Mâshî et al-Aḥqab ; Ibn Durayd a cité ces cinq [noms]. Parmi eux se trouve également ʿAmr ibn Jâbir, qu’Ibn Sallâm a mentionné par la voie d’Abû Isḥâq as-Sabîʿî, rapportant de ses shaykhs d’après Ibn Masʿûd que celui-ci marchait avec un groupe de Compagnons du Prophète ﷺ. Un tourbillon se dressa devant eux, puis un autre, plus puissant encore ; ils découvrirent alors un serpent mort. L’un d’entre eux déchira son manteau, en enveloppa le serpent comme d’un linceul et l’enterra.
Quand la nuit tomba, deux femmes vinrent demander : « Lequel d’entre vous a enterré ʿAmr ibn Jâbir ? » Nous répondîmes : « Nous ne savons pas qui est ʿAmr ibn Jâbir. » Elles dirent : « Si vous recherchiez la rétribution ¹, vous l’avez obtenue ; les pervers parmi les djinns se sont battus contre les croyants, et ʿAmr a été tué ; c’était le serpent que vous avez vu, et il faisait partie du groupe qui avait écouté le Coran de Muḥammad ﷺ avant de retourner avertir son peuple. »
Ibn Sallâm rapporte une autre version : celui qui l’avait enveloppé était Ṣafwân ibn al-Muʿaṭṭal.
Je (l’auteur) dis : al-Thaʿlabî a relaté ce récit dans des termes voisins. Il rapporte que Thâbit ibn Quṭbah dit : Des gens vinrent trouver Ibn Masʿûd et dirent : « Nous étions à Sâqar et avons vu un serpent agonisant dans son sang ; l’un de nous l’a pris et nous l’avons enseveli. » Plus tard, d’autres personnes arrivèrent et dirent : « Qui d’entre vous a enterré ʿAmr ? » Nous répondîmes : « Et qui est ʿAmr ? » Ils dirent : « Le serpent que vous avez enterré à tel endroit ; il faisait partie du groupe qui entendit le Coran du Prophète ﷺ. Un combat opposa deux clans de djinns, l’un musulman, l’autre mécréant, et il fut tué. » Ce récit montre donc qu’Ibn Masʿûd n’était ni en voyage ni présent lors de l’inhumation — Allâh est plus savant.
Ibn Abî ad-Dunyâ rapporte d’un Tâbiʿî, qu’il nomme, qu’un serpent entra dans sa tente, haletant de soif. Il lui donna à boire, le serpent mourut, et il l’enterra. Dans la nuit, on vint le saluer et le remercier, l’informant que ce serpent était un homme des djinns de Naṣîbîn nommé Zawbaʿah.
As-Suhaylî dit : Il nous est parvenu parmi les mérites de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz — qu’Allâh l’agrée —, d’après le récit d’Abû Bakr ibn Ṭâhir al-Ushbîlî, que ʿUmar marchait un jour dans un désert lorsqu’il aperçut un serpent mort ; il l’enveloppa d’un pan de son manteau et l’enterra.
Soudain, une voix dit : « Ô Surraq ! Je témoigne avoir entendu le Messager d’Allâh ﷺ dire : “Tu mourras dans une terre déserte et un homme vertueux te fera le linceul.” » Il demanda : « Qui es-tu, qu’Allâh te fasse miséricorde ? » Il répondit : « Je suis l’un des djinns qui écoutèrent le Coran de la bouche du Messager d’Allâh ﷺ ; il n’en reste plus que moi et Surraq, et voici Surraq : il est mort, il a été tué. »
¹ C’est-à-dire la récompense qu’Allâh accorde pour cet acte pieux.