On rencontre également la forme wuhina (avec kasra) ; wahanan signifie : faiblesse. On lit aussi : « fa-mā wahanū » en fermant ou en brisant le hā’. Cette question a déjà été évoquée dans (Âl ʿImrân)¹.
Deuxièmement : Sa parole — exalté soit-Il — « et vous appelez à la paix », c’est-à-dire à la trêve.
« alors que vous êtes les plus hauts » : autrement dit, vous êtes plus savants d’Allah qu’eux.
D’aucuns ont dit : vous êtes supérieurs par la preuve.
D’autres : le sens est que vous êtes les vainqueurs, parce que vous êtes croyants, même s’ils l’emportent parfois extérieurement.
Qatâdah a déclaré : « Ne soyez pas la première des deux factions à se montrer suppliante envers l’autre. »
Troisièmement : les savants ont divergé quant au statut de ce verset.
— Certains ont dit qu’il abroge la parole du Très-Haut : « Et s’ils inclinent à la paix, incline-toi donc vers elle »² (al-Anfâl : 61), parce qu’Allah — Très-Haut — a interdit de pencher vers la trêve lorsque les musulmans n’en ont pas besoin.
— D’autres soutiennent qu’il est, au contraire, abrogé par ce même verset.
— D’autres encore estiment qu’il est muhkam ; les deux versets ont été révélés à des époques et dans des circonstances différentes.
— Selon une autre opinion, la parole : « Et s’ils inclinent… » est propre à un groupe déterminé, tandis que l’autre verset est général. Dès lors, il n’est permis de conclure une trêve avec les mécréants qu’en cas de nécessité, c’est-à-dire lorsque nous sommes incapables de leur résister à cause de la faiblesse des musulmans. Cette question a déjà été développée en détail³.
« Allah est avec vous », c’est-à-dire par la victoire et le secours, comme dans : « Et Allah est certes avec les bienfaisants »⁴ (al-ʿAnkabût : 69).
« Et Il ne diminuera pas vos œuvres » : Il ne vous en retranchera rien — d’après Ibn ʿAbbâs et d’autres. De là vient le mot al-mawtûr : celui à qui un proche a été tué sans qu’il obtienne le prix du sang. On dit : watarahu, yaturuhu, watran, watratan.
De même, dans la parole du Prophète — paix et salut sur lui : « Celui qui a manqué la prière du ʿAṣr, c’est comme si on l’avait privé (watar) de sa famille et de ses biens » ; c’est-à-dire qu’ils se sont envolés. De même : watarahu ḥaqqahu, il l’a lésé dans son droit.
Quant à la parole du Très-Haut : « Et Il ne diminuera pas vos œuvres », c’est-à-dire qu’Il ne vous lésera pas dans vos œuvres, tout comme on dit : « Je suis entré la maison », voulant dire : « dans la maison », selon al-Jawharî.
Al-Farrâ’ dit : « wa lan yatrakum » vient de witr (l’impair) ; le sens est donc : Il ne vous laissera pas seuls, sans rétribution.