Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

comme la prière, le jeûne et le pèlerinage ; cela est manifeste. Toutefois (1) les savants ont divergé à propos de la Zakât : puisqu’il s’agit d’une adoration financière recherchée pour une finalité intelligible – à savoir subvenir au besoin du pauvre –, et parce que le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a sollicité d’al-‘Abbâs la Zakât de deux années, de même qu’il est rapporté que l’on recueillait la Ṣadaqat al-Fiṭr avant le jour de la Fête afin qu’elle soit remise à ses ayants droit le jour même où elle devient obligatoire, c’est-à-dire le jour de la Fête. Tout cela implique la licéité de l’anticiper d’une ou deux années. Si vient le début de l’année et que le niṣâb demeure intact, l’avance est tenue pour valable ; mais si le début de l’année arrive et que le niṣâb a changé, il apparaît qu’il ne s’agissait que d’une aumône surérogatoire.

Ashhab a dit : « Il n’est pas permis de l’acquitter avant l’écoulement de l’année, ne fût-ce qu’un instant, tout comme la prière. » Il a ainsi étendu la règle générale des actes cultuels, considérant qu’elle est l’un des piliers de l’Islam, et lui a donc accordé son droit en matière d’ordre et de bonne organisation. Les autres de nos savants ont estimé qu’une légère anticipation est permise, parce qu’un écart minime est pardonné par la Shar‘, à la différence d’un écart important. L’avis d’Ashhab est plus juste : distinguer le peu du beaucoup dans les fondements de la Sharî‘ah est correct, mais cela repose sur des considérations propres au peu et non au beaucoup. Or, dans la question qui nous occupe, le jour équivaut au mois et le mois à l’année ; il y a donc, soit une anticipation totale, comme l’ont soutenu Abû Ḥanîfah et ach-Shâfi‘î, soit le maintien de l’adoration à son terme fixé, comme l’a affirmé Ashhab.

Troisièmement – Sa parole exaltée : « Ne devancez pas Allah » constitue un principe interdisant de s’opposer aux propos du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et obligeant à le suivre et à prendre exemple sur lui.

Ainsi, le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – durant sa dernière maladie, dit : « Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière en commun. » ‘Â’ishah dit alors à Ḥafṣah – qu’Allah les agrée toutes deux : « Dis-lui qu’Abû Bakr est un homme très sensible (2) et que, s’il se tient à ta place, les fidèles n’entendront pas sa récitation à cause de ses pleurs ; ordonne plutôt à ‘Umar de diriger la prière. » Il répondit : « Certes, vous êtes les compagnes de Yûsuf (3). Ordonnez à Abû Bakr de diriger la prière. » Le sens de son propos « les compagnes de Yûsuf » est l’épreuve consistant à détourner les gens de ce qui est licite vers ce qui ne l’est pas.

عَلَيْهِ كَالصَّلَاةِ وَالصَّوْمِ وَالْحَجِّ، وَذَلِكَ بَيِّنٌ. إِلَّا «١» أَنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِي الزَّكَاةِ، لَمَّا كَانَتْ عِبَادَةً مَالِيَّةً وَكَانَتْ مَطْلُوبَةً لِمَعْنًى مَفْهُومٍ، وَهُوَ سَدُّ خَلَّةِ الْفَقِيرِ، وَلِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسْتَعْجَلَ مِنَ الْعَبَّاسِ صَدَقَةَ عَامَيْنِ، وَلِمَا جَاءَ مِنْ جَمْعِ صَدَقَةِ الْفِطْرِ قَبْلَ يَوْمِ الْفِطْرِ حَتَّى تُعْطَى لِمُسْتَحِقِّيهَا يَوْمَ الْوُجُوبِ وَهُوَ يَوْمُ الْفِطْرِ، فَاقْتَضَى ذَلِكَ كُلُّهُ جَوَازَ تَقْدِيمِهَا الْعَامَ وَالِاثْنَيْنِ. فَإِنْ جَاءَ رَأْسُ الْعَامِ وَالنِّصَابُ بِحَالِهِ وَقَعَتْ مَوْقِعَهَا. وَإِنْ جَاءَ رَأْسُ الْعَامِ وَقَدْ تَغَيَّرَ النِّصَابُ تَبَيَّنَ أَنَّهَا صَدَقَةُ تَطَوُّعٍ. وَقَالَ أَشْهَبُ: لَا يَجُوزُ تَقْدِيمُهَا عَلَى الْحَوْلِ لَحْظَةً كَالصَّلَاةِ، وَكَأَنَّهُ طَرَدَ الْأَصْلَ فِي الْعِبَادَاتِ فَرَأَى أَنَّهَا إِحْدَى دَعَائِمِ الْإِسْلَامِ فَوَفَّاهَا حَقَّهَا فِي النِّظَامِ وَحُسْنِ التَّرْتِيبِ. وَرَأَى سَائِرُ عُلَمَائِنَا أَنَّ التَّقْدِيمَ الْيَسِيرَ فِيهَا جَائِزٌ، لِأَنَّهُ مَعْفُوٌّ عَنْهُ فِي الشَّرْعِ بِخِلَافِ الْكَثِيرِ. وَمَا قَالَهُ أَشْهَبُ أَصَحُّ، فَإِنَّ مُفَارَقَةَ الْيَسِيرِ الْكَثِيرَ فِي أُصُولِ الشَّرِيعَةِ صَحِيحٌ، وَلَكِنَّهُ لِمَعَانٍ تَخْتَصُّ بِالْيَسِيرِ دُونَ الْكَثِيرِ. فَأَمَّا فِي مَسْأَلَتِنَا فَالْيَوْمُ فِيهِ كَالشَّهْرِ، وَالشَّهْرُ كَالسَّنَةِ. فَإِمَّا تَقْدِيمٌ كُلِّيٌّ كَمَا قَالَهُ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ، وَإِمَّا حِفْظُ الْعِبَادَةِ عَلَى مِيقَاتِهَا كَمَا قَالَ أَشْهَبُ. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " لَا تُقَدِّمُوا بَيْنَ يَدَيِ اللَّهِ" أَصْلٌ فِي تَرْكِ التَّعَرُّضِ لِأَقْوَالِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَإِيجَابِ اتِّبَاعِهِ وَالِاقْتِدَاءِ بِهِ، وَكَذَلِكَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي مَرَضِهِ: ] مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ [. فَقَالَتْ عَائِشَةٌ لِحَفْصَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا: قُولِي لَهُ إِنَّ أَبَا بَكْرٍ رَجُلٌ أَسِيفٌ «٢» وَإِنَّهُ مَتَى يَقُمْ مَقَامِكَ لَا يُسْمِعُ النَّاسَ مِنَ الْبُكَاءِ، فَمُرْ عُمَرَ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ. فَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] إِنَّكُنَّ لَأَنْتُنَّ صَوَاحِبُ يُوسُفَ «٣» . مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ [. فَمَعْنَى قَوْلِهِ] صَوَاحِبُ يُوسُفَ [الْفِتْنَةُ بِالرَّدِّ عَنِ الْجَائِزِ إِلَى غير الجائز.
(١). في الأصول:" وذلك أن العلماء ... " والتصويب عن ابن العربي. (٢). سريع البكاء والحزن. وقيل: هو الرقيق. (٣). قال القسطلاني:" أي مثلهن في إظهار خلاف ما في الباطن، فإن عائشة أظهرت أن سبب إرادتها صرف الامامة عن الصديق لكونه لا يسمع المأمومين القراءة لبكائه، ومرادها زيادة على ذلك، وهو ألا يتشاءم الناس به. وهذا مثل زليخا استدعت النسوة وأظهرت الإكرام بالضيافة وغرضها أن ينظرن إلى حسن يوسف ويعذرنها في محبته، فعبر بالجمع في قوله" انكن" والمراد عائشة فقط. وفي قوله" صواحب" والمراد زليخا كذلك.

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