Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils purent alors se nourrir des palmeraies de Khaybar, les bêtes offertes en sacrifice atteignirent le lieu qui leur était assigné, et les Byzantins eurent le dessus sur les Perses ; les croyants se réjouirent donc de la victoire des Gens du Livre sur les Mages.

Az-Zuhrî déclara : « Hudaybiya fut assurément la plus grande des conquêtes. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — s’y rendit avec mille quatre cents compagnons. Une fois la trêve conclue, les gens se mêlèrent les uns aux autres, entendirent la Parole d’Allah et l’apprirent. Quiconque désirait embrasser l’Islam pouvait le faire aisément. Deux années à peine s’étaient écoulées que les musulmans revinrent à La Mecque au nombre de dix mille. »

Mujâhid, de même qu’al-‘Awfî, dit encore : « Il s’agit de la conquête de Khaybar. » Toutefois, la première opinion est la plus répandue ; Khaybar ne fut qu’une promesse qui leur avait été faite, comme cela sera expliqué dans la parole du Très-Haut : « Les retardataires diront, lorsque vous partirez… » « 1 » [al-Fatḥ : 15], et dans Son propos : « Allah vous a promis un butin abondant dont vous vous emparerez ; Il vous a hâté celui-ci » « 2 » [al-Fatḥ : 20].

Majma‘ b. Jâriyah — l’un des lecteurs (qurrâʾ) du Coran — rapporta : « Nous assistâmes à Hudaybiya avec le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Lorsque nous en repartîmes, nous vîmes les gens secouer leurs montures « 3 ». Quelques-uns dirent : “Qu’ont donc les gens ?” — “Allah vient de révéler (quelque chose) à Son Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue”, répondirent-ils. Nous sortîmes alors en toute hâte « 4 » et trouvâmes le Prophète d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — à Kurâʿ al-Ghamîm « 5 ». Quand la foule se fut rassemblée, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — récita : « En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante. » ‘Umar ibn al-Khattâb s’exclama : “Est-ce donc une victoire, ô Messager d’Allah ?” — “Oui, par Celui qui tient mon âme en Sa Main, c’est bel et bien une victoire”, répondit-il. Khaybar fut alors répartie entre les gens de Hudaybiya ; nul n’y prit part hormis ceux qui avaient assisté à Hudaybiya.

On a encore avancé que la parole du Très-Haut : « fatḥan » (une victoire) indique que La Mecque fut conquise par assaut (‘anwatan), car le terme fatḥ, employé sans restriction, ne s’applique qu’à une prise obtenue de force ; tel est le sens propre du mot. Il est certes possible de dire : « La cité fut ouverte par traité », mais alors le terme sulḥ (accord) doit être associé à fatḥ, de sorte que l’usage de fatḥ dans un contexte de trêve n’est qu’au sens figuré. Les récits attestent qu’elle fut effectivement conquise par assaut ; nous en avons déjà parlé « 7 » et y reviendrons.

[Sourate al-Fatḥ (48) : versets 2-3]
« Afin qu’Allah te pardonne tes péchés passés et futurs, qu’Il parachève sur toi Son bienfait et te guide vers une voie droite (2), et qu’Allah te secoure d’un secours puissant. » (3)

وَأُطْعِمُوا نَخْلَ خَيْبَرَ، وَبَلَغَ الْهَدْيُ مَحِلَّهُ، وَظَهَرَتِ الرُّومُ عَلَى فَارِسَ، فَفَرِحَ الْمُؤْمِنُونَ بِظُهُورِ أَهْلِ الْكِتَابِ عَلَى الْمَجُوسِ. وَقَالَ الزُّهْرِيُّ: لَقَدْ كَانَ الْحُدَيْبِيَةُ أَعْظَمَ الْفُتُوحِ، وَذَلِكَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَاءَ إِلَيْهَا فِي أَلْفٍ وَأَرْبَعِمِائَةٍ، فَلَمَّا وَقَعَ الصُّلْحُ مَشَى النَّاسُ بَعْضُهُمْ فِي بَعْضٍ وَعَلِمُوا وَسَمِعُوا عَنِ اللَّهِ، فَمَا أَرَادَ أَحَدٌ الْإِسْلَامَ إِلَّا تَمَكَّنَ مِنْهُ، فَمَا مَضَتْ تِلْكَ السَّنَتَانِ إِلَّا وَالْمُسْلِمُونَ قَدْ جَاءُوا إِلَى مَكَّةَ فِي عَشْرَةِ آلَافٍ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ أيضا والعوفي: هو فتح خبير. وَالْأَوَّلُ أَكْثَرُ، وَخَيْبَرُ إِنَّمَا كَانَتْ وَعْدًا وُعِدُوهُ، عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: " سَيَقُولُ الْمُخَلَّفُونَ إِذَا انْطَلَقْتُمْ" «١» [الفتح: ١٠] وَقَوْلُهُ " وَعَدَكُمُ اللَّهُ مَغانِمَ كَثِيرَةً تَأْخُذُونَها فَعَجَّلَ لَكُمْ هذِهِ" «٢» [الفتح: ٢٠] . وَقَالَ مُجَمِّعُ بْنُ جَارِيَةَ- وَكَانَ أَحَدَ الْقُرَّاءِ الَّذِينَ قَرَءُوا الْقُرْآنَ-: شَهِدْنَا الْحُدَيْبِيَةَ مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَلَمَّا انْصَرَفْنَا عَنْهَا إِذَا النَّاسُ يَهُزُّونَ «٣» الْأَبَاعِرَ، فَقَالَ بَعْضُ النَّاسِ لِبَعْضٍ: مَا بَالُ النَّاسِ؟ قَالُوا: أَوْحَى اللَّهِ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. قَالَ: فَخَرَجْنَا نُوجِفُ «٤» فَوَجَدْنَا نَبِيَّ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عِنْدَ كُرَاعِ الْغَمِيمِ «٥» ، فَلَمَّا اجْتَمَعَ النَّاسُ قَرَأَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ " إِنَّا فَتَحْنا لَكَ فَتْحاً مُبِيناً" فَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ: أَوَفَتْحٌ هُوَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: ] نَعَمْ، وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ إِنَّهُ لَفَتْحٌ [. فَقُسِّمَتْ خَيْبَرُ عَلَى أَهْلِ الْحُدَيْبِيَةِ، لَمْ يَدْخُلْ أَحَدٌ إِلَّا مَنْ شَهِدَ الْحُدَيْبِيَةَ. وَقِيلَ: إِنَّ قَوْلَهُ تَعَالَى " فَتْحاً" يَدُلُّ عَلَى أَنَّ مَكَّةَ فُتِحَتْ عَنْوَةً» ، لِأَنَّ اسْمَ الْفَتْحِ لَا يَقَعُ مُطْلَقًا إِلَّا عَلَى مَا فُتِحَ عَنْوَةً. هَذَا هُوَ حَقِيقَةُ الِاسْمِ. وَقَدْ يُقَالُ: فُتِحَ الْبَلَدُ صُلْحًا، فَلَا يُفْهَمُ الصُّلْحُ إِلَّا بِأَنْ يُقْرَنَ بِالْفَتْحِ، فَصَارَ الْفَتْحُ فِي الصُّلْحِ مَجَازًا. وَالْأَخْبَارُ دَالَّةٌ عَلَى أَنَّهَا فُتِحَتْ عَنْوَةً، وَقَدْ مَضَى القول فيها «٧» ، ويأتي. [سورة الفتح (٤٨) : الآيات ٢ الى ٣] لِيَغْفِرَ لَكَ اللَّهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِكَ وَما تَأَخَّرَ وَيُتِمَّ نِعْمَتَهُ عَلَيْكَ وَيَهْدِيَكَ صِراطاً مُسْتَقِيماً (٢) وَيَنْصُرَكَ اللَّهُ نَصْراً عَزِيزاً (٣)
(١). آية ١٥ من هذه السورة. (٢). آية ٢٠ من هذه السورة. (٣). في ك: يهرعون. (٤). الإيجاف: سرعة السير. (٥). كراع الغميم: موضع بناحية الحجاز بين مكة والمدينة. (٦). أي فتحت بالقتال، قوتل أهلها حتى غلبوا عليها. (٧). راجع ج ٨ ص ٢

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