« N’écris pas : “le Messager d’Allah” ; car si nous savions que tu es réellement le Messager d’Allah, nous ne t’aurions pas combattu. »
Le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – dit alors à ʿAlî : « Efface-le. » Il répondit : « Je ne suis pas celui qui l’effacera » (1). Le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – l’effaça donc de sa propre main.
Parmi les clauses qu’ils imposèrent figurait celle-ci : qu’ils pourraient entrer à La Mecque, y séjourner trois jours, sans y pénétrer armés, hormis le julbân des armes. Je demandai à Abû Isḥâq : « Qu’est-ce que le julbân des armes ? » Il répondit : « Le fourreau et ce qu’il contient » (2).
Anas rapporte que les Quraysh conclurent une trêve avec le Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et que Suhayl ibn ʿAmr en faisait partie. Le Prophète dit à ʿAlî : « Écris : “Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.” » Suhayl ibn ʿAmr objecta : « Quant à “Bismillah”, nous ne savons pas ce que signifie “Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux” (3). Écris plutôt ce que nous connaissons : “Bismika Allâhumma” – En Ton nom, ô Allah. »
Le Prophète reprit : « Écris : “De Muhammad, le Messager d’Allah.” » Ils dirent : « Si nous avions su que tu es Son Messager, nous t’aurions suivi ; inscris plutôt ton nom et celui de ton père. » Le Prophète – paix et salut sur lui – dit alors : « Écris : “De Muhammad fils de ʿAbd Allah.” »
Ils posèrent ensuite comme condition au Prophète – paix et salut sur lui – que : « Quiconque viendra de ton camp au nôtre, nous ne te le renverrons pas ; et quiconque viendra de chez nous au tien, tu devras nous le restituer. » Les Compagnons dirent : « Ô Messager d’Allah, devons-nous l’écrire ? » Il répondit : « Oui. Celui d’entre nous qui se rendra chez eux – qu’Allah l’en éloigne – et quiconque viendra d’eux à nous, Allah lui accordera bientôt soulagement et issue. »
Abû Wâʾil rapporte : Sahl ibn Ḥunayf se leva, le jour de Ṣiffîn, et déclara : « Ô gens ! Remettez-vous en question. Nous étions avec le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – le jour de Hudaybiyah ; si nous avions vu l’ordre de combattre, nous aurions combattu. Il s’agissait de la trêve conclue entre le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – et les polythéistes. »
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – se rendit alors auprès du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – et dit : « Ô Messager d’Allah, ne sommes-nous pas sur la vérité tandis qu’eux sont dans l’erreur ? » Il répondit : « Certes. » Il reprit : « Nos morts ne sont-ils pas au Paradis et les leurs en Enfer ? » Il répondit : « Certes. » Il poursuivit : « Pourquoi donc accepterions-nous l’humiliation dans notre religion et rebrousserions-nous chemin alors qu’Allah n’a pas encore tranché entre eux et nous ? » Il répondit : « Ô Ibn al-Khaṭṭâb ! Je suis le Messager d’Allah, et Allah ne m’abandonnera jamais. »
ʿUmar s’en alla, mais, ne pouvant contenir son irritation, il se rendit auprès d’Abû Bakr et lui dit : « Ô Abû Bakr, ne sommes-nous pas sur la vérité et eux sur le faux ? » Il répondit : « Assurément. » Il demanda : « Nos morts ne sont-ils pas au Paradis et les leurs en Enfer ? » Il répondit : « Assurément. » Il dit : « Pourquoi, dès lors, consentirions-nous à l’humiliation dans notre religion et rebrousserions-nous chemin alors qu’Allah n’a pas encore tranché entre eux et nous ? » Abû Bakr répondit : « Ô Ibn al-Khaṭṭâb ! Il est le Messager d’Allah, et jamais Allah ne l’abandonnera. »
C’est alors que le Coran fut révélé au Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –