَا فِيهِمْ إِذَا ذُكِرُوا ... وَلَا تَعِبْ أَحَدًا مِنْهُمْ بِمَا فِيكَا الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلا تَنابَزُوا بِالْأَلْقابِ" النَّبَزُ (بِالتَّحْرِيكِ) اللَّقَبُ، وَالْجَمْعُ الْأَنْبَازُ. وَالنَّبْزُ (بِالتَّسْكِينِ) الْمَصْدَرُ، تَقُولُ: نَبَزَهُ يَنْبِزُهُ نَبْزًا، أَيْ لَقَّبَهُ. وَفُلَانٌ يُنَبِّزُ بِالصِّبْيَانِ أَيْ يُلَقِّبُهُمْ، شَدَّدَ لِلْكَثْرَةِ. وَيُقَالُ النَّبَزُ وَالنَّزَبُ لَقَبُ السُّوءِ. وَتَنَابَزُوا بِالْأَلْقَابِ: أَيْ لَقَّبَ بَعْضُهُمْ بَعْضًا. وَفِي التِّرْمِذِيِّ عَنْ أَبِي جُبَيْرَةَ بْنِ الضَّحَّاكِ قال: كان الرجل منا يكون له الاسمين وَالثَّلَاثَةُ فَيُدْعَى بِبَعْضِهَا فَعَسَى أَنْ يَكْرَهَ، فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ " وَلا تَنابَزُوا بِالْأَلْقابِ" . قَالَ: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ. وَأَبُو جُبَيْرَةَ هَذَا هُوَ أَخُو ثَابِتِ بْنِ الضَّحَّاكِ بْنِ خَلِيفَةَ الْأَنْصَارِيِّ. وَأَبُو زَيْدٍ «٢» سَعِيدُ بْنُ الرَّبِيعِ صَاحِبُ الْهَرَوِيِّ ثِقَةً. وَفِي مُصَنَّفِ أَبِي دَاوُدَ عَنْهُ قَالَ: فِينَا نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ، فِي بَنِي سَلَمَةَ " وَلا تَنابَزُوا بِالْأَلْقابِ بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمانِ" قَالَ: قَدِمَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَيْسَ مِنَّا رَجُلٌ إِلَّا وَلَهُ اسْمَانِ أَوْ ثَلَاثَةٌ، فَجَعَلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ يَا فُلَانُ فَيَقُولُونَ مَهْ يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّهُ يَغْضَبُ مِنْ هَذَا الِاسْمِ، فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ " وَلا تَنابَزُوا بِالْأَلْقابِ" . فَهَذَا قَوْلٌ. وَقَوْلٌ ثَانٍ- قَالَ الْحَسَنُ وَمُجَاهِدٌ: كَانَ الرَّجُلُ يُعَيَّرُ بَعْدَ إِسْلَامِهِ بِكُفْرِهِ يَا يَهُودِيُّ يَا نَصْرَانِيُّ، فَنَزَلَتْ. وَرُوِيَ عَنْ قَتَادَةَ وَأَبِي الْعَالِيَةِ وَعِكْرِمَةَ. وَقَالَ قَتَادَةُ: هُوَ قَوْلُ الرَّجُلِ لِلرَّجُلِ يَا فَاسِقُ يَا مُنَافِقُ. وَقَالَهُ مجاهد والحسن أيضا. " بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمانِ" أي بئس أن يسمى الرجل كافرا أو زانيا بعد إسلامه وتوبته، قاله ابن زيد. وقيل: المعنى أن من لقب أخاه أو سخر منه فهو فاسق. وفي الصحيح] من قال لأخيه يا كافر فقد باء بها أحدهما إن كان كما قال وإلا رجعت عليه [. فمن فعل ما نهى الله عنه من السخرية والهمز والنبز فذلك فسوق، وذلك لا يجوز. وَقَدْ رُوِيَ أَنَّ أَبَا ذَرٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ كَانَ عِنْدَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فنازعه
(١). في أدب الدنيا والدين:" لا تلمس من مساوي". (٢). أبو زيد من رجال سند هذا الحديث.

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