« … et ils ont suivi leurs passions », c’est-à-dire ce qu’ils convoitaient. Cet embellissement provient d’Allah – exalté soit-Il – en tant que création ; il se peut toutefois qu’il soit inspiré par Satan, par son appel et ses insinuations ; il peut également émaner du mécréant lui-même, lorsqu’il enjolive à ses propres yeux la gravité de son acte et persévère dans la mécréance. Le terme « سوء » (méfait) est accordé à la forme du relatif « من » (celui qui), tandis que le verbe « وَاتَّبَعُوا » (ils ont suivi) s’accorde avec son sens.
[Sourate Muḥammad, 47 : 15]
« L’image du Jardin qui a été promis aux pieux : il s’y trouve des rivières d’une eau qui ne croupit jamais, des rivières de lait dont le goût ne se modifie point, des rivières de vin – délice pour ceux qui en boivent – et des rivières de miel clarifié ; ils y posséderont toutes sortes de fruits, ainsi qu’une absolution de la part de leur Seigneur. Sont-ils comparables à celui qui demeure éternellement dans le Feu et qu’on abreuve d’une eau bouillante qui lui déchire les entrailles ? » (15)
Sa Parole – exalté soit-Il : « L’image du Jardin qui a été promis aux pieux ». Après avoir dit : « En vérité, Allah fera entrer ceux qui ont cru et accompli les œuvres pies dans des Jardins » (al-Ḥajj, 14), Il décrit ces Jardins, c’est-à-dire le Paradis préparé pour les pieux. Cette description a déjà été abordée dans la sourate « ar-Raʿd ». ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – le récitait ainsi : « Mithâlu l-jannati… ».
« Il s’y trouve des rivières d’une eau jamais croupissante », c’est-à-dire dont l’odeur ne change pas. Le terme Âsin appliqué à l’eau est équivalent à Âjin. On dit : asana l-mâ’u ya’sanu / ya’sinu asnan wa-asûnan lorsque son odeur se corrompt ; de même : ajana l-mâ’u ya’junu / ya’jinu ajnan wa-ujûnan.
On emploie aussi, avec kasra, les formes : ajina et asina, ya’sanu / ya’janu, asnan et ajnan – ainsi l’a signalé al-Yazîdî.
On dit encore asina r-rajulu (avec kasra exclusif) lorsqu’un homme descend dans un puits, qu’une odeur fétide – venue du puits ou d’ailleurs – l’atteint, et qu’il s’évanouit ou que sa tête tourne. Zuhayr a dit :
Je puis laisser l’adversaire, les doigts jaunis,
Vacillant au bout de la lance tel le nageur dans l’eau croupie.
(Variante : al-wasin.)
Ta’assana l-mâ’u : l’eau s’est altérée.
Abû Zayd : ta’assana ʿalayya ta’assunan, c’est-à-dire il a été indisposé et a tardé.
Abû ʿAmr : ta’assana r-rajulu abâhu : il a pris les manières de son père.
Al-Liḥyânî : lorsqu’il tend vers lui dans la ressemblance.
La lecture la plus répandue est Âsin, avec allongement ; Ibn Kathîr et Ḥumayd lisent Asin, sans allongement : deux dialectes, comme ḥādhir et ḥadhir. Al-Akhfash dit : Asin exprime l’état présent, tandis que Âsin (forme fāʿil) se rapporte au futur.