Troisième point – Les savants ont divergé quant à l’interprétation de ce verset et l’ont répartie en cinq opinions :
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Première opinion : le verset est abrogé et concerne les idolâtres ; il n’est donc pas permis de les racheter ni de leur accorder la grâce. Le verset qui, d’après eux, l’a abrogé est la parole du Très-Haut : « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (at-Tawbah, 5), ainsi que : « Si jamais tu les tiens en ton pouvoir durant la guerre, disperse par eux ceux qui les suivent » (al-Anfâl, 57), et : « Combattez les polythéistes tous ensemble » (at-Tawbah, 36). Cette position a été rapportée de Qatâdah, ad-Dahhâk, as-Suddî, Ibn Jurayj et al-ʿAwfî d’après Ibn ʿAbbâs et adoptée par de nombreux savants de Koufa. ʿAbd al-Karîm al-Jawzî rapporte qu’on écrivit à Abû Bakr au sujet d’un prisonnier pour lequel on proposait une rançon d’un certain montant ; il répondit : « Mettez-le à mort, car le fait de tuer un seul polythéiste m’est plus cher que telle ou telle somme. »
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Deuxième opinion : le verset vise l’ensemble des mécréants et, selon un groupe de savants et de jurisconsultes – parmi lesquels Qatâdah et Mujâhid –, il est abrogé. Ils soutiennent que si un polythéiste est capturé, il n’est pas permis de lui faire grâce ni de le racheter pour le renvoyer aux siens ; seul un échange contre une femme est, à leurs yeux, recevable, car elle n’est pas mise à mort. Le verset qui l’a abrogé est : « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (at-Tawbah, 5), la sourate al-Barâʾah ayant été, par transmission, la dernière révélée. Il est donc obligatoire de tuer tout polythéiste, sauf indication contraire concernant les femmes, les enfants et ceux à qui l’on prélève la jizya. Tel est l’avis le plus connu d’Abû Hanîfa, par crainte qu’ils ne reprennent les armes contre les musulmans. ʿAbd ar-Razâq rapporte de Maʿmar, d’après Qatâdah, que le verset « Puis, soit vous faites grâce, soit vous exigez une rançon » a été abrogé par « Disperse par eux ceux qui les suivent ». Mujâhid déclara également qu’il fut abrogé par « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (at-Tawbah, 5), avis partagé par al-Hakam.
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Troisième opinion : le verset est, quant à lui, abrogateur. C’est l’avis d’ad-Dahhâk et d’autres. Ath-Thawrî rapporte, par la chaîne Juwaybir – ad-Dahhâk, que la parole du Très-Haut : « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (at-Tawbah, 5) fut abrogée par : « Puis, soit vous faites grâce, soit vous exigez une rançon ». Ibn al-Mubârak rapporte, par la chaîne Ibn Jurayj – ʿAtâʾ, que ce même verset implique que l’on ne met pas le polythéiste à mort ; on lui accorde plutôt la grâce ou on le rachète, comme l’a indiqué Allah – exalté soit-Il.
Ashʿath rapporte qu’al-Hasan (al-Basrî) répugnait à tuer le captif et récitait : « Puis, soit vous faites grâce, soit vous exigez une rançon. »
Al-Hasan ajouta que le verset comporte une inversion dans l’ordre des propositions : c’est comme s’Il avait dit : « Frappez donc les cous jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. » Puis Il a dit : « Lorsque vous les aurez mis en déroute, alors serrez-leur étroitement les liens. »