« qu’elle leur survienne à l’improviste »
« An »
est ici un badal ištimāl (apposition englobante) de « l’Heure », à l’image de l’expression : « an taṭaʾūhum » — tirée du verset : « des hommes croyants et des femmes croyantes »[1].
On trouve aussi la lecture : « baghattatan » (بَغَتَّةً) sur le même schème que « jarabbatan »[2] ; forme rare dont on ne relève nul équivalent dans les sources, et qui est attribuée à Abū ʿAmr.
Az-Zamakhsharī a dit : « Je crains fort qu’il ne s’agisse d’une méprise du transmetteur rapportant la lecture d’Abū ʿAmr, et que la variante correcte soit “baghatan” (بَغَتَةً), avec fatha sur le ghayn, sans redoublement, comme la lecture d’al-Ḥasan. »
Abū Jaʿfar ar-Ruʾās ainsi que d’autres lecteurs mecquois ont, quant à eux, transmis : « in taʾtihim baghatan ».
Al-Mahdawī a dit : « Celui qui lit : “in taʾtihim baghatan” s’arrête sur le mot “l’Heure”, puis reprend avec la proposition conditionnelle. Tout doute que pourrait laisser entendre la phrase est rapporté aux créatures, comme s’il disait : ‘S’ils doutent de sa venue, ses signes précurseurs sont pourtant déjà venus.’ »
Parole du Très-Haut :
« Mais d’où leur viendra le rappel lorsque celui-ci leur surviendra ? »
« Leur rappel » est le mubtadaʾ, et « d’où pour eux » en est la khabar. Le pronom sujet de « leur survienne » renvoie à l’Heure. Le sens implicite est : « D’où leur viendra la faculté de se souvenir lorsque l’Heure les aura atteints ? » C’est l’explication donnée par Qatādah et d’autres.
D’autres ont dit (Ibn Zayd) : « Comment pourraient-ils échapper lorsque le rappel leur parviendra à l’arrivée de l’Heure ? »
Quant au terme « rappel » (dhikrā), deux interprétations :
- le rappel de ce qu’ils auront accompli de bien ou de mal ;
- le fait qu’on les appellera par leurs noms, soit pour leur annoncer une bonne nouvelle, soit pour les effrayer.
Abān rapporte d’après Anas, d’après le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — qu’il a dit : « Embellez vos noms, car vous serez appelés par eux le Jour de la Résurrection : “Ô untel, lève-toi vers ta lumière ! Ô untel, lève-toi, point de lumière pour toi.” » Ce ḥadith est cité par al-Māwardī.
[Sourate Muḥammad, 47 : 19]
« Sache donc qu’il n’est de divinité qu’Allâh. Implore le pardon pour ton péché, ainsi que pour les croyants et les croyantes. Allâh connaît parfaitement vos allées et venues et votre lieu de séjour. »
Parole du Très-Haut :
« Sache donc qu’il n’est de divinité qu’Allâh. »
Al-Māwardī a dit : Bien que le Messager connaissait déjà Allâh, ce verset comporte trois considérations :
- c’est-à-dire : sache qu’Allâh t’a fait savoir qu’il n’est de divinité qu’Allâh ;
- ce que tu as d’abord connu par déduction, sache-le désormais comme une information certaine ;
- c’est-à-dire : évoque qu’il n’est de divinité qu’Allâh ; le rappel est ici exprimé par le mot « savoir ».