Parole du Très-Haut :
« Et sachez que le Messager d’Allah est parmi vous » ; ne mentez donc point, car Allah lui communique vos nouvelles et vous seriez alors démasqués.
« S’il vous obéissait dans nombre de vos affaires, vous seriez certes accablés » : autrement dit, s’il se hâtait d’exécuter ce que vous souhaitez avant que la réalité ne s’éclaire, peine et péché s’abattraient sur vous. Ainsi, s’il avait fait mettre à mort le groupe au sujet duquel al-Walīd ibn ʿUqbah avait porté plainte auprès de lui, cela eût été une erreur, et celui qui se serait appliqué à anéantir ce peuple – à cause d’une inimitié qui l’opposait à eux – se serait trouvé, lui aussi, accablé.
Le sens de « l’obéissance du Messager à leur égard » est le suivant : se conformer à ce qu’il leur commande relativement aux informations qu’ils lui transmettent à propos des gens et à ce qu’il recueille de leurs dires.
Le terme « al-ʿanat » désigne le péché ; on dit : ʿanita ar-rajul. Il signifie également la débauche et la fornication, comme dans la sourate « an-Nisā’ »¹. Il désigne encore le fait de tomber dans une affaire pénible, et la fin de la sourate « Barā’ah » contient, au sujet de « ʿanittum » [at-Tawbah : 128], un exposé plus détaillé².
« Mais Allah vous a fait aimer la foi… » : Il s’adresse ici aux croyants sincères qui ne traitent pas le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – de menteur et ne propagent pas le faux ; c’est-à-dire qu’Il a fait de la foi la plus aimée des religions à vos yeux.
« et Il l’a embellie » par Son secours,
« dans vos cœurs », c’est-à-dire : Il vous l’a rendue séduisante au point que vous l’avez choisie. Il y a là une réfutation des Qadarites, des Imamites et autres, comme cela a déjà été exposé ailleurs ; car Lui, exalté soit-Il, est l’Unique qui crée l’essence des créatures, leurs actes, leurs attributs, ainsi que la diversité de leurs langues et de leurs couleurs ; nul associé ne Lui est attribué.
« Et Il vous a rendu odieux la mécréance, la perversité et la désobéissance ». Ibn ʿAbbās a dit : Il vise par là spécifiquement le mensonge ; c’est aussi l’avis d’Ibn Zayd. D’aucuns ont dit qu’il s’agit de tout ce qui fait sortir de l’obéissance ; le terme est dérivé de l’expression « fasqati ar-rutbah » : la datte fraîche est sortie de sa pelure, ou de la souris qui sort de son terrier. L’exposé complet de ce mot figure dans « al-Baqarah »³. Quant à « al-ʿiṣyān », il s’agit du pluriel de « maʿṣiyah » (désobéissance).
Puis le discours passe de l’adresse directe au mode déclaratif : « Ceux-là » – c’est-à-dire ceux qu’Allah a assistés, rendant aimante pour eux la foi et leur faisant détester la mécréance, c’est-à-dire la leur rendant hideuse –,
« ce sont eux les bien-guidés », comme dans Sa parole : « Et ce que vous donnez en aumône en recherchant le Visage d’Allah, ceux-là sont les multiplicateurs »⁴ [ar-Rūm : 39].
An-Nābighah a dit :
Ô demeure de Mayyah, sur la hauteur et le col déserté,
Te voilà désertée ; sur toi le long passé s’est arrêté.
Et « ar-rushd » est la rectitude persévérante sur le chemin de la Vérité, avec fermeté ; le terme provient de « ar-rashād », qui signifie « le rocher ».