Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Et des rivières de lait dont le goût ne se corrompt point » ; c’est-à-dire qu’il ne tourne pas à l’aigre malgré la longue durée, contrairement aux laits de ce monde qui finissent par s’acidifier.

« Et des rivières de vin, délice pour ceux qui en boivent » ; autrement dit, nul pied ne les a souillés, nulle main ne les a troublés comme le vin d’ici-bas ; leur saveur est exquise, leur dégustation agréable ; les buveurs n’en éprouvent aucune répugnance. On dit : « sharâbun ladh- » et « ladhîdh » ont le même sens ; « istaladh-ahu » signifie : il l’a trouvé délicieux.

« Et des rivières de miel purifié » ; le miel est ce qui découle de la salive des abeilles. « Purifié » : c’est-à-dire débarrassé de cire et d’impuretés ; Allah l’a créé ainsi : il n’a pas été cuit au feu et les abeilles ne l’ont point souillé.

Dans le recueil de at-Tirmidhî, d’après Ḥakîm ibn Muʿâwiya, d’après son père, le Prophète – que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui – a dit : « Certes, au Paradis se trouve un océan d’eau, un océan de miel, un océan de lait et un océan de vin ; puis les rivières s’en détachent ensuite. » Il (at-Tirmidhî) déclara : « hadith bon et authentique. »

Et, dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée – le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Sayḥân, Jayḥân, le Nil et l’Euphrate sont tous des rivières du Paradis. »

Kaʿb a dit : « Le Tigre est le fleuve d’eau des gens du Paradis ; l’Euphrate est leur fleuve de lait ; le fleuve d’Égypte est leur fleuve de vin ; Sayḥân est leur fleuve de miel. Ces quatre rivières jaillissent du fleuve al-Kawthar. »

Le terme « ʿasal » (miel) peut être employé au masculin comme au féminin.

Ibn ʿAbbâs a dit au sujet de : « un miel purifié » : « c’est-à-dire qu’il ne provient pas des entrailles des abeilles. »

« Et pour eux, ils y auront de tous les fruits » ; la particule « min » est ici redondante pour renforcer le sens.

« Et un pardon de la part de leur Seigneur », c’est-à-dire pour leurs péchés.

« Sont-ils comparables à celui qui demeure éternellement dans le Feu ? » al-Farrâ’ dit : le sens est : celui qui séjourne dans cet état de délice est-il semblable à celui qui séjourne dans le Feu ?

Az-Zajjâj dit : c’est-à-dire : celui qui se trouve sur une preuve évidente de la part de son Seigneur et reçoit ces bienfaits est-il comparable à celui dont la mauvaise action a été embellie à ses yeux et qui demeure dans le Feu ? Son expression « kam-man » se substitue à « a-fa-man zuyyina la-hu sû’u ʿamalihi » (Fâṭir, 8).

Ibn Kaysân a dit : « L’image de ce Jardin où se trouvent fruits et rivières est à l’image du Feu où se trouvent eau bouillante et zaqqûm ; et l’image des gens du Paradis dans la félicité permanente est à l’image des gens du Feu dans le châtiment permanent. »

« On leur fera boire une eau bouillante » : c’est-à-dire une eau brûlante, d’une ébullition extrême ; lorsqu’elle s’approche d’eux, elle rôtit leurs visages et fait tomber la peau de leurs têtes ; lorsqu’ils la boivent, elle sectionne leurs entrailles et les fait sortir par leur postérieur.

« Les entrailles » est le pluriel de « miʿâ » ; au duel : « miʿyân » ; il désigne l’ensemble des viscères contenus dans l’abdomen.

وَأَنْهارٌ مِنْ لَبَنٍ لَمْ يَتَغَيَّرْ طَعْمُهُ " أَيْ لَمْ يَحْمُضْ بِطُولِ الْمَقَامِ كَمَا تَتَغَيَّرُ أَلْبَانُ الدُّنْيَا إِلَى الْحُمُوضَةِ." وَأَنْهارٌ مِنْ خَمْرٍ لَذَّةٍ لِلشَّارِبِينَ " أَيْ لَمْ تُدَنِّسْهَا الْأَرْجُلُ وَلَمْ تُرَنِّقْهَا «١» الْأَيْدِي كَخَمْرِ الدُّنْيَا، فَهِيَ لَذِيذَةُ الطَّعْمِ طَيِّبَةُ الشُّرْبِ لَا يَتَكَرَّهُهَا الشَّارِبُونَ. يُقَالُ: شَرَابٌ لَذَّ وَلَذِيذٌ بِمَعْنًى. وَاسْتَلَذَّهُ عَدَّهُ لَذِيذًا." وَأَنْهارٌ مِنْ عَسَلٍ مُصَفًّى " الْعَسَلُ مَا يَسِيلُ مِنْ لُعَابِ النَّحْلِ." مُصَفًّى " أَيْ مِنَ الشَّمْعِ وَالْقَذَى، خَلَقَهُ اللَّهُ كَذَلِكَ لَمْ يُطْبَخْ عَلَى نَارٍ وَلَا دَنَّسَهُ النَّحْلُ. وَفِي التِّرْمِذِيِّ عَنْ حَكِيمِ بْنِ مُعَاوِيَةَ عَنْ أَبِيهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: ] إِنَّ فِي الْجَنَّةِ بَحْرُ الْمَاءِ وَبَحْرُ الْعَسَلِ وَبَحْرُ اللَّبَنِ وَبَحْرُ الْخَمْرِ ثُمَّ تُشَقَّقُ الْأَنْهَارُ بَعْدُ [. قَالَ: حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: ] سَيْحَانُ وَجَيْحَانُ وَالنِّيلُ وَالْفُرَاتُ كُلٌّ مِنْ أَنْهَارِ الْجَنَّةِ [. وَقَالَ كَعْبٌ: نَهْرُ دِجْلَةَ نَهْرُ مَاءِ أَهْلِ الْجَنَّةِ، وَنَهْرُ الْفُرَاتِ نَهْرُ لَبَنِهِمْ، وَنَهْرُ مِصْرَ نَهْرُ خَمْرِهِمْ، وَنَهْرُ سَيْحَانَ نَهْرُ عَسَلِهِمْ. وَهَذِهِ الْأَنْهَارُ الْأَرْبَعَةُ تَخْرُجُ مِنْ نَهْرِ الْكَوْثَرِ. وَالْعَسَلُ: يُذَكَّرُ وَيُؤَنَّثُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " مِنْ عَسَلٍ مُصَفًّى " أَيْ لَمْ يَخْرُجْ مِنْ بُطُونِ النَّحْلِ." وَلَهُمْ فِيها مِنْ كُلِّ الثَّمَراتِ "" مِنْ " زَائِدَةٌ لِلتَّأْكِيدِ." وَمَغْفِرَةٌ مِنْ رَبِّهِمْ " أَيْ لِذُنُوبِهِمْ." كَمَنْ هُوَ خالِدٌ فِي النَّارِ " قَالَ الْفَرَّاءُ: الْمَعْنَى أَفَمَنْ يَخْلُدُ فِي هَذَا النَّعِيمِ كَمَنْ يَخْلُدُ فِي النَّارِ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ أَفَمَنْ كَانَ عَلَى بَيِّنَةٍ مِنْ رَبِّهِ وَأُعْطِيَ هَذِهِ الْأَشْيَاءَ كَمَنْ زُيِّنَ لَهُ سُوءُ عَمَلِهِ وَهُوَ خَالِدٌ فِي النَّارِ. فَقَوْلُهُ" كَمَنْ " بَدَلٌ مِنْ قَوْلِهِ" أَفَمَنْ زُيِّنَ لَهُ سُوءُ عَمَلِهِ " [فاطر: ٨] . وَقَالَ ابْنُ كَيْسَانَ: مَثَلُ هَذِهِ الْجَنَّةِ الَّتِي فِيهَا الثِّمَارُ وَالْأَنْهَارُ كَمَثَلِ النَّارِ الَّتِي فِيهَا الْحَمِيمُ وَالزَّقُّومُ. وَمَثَلُ أَهْلِ الْجَنَّةِ فِي النَّعِيمِ المقيم كميل أَهْلِ النَّارِ فِي الْعَذَابِ الْمُقِيمِ." وَسُقُوا مَاءً حَمِيماً" أي حارا شديد الغليان، إذا دنا منهم شوى وجوههم، ووقعت فروة رؤوسهم، فَإِذَا شَرِبُوهُ قَطَّعَ أَمْعَاءَهُمْ وَأَخْرَجَهَا مِنْ دُبُورِهِمْ. وَالْأَمْعَاءُ: جَمْعُ مِعًى، وَالتَّثْنِيَةُ مِعَيَانِ، وَهُوَ جَمِيعُ ما في البطن من الحوايا.
(١). رنق الماء: كدره.

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