de façon catégorique, cet intérêt est bel et bien obtenu par la mise à mort du « bouclier ».
Nos savants ont dit : Eu égard à ces restrictions, il ne devrait exister aucune divergence quant à la prise en compte de cet intérêt, car le postulat est que le bouclier mourra inévitablement ; soit aux mains de l’ennemi – auquel cas surviendra la grande corruption, à savoir la prise de contrôle de tous les musulmans par l’ennemi –, soit aux mains des musulmans, et alors l’ennemi périra tandis que tous les musulmans seront sauvés.
Il n’est donc pas concevable, pour un être doué de raison, de prétendre qu’il est en toute hypothèse interdit de tuer le bouclier dans cette situation ; cela impliquerait en effet la disparition du bouclier, de l’Islâm et des musulmans. Toutefois, parce que cet intérêt n’est pas totalement exempt d’un certain préjudice, l’âme de celui qui n’a pas approfondi la question s’en détourne ; or, ce préjudice, au regard de l’intérêt réalisé, est nul ou quasi nul. Et Allāh est plus Savant.
Quatrième point – la lecture de la majorité : « law tazayyalu » (« s’ils s’étaient séparés »), à l’exception d’Abū Ḥaywah qui lit « tazāyalu », lecture équivalente à « tazayyalu » quant au sens.
Le terme « at-tazāyul » signifie la dissociation. Le verbe « tazayyalu » relève du gabarit tafʿalū, dérivé de ziltu ; certains disent qu’il se trouve sur le schème tafayʿalū.
Dans la parole du Très-Haut : « laʿadh-dhabnā alladhīna kafarū » (« Nous aurions assurément châtié ceux qui ont mécru »), on a dit que la particule lām répond à deux propositions : la première, « lawlā rijālun… » (« n’eussent été des hommes… »), la seconde, « law tazayyalu » (« s’ils s’étaient séparés… »). D’autres estiment que la réponse à « lawlā » est omise, comme il a été vu plus haut. Quant à « wa-law tazayyalu », il introduit un nouveau propos.
[Sûrat al-Fath (48), verset 26]
« Lorsque les mécréants mirent dans leurs cœurs la fougue, la fougue de l’époque de l’ignorance, Allāh fit alors descendre Sa sérénité sur Son Messager et sur les croyants ; Il leur fit tenir la parole de la piété ; ils en étaient les plus dignes et les plus à même de la porter. Et Allāh est, de toute chose, Parfaitement Savant. » (26)
L’agent régissant « idh » est la parole du Très-Haut « laʿadh-dhabnā », c’est-à-dire : « Nous les aurions châtiés lorsqu’ils ont fait cela » ; ou bien un verbe implicite, sous-entendu : « Et souvenez-vous… »
Le mot « al-ḥamiyyah » est un adjectif sur la forme faʿīlah et signifie l’orgueil jaloux. On dit : « ḥamītu ʿan kadha ḥamiyyatan (avec redoublement) ou maḥmiyyatan » lorsqu’on se détourne de quelque chose par fierté, que l’on en éprouve honte et répugnance à l’accomplir.
De là ce vers du poète al-Mutalammis :
« Ne vois-tu pas ? Je suis des leurs, et mon honneur est leur honneur ;
Tel l’homme au nez altier qui protège son nez de peur qu’il ne soit tranché. » (1)
C’est-à-dire : il le défend.
Az-Zuhrī a dit : Leur ḥamiyyah était la fierté qui les empêchait de reconnaître au Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – sa mission.