toutes les créatures.
Ibn ʿAbbâs a dit : « ﴾À Allah appartiennent les armées des cieux﴿ » : ce sont les anges ; quant aux armées de la terre, ce sont les croyants. Le verset a été répété parce que la première occurrence vient juste après la mention des polythéistes de Qurayš, alors que celle-ci suit la mention des hypocrites et des autres polythéistes. Dans les deux passages, l’objectif est l’intimidation et la menace. Si Allah avait voulu anéantir les hypocrites et les polythéistes, cela ne L’eût nullement mis en défaut ; mais Il les ajourne jusqu’à un terme fixé.
[Sourate al-Fatḥ (48), versets 8-9]
« Certes, Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur et avertisseur (8) afin que vous croyiez en Allah et en Son Messager, que vous l’assistiez, le vénériez et que vous proclamiez Sa gloire, matin et soir. » (9)
Parole du Très-Haut : « Certes, Nous t’avons envoyé comme témoin. »
• Qatâda a dit : témoin à l’égard de ta communauté quant à la transmission [du message].
• Il a également été dit : témoin contre eux au sujet de leurs œuvres, qu’il s’agisse d’obéissance ou de désobéissance.
• D’autres ont dit : leur exposant clairement ce que Nous t’avons envoyé porter jusqu’à eux.
• Et il a encore été dit : témoin contre eux le Jour de la Résurrection. Il est donc le témoin de leurs actes aujourd’hui et celui qui témoignera contre eux le Jour dernier. Ce sens a déjà été expliqué, dans la sourate « An-Nisâ’ », d’après Saʿîd ibn Jubayr.
« … et comme annonciateur » : de la félicité du Paradis pour quiconque lui obéit.
« … et avertisseur » : du Feu pour quiconque lui désobéit, comme l’ont affirmé Qatâda et d’autres. Dans la sourate « Al-Baqarah », ont déjà été exposées l’étymologie et la signification des termes « bishâra » (bonne annonce) et « nidhâra » (avertissement).
Les mots « témoin, annonciateur et avertisseur » sont à l’accusatif en fonction circonstancielle (ḥâl) implicite. Sîbawayh rapporte l’exemple suivant : « Je suis passé près d’un homme ayant un faucon, [comptant] chasser avec lui demain. » Le sens ici est donc : « Nous t’avons envoyé, considérant d’avance ton témoignage au Jour de la Résurrection. » De la même façon, on dirait : « J’ai vu ʿAmr, debout, demain. »
« … afin que vous croyiez en Allah et en Son Messager ». Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin et Abû ʿAmr ont lu avec yâ’ : « liyu’minû », de même que « yuʿazzirûhu, yuwaqqirûhu, yusabbiḥûhu », tous à la troisième personne, comme proposition d’information. Abû ʿUbayd a préféré cette lecture, parce que les croyants sont mentionnés avant et après : avant dans « liyudkhila » et après dans « inna alladhîna yubâyʿûnaka » (al-Fatḥ : 10). Les autres lecteurs ont choisi la deuxième personne (« tû’minû », etc.), option retenue par Abû Ḥâtim.
« … et que vous l’assistiez (tuʿazzirûhu) » : c’est-à-dire que vous le vénériez et le magnifiiez, selon al-Ḥasan et al-Kalbî. Le terme « taʿzîr » signifie honorer, grandir en considération.
Qatâda a dit : que vous le secouriez et le protégiez. De ce sens dérive le « taʿzîr » appliqué dans la peine corrective (ḥadd), parce qu’il est de l’ordre de la dissuasion.
Le poète al-Quṭâmî a dit :