Alors fut révélé à ce sujet :
« Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son Messager… – jusqu’à Sa parole – … et s’ils avaient patienté jusqu’à ce que tu sortes vers eux. »
Ce récit a été rapporté par al-Bukhârî d’après al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn aṣ-Ṣabbâḥ, et al-Mahdawî l’a également mentionné.
Deuxième version – Il est rapporté que le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – voulut laisser à Médine un gouverneur lorsqu’il se rendrait à Khaybar. ‘Umar lui suggéra alors un autre homme, et il fut révélé :
« Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son Messager. »
Al-Mahdawî l’a cité de même.
Troisième version – Selon ce qu’al-Mâwardî a rapporté d’après ad-Ḍaḥḥâk, d’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée :
le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – envoya vingt-quatre hommes de ses Compagnons chez les Banû ‘Âmir qui les tuèrent, à l’exception de trois qui étaient restés en arrière, échappèrent et revinrent à Médine. En chemin ils rencontrèrent deux hommes des Banû Sulaym ; ils les interrogèrent sur leur lignée. Les deux répondirent : « Nous sommes des Banû ‘Âmir », car cette tribu jouissait d’un rang plus élevé que les Banû Sulaym ; ils les tuèrent donc. Plus tard, un groupe des Banû Sulaym vint auprès du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et dit : « Il existe entre nous et toi un pacte, or deux hommes des nôtres ont été tués. » Le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – versa pour eux le prix du sang : cent chameaux. À propos du meurtre de ces deux hommes, ce verset fut révélé.
Qatâda a dit : Des gens disaient : « Si seulement telle chose était révélée à mon sujet, si seulement telle chose était révélée à mon sujet ! » – alors ce verset fut révélé.
Ibn ‘Abbâs : Ils furent interdits de parler avant que Sa Parole ne soit proclamée.
Mujâhid : « Ne prenez pas d’avance (2) sur Allah et Son Messager jusqu’à ce qu’Allah décide par la langue de Son Messager », propos également rapporté par al-Bukhârî.
Al-Ḥasan : Il fut révélé au sujet d’un groupe qui avait sacrifié [leurs bêtes] avant que le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – n’accomplisse la prière ; il leur ordonna de recommencer le sacrifice.
Ibn Jurayj : « Ne devancez pas par des actes d’obéissance le moment qu’Allah Très-Haut et Son Messager – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – ont prescrit. »
Je dis : Ces cinq dernières opinions ont été rapportées par le qâḍî Abû Bakr Ibn al-‘Arabî, et, avant lui, énumérées par al-Mâwardî.
Le qâḍî a dit : Elles sont toutes authentiques et relèvent du caractère général [du verset]. Allah sait mieux laquelle d’entre elles fut la cause immédiate de la révélation ; il se peut même qu’il ait été révélé sans cause particulière. Allah est Plus Savant.
Le qâḍî a encore dit : Si nous affirmons qu’il fut révélé au sujet de l’accomplissement d’actes d’obéissance avant leurs temps fixés, c’est correct, car toute adoration limitée par un terme précis ne peut être avancée.