et la piété.
ʿUmar — qu’Allah l’agrée — a dit : Il a ôté de leurs cœurs les passions.
Le terme imtiḥân (« épreuve ») relève de la forme verbale iftiʿâl, tirée de l’expression : maḥantu l-adîma maḥnan (« j’ai tanné la peau jusqu’à l’élargir »). Ainsi, « Allah a éprouvé leurs cœurs pour la piété » signifie : Il les a dilatés et ouverts à la piété.
Suivant les explications précédentes, Il a éprouvé leurs cœurs et les a purifiés, comme on dit : « j’ai éprouvé l’argent », c’est-à-dire je l’ai testé jusqu’à ce qu’il soit débarrassé de toute impureté. Le passage comporte donc une ellipse implicite indiquant cette purification.
Abû ʿAmr a dit : « Toute chose que j’ai poussée à l’extrême, je l’ai certes mahantu (éprouvée). »
Et il récita :
Les calamités sont venues, émoussant leur ardeur ;
Elles ont mis à l’épreuve nos liens, semant le malheur ;
Elles ont broyé les assises, aggravant le tourment ;
Ebranlant cordes et attaches, troublant tout firmament.¹
« … pour eux il y aura pardon et une immense récompense. »
[Coran, sourate al-Ḥujurât (49), verset 4]
« Certes, ceux qui t’interpellent de derrière les appartements privés, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. » (4)
Mujâhid et d’autres ont dit : Ce verset fut révélé au sujet des Bédouins des Banû Tamîm. Leur délégation se rendit auprès du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, pénétra dans la mosquée et l’appela de derrière son appartement : « Sors donc à nous, car notre éloge est parure et notre blâme déshonneur ! » Ils étaient soixante-dix hommes ayant apporté la rançon de leurs captifs, et le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — faisait alors la sieste.
On rapporte que celui qui appela était al-Aqraʿ ibn Ḥâbis, auteur de la maxime : « Mon éloge est parure et mon blâme déshonneur. » Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — répondit : « Cela appartient à Allah. » At-Tirmidhî le relate également d’après al-Barâʾ ibn ʿÂzib.
Zayd ibn Arqam rapporte : Des gens vinrent trouver le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et certains dirent aux autres : « Allons à cet homme ; s’il est Prophète, nous serons les plus heureux des hommes à le suivre, et s’il est roi, nous vivrons sous sa protection. »²
Ils se présentèrent donc devant le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et se mirent à l’appeler tandis qu’il se trouvait dans son appartement : « Ô Muhammad ! Ô Muhammad ! » Alors Allah — Très-Haut — fit descendre ce verset.
Il fut dit qu’ils appartenaient aux Banû Tamîm.
Muqâtil a déclaré : Ils étaient dix-neuf hommes : Qays ibn ʿÂṣim, az-Zibriqân ibn Badr, al-Aqraʿ ibn Ḥâbis, Suwayd ibn Hâshim, Khâlid ibn Mâlik, ʿAṭâʾ ibn Ḥâbis, al-Qaʿqâʿ ibn Maʿbad, Wakiʿ ibn Wakiʿ et ʿUyayna ibn Ḥiṣn.
¹ Vers d’un poète arabe.
² C’est-à-dire : sous sa protection et dans son voisinage.