Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Troisièmement – Parole du Très-Haut :
« Et que des femmes ne se moquent pas d’autres femmes ; il se peut que celles-ci soient meilleures qu’elles. »
Il a mentionné les femmes séparément parce que la raillerie est plus fréquente parmi elles. Pourtant, Allah – exalté soit-Il – a dit :
« Nous avons certes envoyé Noé à son peuple » (Nûḥ, 1),
ce qui englobe tous les membres de la communauté, hommes et femmes.

Les exégètes ont rapporté que ce verset fut révélé à propos de deux épouses du Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – qui se moquèrent d’Umm Salamah. Celle-ci avait ceint sa taille d’une sabîbah – un vêtement blanc, appelé également sibb – et en avait laissé traîner les deux pans derrière elle. ‘Â’ishah dit alors à Ḥafṣah – qu’Allah les agrée toutes deux : « Regarde donc ! Ce qu’elle traîne derrière elle ressemble à la langue d’un chien. » Telle fut leur moquerie.

Anas et Ibn Zayd dirent : Le verset fut révélé au sujet des femmes du Prophète ﷺ qui reprochèrent à Umm Salamah sa petite taille. – D’autres ont dit : Il fut révélé au sujet de ‘Â’ishah ; elle fit un geste de la main en direction d’Umm Salamah et dit : « Ô Prophète d’Allah, elle est bien petite. »

Ikrimah rapporte d’après Ibn ‘Abbâs : Ṣafiyyah, fille de Ḥuyayy ibn Akhṭab, vint trouver le Messager d’Allah ﷺ et se plaignit : « Ô Messager d’Allah, les femmes me dénigrent et me disent : “Ô Juive, fille de deux Juifs.” » Le Prophète ﷺ lui répondit : « Ne leur dis-tu pas : “Mon père est Hârûn, mon oncle est Mûsâ et mon époux est Muḥammad” ? » Puis Allah fit descendre ce verset.

Quatrièmement – Dans le Ṣaḥîḥ de l’imâm at-Tirmidhî, ‘Â’ishah rapporte : « J’ai imité un homme devant le Prophète ﷺ. » Il dit : « Il ne me plairait pas d’imiter un homme, même si l’on me donnait telle et telle chose. » Je dis alors : « Ô Messager d’Allah, Ṣafiyyah est une femme… » – et elle fit ainsi de la main, voulant dire qu’elle était petite. Il répliqua : « Tu as prononcé une parole qui, si on la mélangeait à la mer, l’aurait souillée. »

Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî, ‘Abdullâh ibn Zam‘ah rapporte que le Prophète ﷺ interdit à quiconque de rire de ce qui s’échappe des gens [involontairement]. Il dit encore : « Pourquoi l’un de vous frappe-t-il sa femme comme on frappe un étalon, puis, peut-être, l’enlace-t-il ? »

Et, dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Abû Hurayrah rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Allah ne regarde ni vos apparences ni vos biens ; Il regarde plutôt vos cœurs et vos œuvres. »

C’est un hadith immense ; il en découle que nul jugement définitif ne doit être porté sur la culpabilité ou l’honneur de quiconque à partir de ses seules œuvres apparentes, qu’elles soient actes d’obéissance ou de désobéissance ; peut-être celui qui se montre assidu aux œuvres extérieures cache-t-il dans son cœur un trait blâmable que seul Allah connaît.

الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلا نِساءٌ مِنْ نِساءٍ عَسى أَنْ يَكُنَّ خَيْراً مِنْهُنَّ" أَفْرَدَ النِّسَاءَ بِالذِّكْرِ لِأَنَّ السُّخْرِيَةَ مِنْهُنَّ أَكْثَرُ. وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " إِنَّا أَرْسَلْنا نُوحاً إِلى قَوْمِهِ" «١» [نوح: ١] فَشَمِلَ الْجَمِيعَ. قَالَ الْمُفَسِّرُونَ: نَزَلَتْ فِي امْرَأَتَيْنِ مِنْ أَزْوَاجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَخِرَتَا مِنْ أُمِّ سَلَمَةَ، وَذَلِكَ أَنَّهَا رَبَطَتْ خَصْرَيْهَا بِسَبِيبَةٍ- وَهُوَ ثَوْبٌ أَبْيَضُ، وَمِثْلُهَا السِّبُّ- وَسَدَلَتْ طَرَفَيْهَا خَلْفَهَا فَكَانَتْ تَجُرُّهَا، فَقَالَتْ عَائِشَةٌ لِحَفْصَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا: انْظُرِي! مَا تَجُرُّ خَلْفَهَا كَأَنَّهُ لِسَانُ كَلْبٍ، فَهَذِهِ كَانَتْ سُخْرِيَتُهُمَا. وَقَالَ أَنَسٌ وَابْنُ زَيْدٍ: نَزَلَتْ فِي نِسَاءِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، عَيَّرْنَ أُمَّ سَلَمَةَ بِالْقِصَرِ. وَقِيلَ: نَزَلَتْ فِي عَائِشَةَ، أَشَارَتْ بِيَدِهَا إِلَى أُمِّ سَلَمَةَ، يَا نَبِيَّ اللَّهِ إِنَّهَا لَقَصِيرَةٌ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: إِنَّ صَفِيَّةَ بِنْتَ حُيَيِّ بْنِ أَخْطَبَ أَتَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّ النِّسَاءَ يُعَيِّرْنَنِي، وَيَقُلْنَ لِي يَا يَهُودِيَّةُ بِنْتَ يَهُودِيَّيْنِ! فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] هَلَّا قُلْتِ إِنَّ أَبِي هَارُونُ وَإِنَّ عَمِّي مُوسَى وَإِنَّ زَوْجِي مُحَمَّدٌ [. فَأَنْزَلَ اللَّهُ هَذِهِ الْآيَةَ. الرَّابِعَةُ- فِي صَحِيحِ التِّرْمِذِيِّ عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ: حَكَيْتُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَجُلًا «٢» ، فَقَالَ: ] مَا يَسُرُّنِي أَنِّي حَكَيْتُ رَجُلًا وَأَنَّ لِي كَذَا وَكَذَا [. قَالَتْ فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّ صَفِيَّةَ امْرَأَةٌ- وَقَالَتْ بِيَدِهَا «٣» - هَكَذَا، يَعْنِي أَنَّهَا قَصِيرَةٌ. فَقَالَ: ] لَقَدْ مَزَجْتِ بِكَلِمَةٍ لَوْ مُزِجَ بِهَا الْبَحْرُ لَمُزِجَ [. وَفِي الْبُخَارِيِّ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَمْعَةَ قَالَ: نَهَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يَضْحَكَ الرَّجُلُ مِمَّا يَخْرُجُ مِنَ الْأَنْفُسِ. وَقَالَ: ] لِمَ يَضْرِبُ أَحَدُكُمُ امْرَأَتَهُ ضَرْبَ الْفَحْلِ ثُمَّ لَعَلَّهُ يُعَانِقُهَا [. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] إِنَّ اللَّهَ لَا يَنْظُرُ إِلَى صُوَرِكُمْ وَأَمْوَالِكُمْ وَلَكِنْ يَنْظُرُ إِلَى قُلُوبِكُمْ وَأَعْمَالِكُمْ [. وَهَذَا حَدِيثٌ عَظِيمٌ يَتَرَتَّبُ عَلَيْهِ أَلَّا يُقْطَعَ بِعَيْبِ أَحَدٍ لِمَا يُرَى عَلَيْهِ مِنْ صُوَرِ أَعْمَالِ الطَّاعَةِ أَوِ الْمُخَالَفَةِ، فَلَعَلَّ مَنْ يُحَافِظُ عَلَى الْأَعْمَالِ الظَّاهِرَةِ يَعْلَمُ اللَّهُ مِنْ قَلْبِهِ وَصْفًا مَذْمُومًا لا تصح
(١). أول سورة نوح. (٢). حكيت فلانا وحاكيته: فعلت مثل فعله. (٣). العرب تجعل القول عبارة عن جميع الافعال وتطلقه على غير الكلام واللسان، على المجاز والاتساع.

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