« Vos allées et venues » : dans ce bas-monde ;
« votre lieu de séjour » : dans ce monde et dans l’Au-delà ; telle est l’explication donnée par Ibn ʿAbbâs et ad-Ḍaḥḥâk.
ʿIkrima a dit :
« Vos allées et venues » : votre passage des lombes des pères aux matrices des mères ;
« votre lieu de séjour » : votre station sur la terre.
Ibn Kaysân a dit :
« Vos allées et venues » : du dos au ventre, puis à la vie d’ici-bas ;
« votre lieu de séjour » : dans les tombes.
Je (l’auteur) dis : la portée générale englobe toutes ces significations ; rien, — exalté soit-Il —, des mouvements ni des stations des fils d’Âdam ne Lui échappe, pas plus qu’aucune réalité de l’ensemble de Sa création. Il en détient la science, avant même leur existence, d’une connaissance globale et détaillée, première et dernière. Gloire à Lui ! Nulle divinité sauf Lui.
[Surate Muḥammad (47), versets 20-21]
« Et ceux qui ont cru disent : “Pourquoi donc n’a-t-on pas fait descendre une sourate ?” Mais lorsque descend une sourate décisive où le combat est mentionné, tu vois ceux dont les cœurs sont malades te regarder comme celui qui s’évanouit à l’approche de la mort ; malheur à eux ! (20)
— Obéissance et parole convenable ! — Puis, lorsque l’ordre est arrêté, s’ils avaient été sincères envers Allâh, cela eût été meilleur pour eux. (21) »
Sa parole — Très-Haut :
« Et ceux qui ont cru disent » : c’est-à-dire les croyants sincères.
« Pourquoi donc n’a-t-on pas fait descendre une sourate ? » : par désir de la Révélation et ardeur pour le jihâd et sa récompense. Le terme « lawlâ » signifie : « hal-lâ » (« pourquoi pas »).
« Lorsqu’une sourate décisive est descendue » : c’est-à-dire sans aucune abrogation.
Qatâda a dit : toute sourate où le jihâd est mentionné est « muḥkama » (décisive), et c’est la partie la plus pénible du Coran pour les hypocrites. Dans la récitation d’Ibn ʿAbdullâh : « lorsqu’est descendue une sourate récente », c’est-à-dire nouvellement révélée.
« et qu’y est mentionné le combat » : c’est-à-dire que le jihâd y est prescrit. On lit aussi : « lorsqu’est descendue une sourate et qu’il y a mention du combat », à la forme active avec l’accusatif de « combat ».
« tu vois ceux dont les cœurs sont malades » : emplis de doute et d’hypocrisie.
« te regarder comme celui qui s’évanouit à l’approche de la mort » : un regard réprobateur, courroucé, fixe et aigu, tel celui dont la vue se fige au moment de la mort ; ceci par lâcheté face au combat, crainte et panique, et par leur inclination secrète envers les mécréants.
Sa parole — Très-Haut :
« Malheur à eux ! Obéissance et parole convenable… »
Le terme « fa-awlâ lahum » — dit al-Jawharî — est une menace et un avertissement, comme dans l’expression : « Awlâ laka ! »
Le poète a dit :
« Malheur, puis malheur, encore malheur ! …
Du roc prétend-on traire quelque lait ? »