Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Mansûr rapporte :
« J’ai interrogé Mujâhid au sujet de la parole du Très-Haut : « Leur marque est sur leurs visages. » S’agit-il, lui ai-je demandé, d’une trace qui se forme entre les deux yeux de l’homme ? – Non, répondit-il. Il arrive qu’un homme porte entre ses yeux une marque pareille au genou d’une chèvre, tout en étant plus dur de cœur que la pierre ! C’est en réalité une lumière qui rayonne sur leurs visages, née de l’humilité. »

Ibn Jurayj dit : « Il s’agit de la dignité et du prestige. »

Shimr b. ‘Aṭiyyah dit : « C’est la pâleur du visage due aux veillées de prière. »

Al-Ḥasan dit : « Quand tu les vois, tu les crois malades, alors qu’ils ne le sont pas. »

Al-Ḍaḥḥâk dit : « Ce n’est pas une cicatrice sur leur visage, mais bien une pâleur. »

Sufyân ath-Thawrî dit : « Ils prient la nuit et, au matin, on voit cela sur leur visage », conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Quiconque multiplie la prière nocturne verra son visage embelli durant le jour », propos mentionné plus haut.

‘Aṭâ’ al-Khurâsânî dit : « Quiconque préserve les cinq prières obligatoires entre également dans le sens de ce verset. »

Troisièmement – Sa parole, exalté soit-Il :
« Tel est leur exemple dans la Torah, et leur exemple dans l’Évangile. »

Al-Farrâ’ dit : Il y a deux lectures possibles. Si tu veux, tu comprends : « Tel est leur exemple dans la Torah et aussi dans l’Évangile, tout comme dans le Coran », et l’on fera alors la pause sur « l’Évangile ». Si tu veux, tu considères la phrase close sur « Tel est leur exemple dans la Torah », puis tu reprends : « et leur exemple dans l’Évangile ».

Ibn ‘Abbâs et d’autres ont dit de même : il s’agit de deux paraboles, l’une dans la Torah, l’autre dans l’Évangile ; on s’arrête alors sur « la Torah ».

Mujâhid dit : C’est une seule et même parabole ; ces caractéristiques sont énoncées à la fois dans la Torah et dans l’Évangile ; dans ce cas on ne s’arrête pas sur « la Torah », mais sur « l’Évangile ».

On enchaîne ensuite : « pareils à une semence qui fait sortir son rejeton », autrement dit : « et ils sont comme une semence ». Le terme « shaṭa’ahu » désigne ses rejets, ses pousses, selon Ibn Zayd et d’autres.

Muqâtil dit : C’est une plante unique ; lorsque les tiges qui la suivent sortent de terre, on dit qu’elle a produit ses pousses.

Al-Jawharî dit : Le « shaṭ’ » de la céréale ou de la plante est son rejet ; au pluriel : « ashṭâ’ ». On dit : « La culture a produit ses pousses » quand celles-ci apparaissent. Al-Akhfash, à propos du verset « Il fit sortir son shaṭ’ », explique : « son extrémité » ; al-Tha‘labî le rapporte d’al-Kisâ’î.

Al-Farrâ’ dit : On dit d’un champ « ashṭa’a », et il est « mushṭi’ » lorsqu’il a fait sortir ses pousses.

Le poète a dit :
« Le shaṭ’ est sorti à la surface de la poussière,
et, des arbres, les rameaux chargés de fruits. »

Az-Zajjâj commente : « Il fit sortir son shaṭ’ », c’est-à-dire sa végétation.

On a aussi dit que le shaṭ’ est le piquant de l’épi ; les Arabes l’appellent également « as-safâ », qui est l’épine du buhmâ’(1), selon Qutrub.

D’autres ont dit : c’est l’épi lui-même qui sort du grain.

مَنْصُورٌ: سَأَلْتُ مُجَاهِدًا عَنْ قَوْلِهِ تَعَالَى " سِيماهُمْ فِي وُجُوهِهِمْ" أَهُوَ أَثَرٌ يَكُونُ بَيْنَ عَيْنَيِ الرَّجُلِ؟ قَالَ لَا، رُبَّمَا يَكُونُ بَيْنَ عَيْنَيِ الرَّجُلِ مِثْلُ رُكْبَةِ الْعَنْزِ وَهُوَ أَقْسَى قَلْبًا مِنَ الْحِجَارَةِ! وَلَكِنَّهُ نُورٌ فِي وُجُوهِهِمْ مِنَ الْخُشُوعِ. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ: هُوَ الْوَقَارُ وَالْبَهَاءُ. وَقَالَ شِمْرُ بْنُ عَطِيَّةَ: هُوَ صُفْرَةُ الْوَجْهِ مِنْ قِيَامِ اللَّيْلِ. قَالَ الْحَسَنُ: إِذَا رَأَيْتَهُمْ حَسِبْتَهُمْ مَرْضَى وَمَا هُمْ بِمَرْضَى. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: أَمَا إِنَّهُ لَيْسَ بِالنَّدْبِ فِي وُجُوهِهِمْ وَلَكِنَّهُ الصُّفْرَةُ. وَقَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ: يُصَلُّونَ بِاللَّيْلِ فَإِذَا أصبحوا رؤي ذَلِكَ فِي وُجُوهِهِمْ، بَيَانُهُ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] مَنْ كَثُرَتْ صَلَاتُهُ بِاللَّيْلِ حَسُنَ وَجْهُهُ بِالنَّهَارِ [. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِيهِ آنِفًا. وَقَالَ عَطَاءٌ الْخُرَاسَانِيُّ: دَخَلَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ كُلُّ مَنْ حَافَظَ عَلَى الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " ذلِكَ مَثَلُهُمْ فِي التَّوْراةِ وَمَثَلُهُمْ فِي الْإِنْجِيلِ" قَالَ الْفَرَّاءُ: فِيهِ وَجْهَانِ، إِنْ شِئْتَ قُلْتَ الْمَعْنَى ذَلِكَ مَثَلُهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَفِي الْإِنْجِيلِ أَيْضًا، كَمَثَلِهِمْ فِي الْقُرْآنِ، فَيَكُونُ الْوَقْفُ عَلَى " الْإِنْجِيلِ" وَإِنْ شِئْتَ قُلْتَ: تَمَامُ الكلام ذلك مثلهم في التوراة، ثم ابتداء فَقَالَ وَمَثَلُهُمْ فِي الْإِنْجِيلِ. وَكَذَا قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَغَيْرُهُ: هُمَا مَثَلَانِ، أَحَدُهُمَا فِي التَّوْرَاةِ وَالْآخَرُ فِي الْإِنْجِيلِ، فَيُوقَفُ عَلَى هَذَا عَلَى " التَّوْراةِ" . وَقَالَ مُجَاهِدٌ: هُوَ مَثَلٌ وَاحِدٌ، يَعْنِي أَنَّ هَذِهِ صِفَتُهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ، فَلَا يُوقَفُ عَلَى " التَّوْراةِ" عَلَى هَذَا، وَيُوقَفُ عَلَى " الْإِنْجِيلِ" . وَيَبْتَدِئُ " كَزَرْعٍ أَخْرَجَ شَطْأَهُ" عَلَى مَعْنَى وهم كزرع. و " شَطْأَهُ" يَعْنِي فِرَاخَهُ وَأَوْلَادَهُ، قَالَهُ ابْنُ زَيْدٍ وَغَيْرُهُ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: هُوَ نَبْتٌ وَاحِدٌ، فَإِذَا خَرَجَ مَا بَعْدَهُ فَقَدْ شَطَأَهُ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: شَطْءُ الزَّرْعِ وَالنَّبَاتِ فِرَاخُهُ، وَالْجَمْعُ أَشْطَاءٌ. وَقَدْ أَشْطَأَ الزَّرْعُ خَرَجَ شَطْؤُهُ. قَالَ الْأَخْفَشُ فِي قَوْلِهِ " أَخْرَجَ شَطْأَهُ" أَيْ طَرَفَهُ. وَحَكَاهُ الثَّعْلَبِيُّ عَنِ الْكِسَائِيِّ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: أَشْطَأَ الزَّرْعُ فَهُوَ مُشْطِئٌ إِذَا خَرَجَ. قَالَ الشَّاعِرُ: أَخْرَجَ الشَّطْءُ عَلَى وَجْهِ الثَّرَى ... وَمِنَ الْأَشْجَارِ أَفْنَانُ الثَّمَرْ الزَّجَّاجُ: أَخْرَجَ شَطْأَهُ أَيْ نَبَاتَهُ. وَقِيلَ: إِنَّ الشَّطْءَ شَوْكُ السُّنْبُلِ، وَالْعَرَبُ أَيْضًا تُسَمِّيهِ: السَّفَا، وَهُوَ شَوْكُ الْبُهْمَى «١» ، قَالَهُ قُطْرُبٌ. وَقِيلَ: إِنَّهُ السُّنْبُلُ، فيخرج من الحبة
(١). البهمى: نبت تجد الغنم وجدا شديدا ما دام أخضر.

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