La conjonction fā’ et le kâf se rapportent au verbe ; c’est-à-dire que cette parole les détourna de l’Unicité (at-Tawḥîd).
Quant au terme al-afk, prononcé avec fatḥa, c’est le nom d’action du verbe : afakahu / yaʾfiku-hu / afkan, qui signifie : « le renverser, l’écarter de quelque chose ».
ʿIkrima a récité : « ʾaffakahum », avec la gémination du fāʾ, pour marquer l’insistance et la multiplicité.
Abû Ḥâtim a dit : c’est-à-dire : Il les a détournés du bien-être dans lequel ils vivaient.
Al-Mahdawî rapporte aussi d’Ibn ʿAbbâs la lecture : « ʾâfikahum », avec allongement et kasra sur le fāʾ, au sens de : « celui qui les a détournés ».
Quant à la variante transmise — avec divergence — d’ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr : « ʾâfakahum », avec allongement, elle peut relever du schème « afʿalahum », c’est-à-dire : Il les a fait tomber dans le mensonge, ou du schème « fāʿalahum », comme khādaʿahum (« Il les a trompés »).
La preuve en faveur de la lecture courante « ifkuhum » est Sa parole : « wa-mâ kânû yaftarûn » ; autrement dit : « ils forgent des mensonges ».
Il a également été dit que « ifkuhum » a le même sens que « afakahum ». Les vocables al-ifk et al-afak sont, selon al-Mahdawî, semblables à ḥidhr et ḥadhar, deux formes pour un même mot.
[Sourate al-Aḥqâf (46), verset 29]
« Et lorsque Nous dirigeâmes vers toi un groupe de djinns pour qu’ils écoutent le Coran ; lorsqu’ils furent présents, ils dirent : “Soyez attentifs !” Puis, quand la récitation fut achevée, ils retournèrent auprès de leur peuple en avertisseurs. » (29)
Parole du Très-Haut : « Et lorsque Nous dirigeâmes vers toi un groupe de djinns… »
Ceci est un blâme adressé aux polythéistes de Quraysh : les djinns ont entendu le Coran, y ont cru et ont su qu’il provient d’Allah, tandis que vous vous détournez et persistez dans la mécréance.
Le verbe « ṣarafnâ » signifie : Nous avons orienté vers toi, Nous les avons envoyés. En effet, ils avaient été éloignés de l’écoute furtive du ciel par les jets de météores — comme il sera expliqué — et, depuis Jésus, ils n’en avaient plus été empêchés, sauf lors de la mission du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue.
Les exégètes Ibn ʿAbbâs, Saʿîd ibn Jubayr, Mujâhid et d’autres ont dit :
Lorsque Abû Ṭâlib mourut, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — se rendit seul à Ṭâʾif pour solliciter l’appui de la tribu de Thaqîf. Il se présenta à ʿAbd Yâlîl, Masʿûd et Ḥabîb, frères — fils de ʿAmr ibn ʿUmayr — en présence d’une femme de Quraysh, des Banû Jumah.
Il les invita à la foi et leur demanda de le soutenir contre son peuple. L’un d’eux déclara : « Il arracherait les étoffes de la Kaʿba si Allah t’avait réellement envoyé ! » Le second dit : « Allah n’a donc trouvé personne d’autre que toi à envoyer ! » Et le troisième ajouta : « Par Allah, je ne te parlerai jamais un seul mot ; si Allah t’a envoyé, comme tu le prétends, ta valeur est trop grande pour que je te réponde, et si tu mens, il ne sied pas que je te parle. »
Ils excitèrent alors leurs écervelés contre lui.