Yaʿqūb.
Il dit : « Si des gouvernants iniques viennent à exercer l’autorité sur vous, vous entrez avec eux dans la sédition et les combattez.
« … et vous rompiez vos liens de parenté » — par la rébellion, l’injustice et le meurtre.
Yaʿqūb, Sallām, ʿĪsā et Abū Ḥātim ont lu : « wa taqṭaʿū » — avec l’ouverture du tāʾ et l’allègement du qāf — forme simple de « couper », conformément à la parole du Très-Haut : « … et ils rompent ce qu’Allah a ordonné d’unir » (al-Baqarah : 27) « 1 ». Hārūn a rapporté cette lecture d’après Abū ʿAmr.
Al-Ḥasan a lu : « wa tuqaṭṭiʿū » — toutes les lettres ouvertes avec redoublement — par analogie avec : « … et ils se sont divisés en sectes quant à leur affaire » (al-Anbiyāʾ : 93) « 2 ».
Les autres lecteurs rendent : « wa tuqaṭṭiʿū » — ḍamma de la tāʾ et redoublement du ṭāʾ, forme intensive marquant la multiplicité ; c’est l’option d’Abū ʿUbayd. L’exposé concernant « ʿasaytum » (al-Baqarah : 246) a déjà été présenté dans la sourate al-Baqarah « 3 ».
Az-Zajjāj, à propos de la lecture de Nāfiʿ, a dit : « Si celle-ci était permise, on admettrait “ʿasiya” avec kasra. »
Al-Jawharī a dit : « On dit : ʿasaytu an afʿala dhālika, et ʿasītu, avec kasra. » On trouve aussi la lecture : « fa-hal ʿasītum » avec kasra.
Je dis : Cette remarque prouve qu’il existe deux dialectes, et nous avons traité la question de façon exhaustive dans al-Baqarah « 4 ».
« Ceux-là sont ceux qu’Allah a maudits » : c’est-à-dire qu’Il les a bannis et éloignés de Sa miséricorde.
« Il a rendu leurs oreilles sourdes » à la vérité,
« et aveuglé leurs regards » — c’est-à-dire leurs cœurs — de tout bien. Il conclut ainsi quiconque agit de la sorte mérite Sa malédiction ; Il le prive du bénéfice de son ouïe et de sa vue, de sorte qu’il ne se soumet pas à la vérité même s’il l’entend, le rendant semblable à la bête dépourvue de raison.
Il a dit : « Fa-hal ʿasītum », puis : « Oulāʾika l-ladhīna laʿanahumu llāh ». Il passe ainsi du discours direct à la troisième personne, selon l’usage des Arabes.
Deuxième question — Sa parole, Exalté soit-Il : « Ne méditent-ils donc pas le Coran ? » c’est-à-dire ne le comprennent-ils pas, afin qu’ils sachent ce qu’Allah a préparé pour ceux qui ne se sont pas détournés de l’Islam ?
« Ou bien y a-t-il sur des cœurs leurs verrous ? » : plutôt, sur des cœurs se trouvent des verrous qu’Allah — Puissant et Majestueux — a fermés sur eux, si bien qu’ils ne raisonnent pas. Cette affirmation réfute la doctrine des Qadarites et des Imāmites.
Dans un ḥadith marfūʿ, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Il y a sur ces cœurs des verrous semblables à ceux de fer, jusqu’à ce qu’Allah les ouvre. »
L’origine du mot « qafl » renvoie à la sécheresse et à la dureté.
On appelle al-qafl ce qui s’est desséché parmi les arbres ; al-qafīl s’emploie de même et désigne aussi une plante.
Al-qafīl signifie également « la voix ». Le poète en rajaz a dit :
« Lorsqu’il t’arriva desséché, rabougri,
tu te dressas pour le frapper d’un qafīl sonore ;
comment as-tu pourvu ton vieillard, à la barbe grisonnante ? » « 5 »