Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

n’étaient ni désobéissants ni pécheurs pour avoir combattu ; car, si tel avait été le cas, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — n’aurait pas dit au sujet de Ṭalḥa : « Martyr », ni informé que le meurtrier d’al-Zubayr est voué au Feu.

Il en va de même pour celui qui se tint à l’écart sans se tromper dans son interprétation : au contraire, ils furent dans le vrai, Allah leur ayant inspiré l’effort d’ijtihâd. Dès lors, il n’est nullement requis de les maudire, de se désolidariser d’eux ou de les déclarer pervers, ni d’invalider leurs mérites, leur jihâd et l’immense apport qu’ils ont offert à la religion — qu’Allah les agrée.

On interrogea l’un d’eux au sujet du sang versé entre eux ; il répondit : « Telle est une communauté désormais révolue ; à elle ce qu’elle a acquis et à vous ce que vous avez acquis ; et vous ne serez pas interrogés au sujet de ce qu’ils faisaient. » (1) [Al-Baqarah, 2 : 141].

On questionna également un autre d’entre eux, et il dit : « Ce sont des effusions de sang qu’Allah a épargnées à mes mains ; je ne vais donc pas en teindre ma langue. » Il entendait par là se prémunir contre l’erreur et contre le fait de juger l’un d’eux d’un jugement qui ne serait pas juste.

Ibn Fawrak a dit : « Parmi nos maîtres, certains ont affirmé que les débats qui se produisirent entre les Compagnons sont comparables à ceux qui opposèrent les frères de Yûsuf à Yûsuf ; pourtant ces derniers ne sortirent pas, pour autant, de la sphère de la proximité divine (walāya) et de la prophétie ; il en va donc de même pour ce qui advint entre les Compagnons. »

Al-Muḥâsibî a dit : « Quant aux effusions de sang, la divergence qui les opposa rend notre parole à leur sujet délicate. »

On interrogea al-Ḥasan al-Baṣrî à propos de leurs combats ; il répondit : « Un combat qu’ont vu les Compagnons de Muhammad — paix et bénédictions d’Allah sur lui — tandis que nous étions absents ; ils savaient tandis que nous ignorions ; ils se sont accordés, alors nous avons suivi ; ils ont divergé, alors nous nous sommes arrêtés. »

Al-Muḥâsibî poursuit : « Nous disons donc comme al-Ḥasan ; nous savons que ces hommes étaient plus savants que nous sur ce dans quoi ils se sont engagés ; nous suivons ce sur quoi ils se sont accordés et nous nous abstenons là où ils ont divergé, sans établir de notre propre chef une opinion ; nous savons qu’ils ont fait l’effort d’ijtihâd et qu’ils recherchaient Allah — Puissant et Majestueux —, puisqu’ils n’étaient nullement suspectés dans la religion. Nous implorons Allah de nous accorder la réussite. »

[Sourate al-Ḥujurât (49), verset 10]
« Les croyants ne sont que des frères : réconciliez donc vos deux frères et craignez Allah afin qu’il vous soit fait miséricorde. » (10)

Ce verset comporte trois questions.
Premièrement — Sa parole — Exalté soit-Il : « Les croyants ne sont que des frères » ; c’est-à-dire en religion et en inviolabilité, non en filiation. C’est pourquoi l’on dit : la fraternité de la foi est plus solide que la fraternité de sang, car cette dernière se rompt lorsque la religion est contredite.

غَيْرُ عَاصِيَيْنِ وَلَا آثِمَيْنِ بِالْقِتَالِ، لِأَنَّ ذَلِكَ لَوْ كَانَ كَذَلِكَ لَمْ يَقُلِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي طَلْحَةَ: ] شَهِيدٌ [. وَلَمْ يُخْبِرْ أَنَّ قَاتِلَ الزُّبَيْرِ فِي النَّارِ. وَكَذَلِكَ مَنْ قَعَدَ غَيْرَ مُخْطِئٍ فِي التَّأْوِيلِ. بَلْ صواب أراهم اللَّهُ الِاجْتِهَادَ. وَإِذَا كَانَ كَذَلِكَ لَمْ يُوجِبْ ذَلِكَ لَعْنَهُمْ وَالْبَرَاءَةَ مِنْهُمْ وَتَفْسِيقَهُمْ، وَإِبْطَالَ فَضَائِلِهِمْ وَجِهَادَهُمْ، وَعَظِيمَ غِنَائِهِمْ فِي الدِّينِ، رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَقَدْ سُئِلَ بَعْضُهُمِ عَنِ الدِّمَاءِ الَّتِي أُرِيقَتْ فِيمَا بَيْنَهُمْ فَقَالَ: " تِلْكَ أُمَّةٌ قَدْ خَلَتْ لَها مَا كَسَبَتْ وَلَكُمْ مَا كَسَبْتُمْ وَلا تُسْئَلُونَ عَمَّا كانُوا يَعْمَلُونَ" «١» [البقرة: ١٤١] . وسيل بَعْضُهُمْ عَنْهَا أَيْضًا فَقَالَ: تِلْكَ دِمَاءٌ طَهَّرَ اللَّهُ مِنْهَا يَدِي، فَلَا أُخَضِّبُ بِهَا لِسَانِي. يَعْنِي فِي التَّحَرُّزِ مِنَ الْوُقُوعِ فِي خَطَأٍ، وَالْحُكْمِ عَلَى بَعْضِهِمْ بِمَا لَا يَكُونُ مُصِيبًا فِيهِ. قَالَ ابْنُ فَوْرِكٍ: وَمِنْ أَصْحَابِنَا مَنْ قَالَ إِنَّ سَبِيلَ مَا جَرَتْ بَيْنَ الصَّحَابَةِ مِنَ الْمُنَازَعَاتِ كَسَبِيلِ مَا جَرَى بَيْنَ إِخْوَةِ يُوسُفَ مَعَ يُوسُفَ، ثُمَّ إِنَّهُمْ لَمْ يَخْرُجُوا بِذَلِكَ عَنْ حَدِّ الْوَلَايَةِ وَالنُّبُوَّةِ، فَكَذَلِكَ الْأَمْرُ فِيمَا جَرَى بَيْنَ الصَّحَابَةِ. وَقَالَ الْمُحَاسِبِيُّ: فَأَمَّا الدِّمَاءُ فَقَدْ أَشْكَلَ عَلَيْنَا الْقَوْلُ فِيهَا بِاخْتِلَافِهِمْ. وَقَدْ سُئِلَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ عَنْ قِتَالِهِمْ فَقَالَ: قِتَالٌ شَهِدَهُ أَصْحَابُ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَغِبْنَا، وَعَلِمُوا وَجَهِلْنَا، وَاجْتَمَعُوا فَاتَّبَعْنَا، وَاخْتَلَفُوا فَوَقَفْنَا. قَالَ الْمُحَاسِبِيُّ: فَنَحْنُ نَقُولُ كَمَا قَالَ الْحَسَنُ، وَنَعْلَمُ أَنَّ الْقَوْمَ كَانُوا أَعْلَمَ بِمَا دَخَلُوا فِيهِ مِنَّا، وَنَتَّبِعُ مَا اجْتَمَعُوا عَلَيْهِ، وَنَقِفُ عِنْدَ مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ وَلَا نَبْتَدِعُ رَأْيًا مِنَّا، وَنَعْلَمُ أَنَّهُمُ اجْتَهَدُوا وَأَرَادُوا اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ، إِذْ كَانُوا غَيْرَ مُتَّهَمِينَ فِي الدين، ونسأل الله التوفيق. [[سورة الحجرات (٤٩) : آية ١٠]] إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ فَأَصْلِحُوا بَيْنَ أَخَوَيْكُمْ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُرْحَمُونَ (١٠) فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ" أَيْ فِي الدِّينِ وَالْحُرْمَةِ لَا فِي النَّسَبِ، وَلِهَذَا قِيلَ: أُخُوَّةُ الدِّينِ أَثْبَتُ مِنْ أُخُوَّةِ النَّسَبِ، فَإِنَّ أخوة النسب تنقطع بمخالفة الدين،
(١). (١٣٤) سورة البقرة.

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