Parole d’Allah – Très-Haut :
« Et ceux qui ont cru, accompli des œuvres pies et cru en ce qui a été révélé à Muhammad… »
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid disent : ce sont les Ansâr.
Maqâtil affirme : ce verset a été révélé tout spécialement à propos de quelques personnes de Quraych.
D’autres ont dit : il s’agit, de manière générale, de toute personne qui avait mécru puis a cru.
Le sens de : « Il a rendu vaines leurs œuvres » est : Il les a annulées.
Et l’on a encore dit : Il les a détournés de la guidée en leur retirant la réussite qui y mène.
« et [ceux qui] ont accompli des œuvres pies »
— Pour ceux qui soutiennent qu’il s’agit des Ansâr, ces œuvres consistent à partager leurs demeures et leurs biens.
— Pour ceux qui disent qu’il s’agit de gens de Quraych, il s’agit de l’émigration (hijra).
— Selon l’avis général, les « œuvres pies » englobent toutes les actions qui satisfont Allah, Très-Haut.
« et qui ont cru en ce qui a été révélé à Muhammad »
Ils ne s’opposèrent à lui en rien, a dit Sufyân Ath-Thawrî.
Il a aussi été dit : ils tinrent pour véridique Muhammad ﷺ dans tout ce qu’il apporta.
« et c’est la vérité venant de leur Seigneur »
Autrement dit : leur foi est la vérité émanant de leur Seigneur.
Il a aussi été dit : le Coran est la vérité venant de leur Seigneur, par laquelle il abrogea ce qui l’avait précédé.
« Il a effacé leurs mauvaises actions »
a-t-on compris comme : tout ce qu’ils avaient commis avant la foi.
« et a réformé leur état »
— c’est-à-dire leur affaire, selon Mujâhid et d’autres ;
— leur condition, selon Qatâdah ;
— leurs affaires, selon Ibn ʿAbbâs. Ces trois expressions sont proches et renvoient à l’amélioration de ce qui touche à leur vie d’ici-bas. An-Naqqâsh rapporte encore que le sens est : Il a rectifié leurs intentions.
De là le vers du poète :
« Si tu viens avec l’amitié, j’accours avec la même ;
Et si tu te détournes, je retourne à mon état ancien. »
Suivant cette interprétation, l’expression se rapporte donc à la droiture de leur religion.
« al-bâl »
est un nom verbal ; on ne connaît pas de verbe tiré de cette racine. Les Arabes ne le mettent au pluriel qu’en poésie, où l’on trouve alors : bâlât.
Al-Mubarrid remarque que, dans un autre contexte, al-bâl peut signifier « cœur » ; on dit : « Untel ne vient pas à mon bâl », c’est-à-dire à mon cœur.
Al-Jawharî ajoute : al-bâl désigne la sérénité de l’âme ; on dit : « Untel jouit d’un esprit paisible (rakhiyy al-bâl) ».
Al-bâl signifie encore : l’état, la condition ; on dit : « Mâ bâluka ? » – « qu’as-tu ? »
de même que : « Ce n’est pas de mon bâl », c’est-à-dire « ce n’est pas chose dont je me préoccupe ».
Al-bâl peut aussi désigner la grande baleine de mer, terme qui n’est pas d’origine arabe.
Quant à al-bâlah, c’est le flacon à parfum ; mot d’origine persane arabisé, provenant de pîlah.
Abû Dhu’ayb a dit :
« On eût dit qu’un bâlah pourpre y était posé,
D’où, parmi les deux ailes de l’oiseau charognard, se répand un parfum. »