Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La réconciliation fut conclue et l’on se sépara dans la satisfaction mutuelle. Les meurtriers de ‘Uthmân — qu’Allah l’agrée — craignirent alors qu’on ne les saisisse et ne les cerne ; ils se réunirent, se consultèrent, divergèrent, puis convinrent de se scinder en deux groupes. Ils décideraient de déclencher l’affrontement à l’aube, au sein des deux camps, de sorte que les traits s’échangent entre eux.
Le groupe infiltré dans le camp de ‘Alî crierait : « Ṭalḥah et az-Zubayr ont trahi ! », tandis que celui qui se tenait dans le camp de Ṭalḥah et d’az-Zubayr crierait : « ‘Alî a trahi ! ». Leur dessein se réalisa comme ils l’avaient tramé, la guerre éclata ; chaque faction ne fit alors que repousser, selon sa propre conviction, la ruse de l’autre et empêcha que son sang ne fût largement répandu (1).
Cela, de la part des deux camps, relevait de la justesse et de l’obéissance envers Allah Très-Haut, puisque le combat fut engagé — et la retenue observée — suivant cette voie. Telle est la relation authentique et célèbre ; Allah sait mieux.

Cinquièmement — La parole du Très-Haut :
« Combattez celle qui se rebelle, jusqu’à ce qu’elle revienne à l’ordre d’Allah »
constitue un ordre de combattre. Il s’agit d’une obligation collective (farḍ kifâyah) : si certains s’en acquittent, elle est levée pour les autres. C’est pourquoi plusieurs Compagnons — qu’Allah les agrée — s’abstinrent de prendre part à ces situations, tels Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ, ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, Muḥammad ibn Salamah et d’autres. ‘Alî ibn Abî Tâlib approuva leur position ; chacun d’eux s’excusa auprès de lui et il accepta leur excuse.
On rapporte que, lorsque l’autorité échut à Mu‘âwiyah — qu’Allah l’agrée —, il reprocha à Sa‘d son attitude et lui dit : « Tu n’as été ni parmi ceux qui réconcilièrent les deux groupes lorsqu’ils s’affrontèrent, ni parmi ceux qui combattirent la faction rebelle. » Sa‘d répondit : « Je regrette d’avoir délaissé le combat contre la faction rebelle. » Il apparaît ainsi qu’aucun blâme général ne pesait sur lui ; son comportement relevait de l’ijtihâd et de l’application des exigences de la Sharî‘ah. Allah sait mieux.

Sixièmement — La parole du Très-Haut :
« Et si elle revient, réconciliez-les avec justice ».
Parmi les exigences de la justice, lors de leur réconciliation, figure le fait de ne pas réclamer le sang ni les biens perdus entre eux ; en effet, ces pertes sont survenues à la suite d’une interprétation (erronée). Les revendiquer ne ferait que les détourner de la conciliation et encourager l’acharnement (3) dans la rébellion. Voilà un principe fondamental en matière de maṣlaḥah.

La « Langue de la Communauté » a dit : « La sagesse d’Allah Très-Haut, dans la guerre des Compagnons, fut de faire connaître, par leur intermédiaire, les règles régissant le combat contre les gens de l’interprétation, alors que les règles du combat contre les polythéistes avaient déjà été établies par la parole et l’action du Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui. »

وَتَمَّ الصُّلْحُ وَالتَّفَرُّقُ عَلَى الرِّضَا. فَخَافَ قَتَلَةُ عُثْمَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ مِنَ التَّمْكِينِ مِنْهُمْ وَالْإِحَاطَةِ بِهِمْ، فَاجْتَمَعُوا وَتَشَاوَرُوا وَاخْتَلَفُوا، ثُمَّ اتَّفَقَتْ آرَاؤُهُمْ عَلَى أَنْ يَفْتَرِقُوا فَرِيقَيْنِ، وَيَبْدَءُوا بِالْحَرْبِ سُحْرَةً فِي الْعَسْكَرَيْنِ، وَتَخْتَلِفَ السِّهَامُ بَيْنَهُمْ، وَيَصِيحُ الْفَرِيقُ الَّذِي فِي عَسْكَرِ عَلِيٍّ: غَدَرَ طَلْحَةُ وَالزُّبَيْرُ، وَالْفَرِيقُ الَّذِي فِي عَسْكَرِ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرِ: غَدَرَ عَلِيٌّ. فَتَمَّ لَهُمْ ذَلِكَ عَلَى مَا دَبَّرُوهُ، وَنَشِبَتِ الْحَرْبُ، فَكَانَ كُلَّ فَرِيقٍ دَافِعًا لِمَكْرَتِهِ عِنْدَ نَفْسِهِ، وَمَانِعًا مِنَ الْإِشَاطَةِ «١» بِدَمِهِ. وَهَذَا صَوَابٌ مِنَ الْفَرِيقَيْنِ وَطَاعَةٌ لِلَّهِ تَعَالَى، إِذْ وَقَعَ الْقِتَالُ وَالِامْتِنَاعُ مِنْهُمَا عَلَى هَذِهِ السَّبِيلِ. وَهَذَا هُوَ الصَّحِيحُ الْمَشْهُورُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَقاتِلُوا الَّتِي تَبْغِي حَتَّى تَفِيءَ إِلى أَمْرِ اللَّهِ" أَمْرٌ بِالْقِتَالِ. وَهُوَ فَرْضٌ عَلَى الْكِفَايَةِ إِذَا قَامَ بِهِ الْبَعْضُ سَقَطَ عَنِ الْبَاقِينَ، وَلِذَلِكَ تَخَلَّفَ قَوْمٌ مِنَ الصَّحَابَةِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ عَنْ هَذِهِ الْمَقَامَاتِ، كَسَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ وَعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو ومحمد بن سلمة وَغَيْرِهِمْ. وَصَوَّبَ ذَلِكَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ لَهُمْ، وَاعْتَذَرَ إِلَيْهِ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ بِعُذْرٍ قَبِلَهُ، مِنْهُ. وَيُرْوَى أَنَّ مُعَاوِيَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ لَمَّا أَفْضَى إِلَيْهِ الْأَمْرُ عَاتَبَ سَعْدًا عَلَى مَا فَعَلَ، وَقَالَ لَهُ: لَمْ تَكُنْ مِمَّنْ أَصْلَحَ بَيْنَ الْفِئَتَيْنِ حِينَ اقْتَتَلَا، وَلَا مِمَّنْ قَاتَلَ الْفِئَةَ الْبَاغِيَةَ. فَقَالَ لَهُ سَعْدٌ: نَدِمْتُ عَلَى تَرْكِي قِتَالَ الْفِئَةِ الْبَاغِيَةِ. فَتَبَيَّنَ أَنَّهُ لَيْسَ عَلَى الْكُلِّ دَرَكٌ «٢» فِيمَا فَعَلَ، وَإِنَّمَا كَانَ تَصَرُّفًا بِحُكْمِ الِاجْتِهَادِ وَإِعْمَالًا بِمُقْتَضَى الشرع. والله أعلم. السادسة- قوله تَعَالَى: " فَإِنْ فاءَتْ فَأَصْلِحُوا بَيْنَهُما بِالْعَدْلِ" وَمِنَ العدل في صلحهم ألا يطالبون بِمَا جَرَى بَيْنَهُمْ مِنْ دَمٍ وَلَا مَالٍ، فَإِنَّهُ تَلَفٌ عَلَى تَأْوِيلٍ. وَفِي طَلَبِهِمْ تَنْفِيرٌ لَهُمْ عَنِ الصُّلْحِ وَاسْتِشْرَاءٌ «٣» فِي الْبَغْيِ. وَهَذَا أَصْلٌ فِي الْمَصْلَحَةِ. وَقَدْ قَالَ لِسَانُ الْأُمَّةِ: إِنَّ حِكْمَةَ اللَّهِ تَعَالَى فِي حَرْبِ الصَّحَابَةِ التَّعْرِيفُ مِنْهُمْ لِأَحْكَامِ قِتَالِ أَهْلِ التَّأْوِيلِ، إِذْ كَانَ أَحْكَامُ قِتَالِ أَهْلِ الشِّرْكِ قَدْ عُرِفَتْ عَلَى لِسَانِ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وفعله.
(١). الإشاطة: الإهلاك. يقال: أشاط فلان دم فلان إذا عرضه للهلاك. (٢). الدرك (بفتح الراء وسكونها): التبعة. (٣). استشرى الرجل في الامر: لج. والأمور: تفاقمت وعظمت.

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