Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

d’Allah, des anges et de tous les hommes, et Allah n’acceptera de lui, au Jour de la Résurrection, ni rançon ni compensation¹.

Les traditions allant dans ce sens sont nombreuses ; prends donc garde de tomber dans le travers d’atteindre à l’un quelconque d’entre eux.

Ainsi a agi celui qui s’en est pris à la religion en déclarant : « Les deux Muʿawwidhatayn ne font pas partie du Coran, et aucun ḥadith authentique du Messager d’Allah ﷺ n’atteste leur confirmation et leur inclusion dans la Révélation, si ce n’est celui rapporté par ʿUqbah ibn ʿĀmir ; or ʿUqbah ibn ʿĀmir est faible, nul ne l’a suivi à ce sujet, et son récit est donc rejeté. »

Ceci constitue un démenti de ce que nous avons établi du Livre et de la Sunna et une annulation de ce que les Compagnons nous ont transmis de la religion. En vérité, ʿUqbah ibn ʿĀmir ibn ʿĪsā al-Juhanī compte parmi ceux qui nous ont rapporté la Loi dans les deux Ṣaḥîḥ, al-Bukhârî et Muslim, et dans d’autres recueils ; il fait donc partie de ceux qu’Allah a loués, décrits, honorés, et auxquels Il a promis pardon et immense récompense.

Quiconque l’accuse, lui ou quelque Compagnon que ce soit, de mensonge, sort de la Sharîʿa, invalide le Coran et porte atteinte au Messager d’Allah ﷺ. Dès l’instant où l’on attribue un mensonge à l’un d’eux, on l’a injurié ; car, après la mécréance envers Allah, il n’est point de déshonneur plus grave que le mensonge. Or le Messager d’Allah ﷺ a maudit celui qui insulte ses Compagnons ; celui qui traite de menteur le moindre d’entre eux — et il n’est point de « moindre » parmi eux — entre dans la malédiction d’Allah attestée par le Messager d’Allah ﷺ et attachée à quiconque insulte ou dénigre l’un de ses Compagnons.

ʿUmar ibn Ḥabīb rapporte : « J’assistais à une séance de Hârûn ar-Rachîd. Une question fut soulevée ; les présents se disputèrent et les voix s’élevèrent. Certains se prévalurent d’un ḥadith transmis par Abû Hurayrah du Messager d’Allah ﷺ. D’autres repoussèrent ce ḥadith ; la controverse s’enfla et le litige s’intensifia, au point que certains dirent : “On ne peut admettre ce ḥadith comme venant du Messager d’Allah ﷺ, car Abû Hurayrah est suspect dans ses transmissions”, et ils l’accusèrent ouvertement de mensonge.

Je vis alors ar-Rachîd pencher pour leur avis et le soutenir. Je déclarai : “Le ḥadith est authentique du Messager d’Allah ﷺ, et Abû Hurayrah est de transmission sûre, véridique dans ce qu’il rapporte du Prophète ﷺ et d’autres.” Ar-Rachîd me jeta un regard courroucé ; je me levai et me retirai chez moi.

Peu après, on m’annonça : “Le messager du poste est à la porte.” Il entra et me dit : “Réponds à l’appel du Commandeur des Croyants comme on répond à un condamné ; embaume-toi et revêts ton linceul !” Je dis alors : “Ô Allah ! Tu sais que j’ai défendu le Compagnon de Ton Prophète et que j’ai tenu Ton Prophète trop noble pour qu’on attaque ses Compagnons.”

اللَّهِ وَالْمَلَائِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ وَلَا يَقْبَلُ اللَّهُ مِنْهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ «١» صَرْفًا وَلَا عَدْلًا [. وَالْأَحَادِيثُ بِهَذَا الْمَعْنَى كَثِيرَةٌ، فَحَذَارِ مِنَ الْوُقُوعِ فِي أَحَدٍ مِنْهُمْ، كَمَا فَعَلَ مَنْ طَعَنَ فِي الدِّينِ فَقَالَ: إِنَّ الْمُعَوِّذَتَيْنِ لَيْسَتَا مِنَ الْقُرْآنِ، وَمَا صَحَّ حَدِيثٍ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي تَثْبِيتِهِمَا وَدُخُولِهِمَا فِي جُمْلَةِ التَّنْزِيلِ إِلَّا عَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ، وَعُقْبَةُ بْنُ عَامِرٍ ضَعِيفٌ لَمْ يُوَافِقْهُ غَيْرُهُ عَلَيْهَا، فَرِوَايَتُهُ مُطْرَحَةٌ. وَهَذَا رَدٌّ لِمَا ذَكَرْنَاهُ مِنَ الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ، وَإِبْطَالٌ لِمَا نَقَلَتْهُ لَنَا الصَّحَابَةُ مِنَ الْمِلَّةِ. فَإِنَّ عُقْبَةَ بْنَ عَامِرِ بْنِ عِيسَى الْجُهَنِيَّ مِمَّنْ رَوَى لَنَا الشَّرِيعَةَ فِي الصَّحِيحَيْنِ الْبُخَارِيِّ وَمُسْلِمٍ وَغَيْرِهِمَا، فَهُوَ مِمَّنْ مَدَحَهُمُ اللَّهُ وَوَصَفَهُمْ وَأَثْنَى عَلَيْهِمْ وَوَعَدَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا. فَمَنْ نَسَبَهُ أَوْ وَاحِدًا مِنَ الصَّحَابَةِ إِلَى كَذِبٍ فَهُوَ خَارِجٌ عَنِ الشَّرِيعَةِ، مُبْطِلٌ لِلْقُرْآنِ طَاعِنٌ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَمَتَى أُلْحِقَ وَاحِدٌ مِنْهُمْ تَكْذِيبًا فَقَدْ سُبَّ، لِأَنَّهُ لَا عَارَ وَلَا عَيْبَ بَعْدَ الْكُفْرِ بِاللَّهِ أَعْظَمُ مِنَ الْكَذِبِ، وَقَدْ لَعَنَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ سَبَّ أَصْحَابَهُ، فَالْمُكَذِّبُ لِأَصْغَرِهِمْ- وَلَا صَغِيرَ فِيهِمْ- دَاخِلٌ فِي لَعْنَةِ اللَّهِ الَّتِي شَهِدَ بِهَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَلْزَمَهَا كُلَّ مَنْ سَبَّ وَاحِدًا مِنْ أَصْحَابِهِ أَوْ طَعَنَ عَلَيْهِ. وَعَنْ عُمَرَ بْنِ حَبِيبٍ قَالَ: حَضَرْتُ مَجْلِسَ هَارُونَ الرَّشِيدِ فَجَرَتْ مَسْأَلَةٌ تَنَازَعَهَا الْحُضُورُ وَعَلَتْ أَصْوَاتُهُمْ، فَاحْتَجَّ بَعْضُهُمْ بِحَدِيثٍ يَرْوِيهِ أَبُو هُرَيْرَةَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَرَفَعَ بَعْضُهُمُ الْحَدِيثَ وَزَادَتِ الْمُدَافَعَةُ وَالْخِصَامُ حَتَّى قَالَ قَائِلُونَ مِنْهُمْ: لَا يُقْبَلُ هَذَا الْحَدِيثُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، لِأَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ مُتَّهَمٌ فِيمَا يَرْوِيهِ، وَصَرَّحُوا بِتَكْذِيبِهِ، وَرَأَيْتُ الرَّشِيدَ قَدْ نَحَا نَحْوَهُمْ وَنَصَرَ قَوْلَهُمْ فَقُلْتُ أَنَا: الْحَدِيثُ صَحِيحٌ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَبُو هُرَيْرَةَ صَحِيحُ النَّقْلِ صَدُوقٌ فِيمَا يَرْوِيهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَغَيْرِهِ، فَنَظَرَ إِلَيَّ الرَّشِيدُ نَظَرَ مُغْضَبٍ، وَقُمْتُ مِنَ الْمَجْلِسِ فَانْصَرَفْتُ إِلَى مَنْزِلِي، فَلَمْ أَلْبَثْ حَتَّى قِيلَ: صَاحِبُ الْبَرِيدِ بِالْبَابِ، فَدَخَلَ فَقَالَ لِي: أَجِبْ أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ إِجَابَةَ مَقْتُولٍ، وَتَحَنَّطْ وَتَكَفَّنْ! فَقُلْتُ: اللَّهُمَّ إِنَّكَ تَعْلَمُ أَنِّي دفعت عَنْ صَاحِبِ نَبِيِّكَ، وَأَجْلَلْتُ نَبِيَّكَ أَنْ يُطْعَنَ على أصحابه،
(١). الصرف: التوبة. وقيل النافلة. والعدل: الفدية. وقيل الفريضة.

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