les djinns, les appelait à Allah, le Très-Haut, et leur récitait le Coran. Allah — Puissant et Majestueux — envoya alors vers lui une troupe de djinns originaires de Ninive et les réunit auprès de lui.
Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — déclara : « Je souhaite, cette nuit, réciter le Coran aux djinns ; lequel d’entre vous me suivra ? » Ils baissèrent la tête et gardèrent le silence. Il répéta la question une seconde fois ; ils se turent de nouveau. Il la posa une troisième fois ; ils demeurèrent encore silencieux.
Ibn Masʿûd dit alors : « Moi, ô Messager d’Allah. » Il rapporte : « Nul autre que moi ne l’accompagna. Nous partîmes, et lorsque nous fûmes dans la haute partie de La Mecque, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — entra dans un défilé appelé “Shiʿb al-Ḥajûn”. Il traça pour moi une ligne et m’ordonna de m’asseoir à l’intérieur en disant : “Ne sors pas d’ici avant que je ne revienne vers toi.” Puis il s’avança, se tint debout et commença à réciter le Coran.
« Je vis alors des formes pareilles à des vautours fondre et se mouvoir en battant leurs ailes. J’entendis un brouhaha et des murmures au point que je craignis pour le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui. De nombreuses silhouettes sombres l’enveloppèrent, s’interposant entre lui et moi, si bien que je n’entendais plus sa voix ; puis elles se dispersèrent, se fragmentant comme des nuées qui s’effilochent.
« Lorsque le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — eut terminé, à l’aube, il me demanda : “As-tu dormi ?” Je répondis : “Non, par Allah ! J’ai plusieurs fois été sur le point d’appeler les gens à l’aide, jusqu’à ce que je t’entende les frapper de ton bâton en disant : ‘Asseyez-vous !’” Il dit : “Si tu étais sorti, je n’aurais pu te garantir qu’aucun d’eux ne t’enlèverait.” Puis il ajouta : “As-tu vu quelque chose ?” Je répondis : “Oui, ô Messager d’Allah ; j’ai vu des hommes noirs, les vêtements blancs retroussés.” Il dit : “Ce sont les djinns de Naṣîbîn. Ils m’ont demandé des provisions et un viatique ; je leur ai accordé tout os desséché, toute fiente et toute bouse.”
« Ils dirent : “Ô Messager d’Allah, les gens nous les trouvent répugnants.” Le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — interdit alors d’utiliser os ou fiente pour la purification après les besoins. Je dis : “Ô Prophète d’Allah, et quel profit en tirent-ils ?” Il répondit : “Ils ne trouvent aucun os sans y rencontrer la chair telle qu’au jour où il a été mangé, ni aucune fiente sans y trouver les grains tels qu’au jour où elle a été excrétée.”
« Je dis : “Ô Messager d’Allah, j’ai entendu un vacarme intense !” Il dit : “Les djinns se disputaient au sujet d’un mort parmi eux ; ils ont porté l’affaire devant moi et j’ai jugé entre eux avec équité.”
« Ensuite le Prophète — paix et bénédictions sur lui — s’éloigna pour satisfaire un besoin naturel, puis revint et dit : “As-tu de l’eau ?” Je répondis : “Ô Prophète d’Allah, j’ai une petite outre contenant un peu de nabîdh de dattes.” Je le versai sur ses mains ; il fit ses ablutions et dit : “Une datte excellente et une eau purificatrice.” »
Un récit de ce sens a été rapporté par Maʿmar, d’après Qatâdah, et par Shuʿbah également, tous deux d’après Ibn Masʿûd. Et il n’est