À ce propos, Allah – Puissant et Majestueux – fit descendre : « Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète… », le verset.
Ibn az-Zubayr dit alors : « Après la révélation de ce verset, ʿUmar ne faisait plus entendre sa voix au Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – au point que celui-ci devait le questionner pour qu’il se fasse comprendre. » Il ne rapporta pas cela au sujet de son père (1), c’est-à-dire Abû Bakr as-Ṣiddîq.
Al-Mahdawî rapporte d’après ʿAlî – qu’Allah l’agrée – : « La parole d’Allah : “N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète” fut révélée à notre sujet lorsque nos voix – la mienne, celles de Jaʿfar et de Zayd ibn Ḥârithah – s’élevèrent tandis que nous disputions la tutelle de la fille de Ḥamzah qu’avait ramenée Zayd de La Mecque. Le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – la confia finalement à Jaʿfar, car sa tante maternelle se trouvait chez lui. » Ce ḥadîth a déjà été cité dans (le commentaire de) « Âl ʿImrân » (2).
Les deux Ṣaḥîḥ rapportent d’après Anas ibn Mâlik que le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – s’enquit de Thâbit ibn Qays. Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, je peux t’en informer. » Il se rendit donc chez lui et le trouva assis dans sa maison, la tête baissée. Il lui demanda : « Qu’as-tu ? » Il répondit : « Quel malheur ! J’avais (3) l’habitude d’élever ma voix au-dessus de celle du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui ; mon œuvre est perdue et je fais partie des gens du Feu. » L’homme retourna auprès du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et l’informa de ses paroles. Mûsâ (4) dit : « Il revint vers lui une dernière fois, porteur d’une grande bonne nouvelle. » [Le Prophète] dit : « Va le trouver et dis-lui : “Tu n’es pas des gens du Feu ; tu es plutôt des gens du Paradis.” » – selon la version d’al-Bukhârî.
Ce Thâbit est Thâbit ibn Qays ibn Shammas al-Khazrajî, surnommé Abû Muḥammad d’après son fils Muḥammad ; certains disent : Abû ʿAbd ar-Raḥmân. Trois de ses fils – Muḥammad, Yaḥyâ et ʿAbd Allâh – trouvèrent la mort pour lui le jour d’al-Ḥarrah (5).
Il était un orateur éloquent, connu pour cela : on l’appelait « l’orateur du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui », tout comme on appelait Ḥassân « le poète du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui ».
Lorsque la délégation de Tamîm vint auprès du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et réclama une joute d’éloquence, leur orateur se leva et se vanta. Thâbit ibn Qays se leva alors, prononça un discours vigoureux et éloquent et les surpassa ; puis leur poète – al-Aqraʿ ibn Ḥâbis – se leva et récita :