Tandis que la fraternité religieuse, elle, ne se rompt pas du fait d’une divergence de lignage.
Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est rapporté d’après Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — que le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« Ne vous jalousez pas les uns les autres, ne vous détestez pas, ne vous espionnez pas, ne vous épiez pas, ne pratiquez pas la surenchère trompeuse ; et soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères. »
Dans une autre version :
« Ne vous jalousez pas, ne pratiquez pas la surenchère trompeuse, ne vous détestez pas, ne vous détournez pas les uns des autres ; qu’aucun de vous ne conclue une vente sur la vente de son frère. Soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères ; le musulman est le frère du musulman : il ne lui fait pas injustice, ne l’abandonne pas, ne le méprise pas. La piété est ici » — et il montra par trois fois sa poitrine — « Il suffit comme mal à quelqu’un de mépriser son frère musulman. Le sang, les biens et l’honneur de tout musulman sont sacrés pour tout autre musulman. » (Version de Muslim.)
Dans un autre récit, hors des deux Ṣaḥîḥ, toujours d’après Abû Hurayra, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« Le musulman est le frère du musulman : il ne lui fait pas tort, ne le vilipende pas, ne l’abandonne pas ; il ne s’élève pas au-dessus de lui par la construction au point de lui couper le vent sans sa permission ; il ne le gêne pas par la fumée de sa marmite, à moins de lui en servir une louche ; il n’achète pas de fruits pour ses enfants et ne les laisse pas sortir avec devant les enfants de son voisin sans leur en donner. »
Puis le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — ajouta : « Mémorisez-le, mais bien peu parmi vous le mémoriseront. »
Deuxièmement — Sa parole, Exalté soit-Il : « Réconciliez donc vos deux frères » ; c’est-à-dire, entre tout couple de musulmans qui se sont querellés. D’autres ont dit : il s’agit des Aws et des Khazraj, comme indiqué plus haut.
Abû ʿAlî a déclaré : par « les deux frères » il faut entendre les deux groupes, car le duel peut être employé en arabe pour signifier la pluralité, comme dans la parole d’Allah : « Bien au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes » (Al-Mâʾidah, 64).
Abû ʿUbaydah a dit : c’est-à-dire : réconciliez entre chaque paire de frères ; l’expression englobe donc l’ensemble. Ibn Sîrîn, Naṣr ibn ʿĀṣim, Abû l-ʿĀliya, al-Jaḥdarî et Yaʿqûb ont récité : « entre vos frères » (au pluriel) ; al-Ḥasan a récité : « vos frères » (ikhwânikum) ; les autres lecteurs : « vos deux frères » (akhawaykum) au duel.
Troisièmement — Ces deux versets prouvent que la rébellion (baghy) n’ôte pas le nom de foi, car Allah — Exalté soit-Il — les a qualifiés de frères croyants alors même qu’ils étaient rebelles.
Al-Ḥârith al-Aʿwar rapporte : on interrogea ʿAlî ibn Abî Ṭâlib — qu’Allah l’agrée, lui qui est un modèle — au sujet du combat contre les rebelles lors des batailles du Chameau et de Ṣiffîn : « Sont-ils polythéistes ? »