Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Septièmement — Lorsqu’une faction insurgée et rebelle, dépourvue de tout argument valable, se dresse contre l’imâm équitable, celui-ci la combat avec l’ensemble des musulmans, ou avec un nombre suffisant d’entre eux. Auparavant, il l’invite à l’obéissance et à rejoindre la communauté ; si elle refuse de revenir et de conclure la paix, elle est combattue. Il n’est pas permis de tuer leurs prisonniers, ni de poursuivre leurs fuyards, ni d’achever leurs blessés (1) ; leurs femmes, leurs enfants et leurs biens ne sont pas voués à la captivité ni à la saisie. Si un combattant du camp juste tue un rebelle, ou si le rebelle tue un juste dont il est l’héritier, ils n’héritent pas l’un de l’autre ; et, en aucun cas, le meurtrier avec préméditation n’hérite. Certains ont toutefois soutenu que le juste hérite du rebelle, par analogie avec le qiṣâṣ.

Huitièmement — Tout ce que les rebelles (bughât) et les kharijites ont détruit comme vies ou biens, puis se sont repentis, ne leur est pas imputé. Abû Ḥanîfah affirme cependant qu’ils doivent indemniser, et l’imâm al-Shâfiʿî a deux avis. Le fondement de l’opinion d’Abû Ḥanîfah est qu’il s’agit d’une destruction injuste qui exige réparation. Or, l’argument déterminant, pour nous, est que les Compagnons — qu’Allah les agrée —, dans leurs guerres, ne poursuivaient pas le fuyard, n’achevaient pas le blessé, ne tuaient pas le prisonnier et n’assumaient aucune garantie ni pour des vies ni pour des biens ; et ils sont le modèle.

Ibn ʿUmar rapporte que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Ô ʿAbd Allâh ! Sais-tu quel est le jugement d’Allah au sujet de celui qui se rebelle au sein de cette communauté ? » Il répondit : « Allah et Son Messager savent mieux. » Le Prophète dit alors : « On n’achève pas ses blessés, on ne tue pas ses prisonniers, on ne recherche pas son fuyard et l’on ne partage pas son butin. » Quant aux biens encore existants, ils sont restitués en nature. Tout cela concerne celui qui s’est insurgé sur la base d’une interprétation qu’il estime légitime.

Az-Zamakhsharî mentionne, dans son Tafsîr, que si la faction rebelle est peu nombreuse au point de ne disposer d’aucune force protectrice, elle est tenue, une fois revenue à l’obéissance, d’indemniser ce qu’elle a commis ; mais si elle est nombreuse, dotée de puissance et d’armement, aucune indemnité ne s’impose, sauf selon l’avis de Muḥammad ibn al-Ḥasan — qu’Allah lui fasse miséricorde —, qui émet la fatwâ requérant la réparation dès qu’elle revient. Toutefois, avant qu’elle ne se rassemble et ne se mobilise, ou lorsqu’elle se disperse à l’issue de la guerre, elle est tenue par l’ensemble des savants de répondre de tout dommage qu’elle a causé.

Dès lors, rapporter l’injonction « réconciliez-les donc avec justice » à la doctrine de Muḥammad ibn al-Ḥasan est clair et conforme à la formulation de la Révélation. Selon les autres, on l’explique par le fait que la faction rebelle est en petit nombre. Quant à affirmer que le seul objectif serait d’éteindre les rancœurs et d’extirper les haines sans imposer de responsabilité pénale, cela ne s’accorde pas avec l’exigence de la justice parfaite et de l’observation de l’équité.

Az-Zamakhsharî ajoute : « Si tu demandes : pourquoi la justice a-t-elle été mentionnée lors de la seconde réconciliation et non lors de la première ? — je réponds : parce que ce qui est visé par le combat dans la première partie du verset, c’est que deux groupes s’affrontent en tant que rebelles ou mus par un doute ; et, quelle que soit l’une ou l’autre de ces situations… »

السَّابِعَةُ- إِذَا خَرَجَتْ عَلَى الْإِمَامِ الْعَدْلِ خَارِجَةٌ بَاغِيَةٌ وَلَا حُجَّةَ لَهَا، قَاتَلَهُمُ الْإِمَامُ بِالْمُسْلِمِينَ كافة أو بمن فيه الكفاية، وَيَدْعُوهُمْ قَبْلَ ذَلِكَ إِلَى الطَّاعَةِ وَالدُّخُولِ فِي الجماعة، فإن أبو امن الرُّجُوعِ وَالصُّلْحِ قُوتِلُوا. وَلَا يُقْتَلُ أَسِيرُهُمْ وَلَا يُتْبَعُ مُدْبِرُهُمْ وَلَا يُذَفَّفُ «١» عَلَى جَرِيحِهِمْ، وَلَا تُسْبَى ذَرَارِيهِمْ وَلَا أَمْوَالُهُمُ. وَإِذَا قَتَلَ الْعَادِلُ الْبَاغِيَ أَوِ الْبَاغِي الْعَادِلَ وَهُوَ وَلِيُّهُ لَمْ يَتَوَارَثَا. وَلَا يَرِثُ قَاتِلٌ عَمْدًا عَلَى حَالٍ. وَقِيلَ: إِنَّ الْعَادِلَ يَرِثُ الْبَاغِي، قِيَاسًا عَلَى الْقِصَاصِ. الثَّامِنَةُ- وَمَا اسْتَهْلَكَهُ الْبُغَاةُ وَالْخَوَارِجُ مِنْ دَمٍ أَوْ مَالٍ ثُمَّ تَابُوا لَمْ يُؤَاخَذُوا بِهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَضْمَنُونَ. وَلِلشَّافِعِيِّ قَوْلَانِ. وَجْهُ قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ أَنَّهُ إِتْلَافٌ بِعُدْوَانٍ فَيَلْزَمُ الضَّمَانُ. وَالْمُعَوِّلُ فِي ذَلِكَ عِنْدَنَا أَنَّ الصَّحَابَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ فِي حُرُوبِهِمْ لَمْ يَتْبَعُوا مُدْبِرًا وَلَا ذَفَّفُوا عَلَى جَرِيحٍ وَلَا قَتَلُوا أَسِيرًا وَلَا ضَمِنُوا نَفْسًا وَلَا مَالًا، وَهُمُ الْقُدْوَةُ. وَقَالَ ابْنُ عُمَرَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] يَا عَبْدَ اللَّهِ أَتَدْرِي كَيْفَ حُكْمُ اللَّهِ فِيمَنْ بَغَى مِنْ هَذِهِ الْأُمَّةِ [؟ قَالَ: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ. فَقَالَ: ] لَا يُجْهَزُ عَلَى جَرِيحِهَا وَلَا يُقْتَلُ أَسِيرُهَا ولا يطلب هاربها ولا يقسم فيئها [. فَأَمَّا مَا كَانَ قَائِمًا رُدَّ بِعَيْنِهِ. هَذَا كُلُّهُ فِيمَنْ خَرَجَ بِتَأْوِيلٍ يُسَوِّغُ لَهُ. وَذَكَرَ الزَّمَخْشَرِيُّ فِي تَفْسِيرِهِ: إِنْ كَانَتِ الْبَاغِيَةُ مِنْ قِلَّةَ الْعَدَدِ بِحَيْثُ لَا مَنَعَةَ لَهَا ضَمِنَتْ بَعْدَ الْفَيْئَةِ مَا جَنَتْ، وَإِنْ كَانَتْ كَثِيرَةً ذَاتَ مَنَعَةٍ وَشَوْكَةٍ لَمْ تَضْمَنْ، إِلَّا عِنْدَ مُحَمَّدِ بْنِ الْحَسَنِ رَحِمَهُ اللَّهُ فَإِنَّهُ كَانَ يُفْتِي بِأَنَّ الضَّمَانَ يَلْزَمُهَا إِذَا فَاءَتْ. وَأَمَّا قَبْلَ التَّجَمُّعِ وَالتَّجَنُّدِ أَوْ حِينَ تَتَفَرَّقُ عِنْدَ وَضْعِ الْحَرْبِ أَوْزَارِهَا، فَمَا جَنَتْهُ ضَمِنَتْهُ عِنْدَ الْجَمِيعِ. فَحَمْلُ الْإِصْلَاحِ بِالْعَدْلِ فِي قَوْلِهِ " فَأَصْلِحُوا بَيْنَهُما بِالْعَدْلِ" عَلَى مَذْهَبِ مُحَمَّدٍ وَاضِحٌ مُنْطَبِقٌ عَلَى لَفْظِ التَّنْزِيلِ. وَعَلَى قَوْلِ غَيْرِهِ وَجْهُهُ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى كَوْنِ الْفِئَةِ الْبَاغِيَةِ قَلِيلَةَ العدد. والذي ذكروا أن الغرض إماتة لضغائن وَسَلُّ الْأَحْقَادِ دُونَ ضَمَانِ الْجِنَايَاتِ، لَيْسَ بِحُسْنِ الطِّبَاقِ الْمَأْمُورِ بِهِ مِنْ أَعْمَالِ الْعَدْلِ وَمُرَاعَاةِ الْقِسْطِ. قَالَ الزَّمَخْشَرِيُّ: فَإِنْ قُلْتَ: لِمَ قَرَنَ بِالْإِصْلَاحِ الثَّانِي الْعَدْلَ دُونَ الْأَوَّلِ؟ قُلْتُ: لِأَنَّ الْمُرَادَ بِالِاقْتِتَالِ فِي أَوَّلِ الْآيَةِ أَنْ يَقْتَتِلَا باغيين أو راكبتي شبهة، وأيتهما كانت
(١). تذفيف الجريح: الإجهاز عليه وتحرير قتله.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies