Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Coran, s. Al-Aḥqâf, 46 : 27]
« Nous avons certes fait périr les cités qui vous entourent et Nous avons multiplié les signes, peut-être reviendront-ils. »

Parole du Très-Haut : « Nous avons certes fait périr les cités qui vous entourent. » Il s’agit d’Al-Ḥijr, demeure des Thamûd, des cités du peuple de Lôt, et d’autres agglomérations voisines du Ḥidjâz ; leurs récits étaient connus de tous et rapportés de façon concordante.

« Nous avons multiplié les signes » : c’est-à-dire les preuves, les indications, les différentes sortes de démonstrations claires et d’exhortations ; Nous les avons exposées aux habitants de ces cités.

« Peut-être reviendront-ils » ; pourtant ils ne revinrent pas.

On a encore dit : Nous avons diversifié les versets du Coran relatifs aux promesses et aux menaces, aux récits et au caractère inimitable, afin que ces polythéistes reviennent.

[Coran, s. Al-Aḥqâf, 46 : 28]
« Eh bien, pourquoi ceux qu’ils avaient pris, en dehors d’Allah, comme divinités et offrandes d’approche ne les ont-ils pas secourus ? Au contraire, ils se sont égarés loin d’eux. Tel fut leur mensonge, et ce qu’ils inventaient. »

Le Très-Haut dit : « Pourquoi donc ne les a-t-on pas secourus… » ; l’expression « fa-law-lâ » a le sens de « hal-lâ » (pourquoi donc…). Autrement dit : pourquoi leurs divinités, par lesquelles – prétendaient-ils – ils se rapprochaient d’Allah afin qu’elles intercèdent pour eux, comme ils disaient : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah » (Yûnus : 18), ne les ont-elles pas protégés du châtiment qui les frappa ?

Al-Kisâʾî dit : le terme qurbân désigne tout ce par quoi l’on recherche la proximité d’Allah – acte d’obéissance ou sacrifice. Son pluriel est qarâbîn, comme ruhbân et rahâbîn. L’un des deux compléments directs du verbe « ittakhadhû » renvoie au pronom « alladhîna » sous-entendu, et le second est « âlihatan » (des divinités). Quant à « qurbânan », il est à la fonction de ḥâl ; il ne saurait être le second complément direct, ni « âlihatan » son substitut, car cela corromprait le sens – ainsi l’a expliqué az-Zamakhsharî. On lit aussi « qurubânan », avec ḍamma sur le râʾ.

« Mais ils se sont égarés loin d’eux » : c’est-à-dire qu’ils ont péri sans qu’ils leur servent de secours.

On a également dit : leurs divinités se sont écartées d’eux, car elles ne furent pas touchées par ce qui les atteint, étant de simples pierres.

D’autres encore : ils les ont abandonnées et s’en sont désavoués.

« Tel fut leur ifk (mensonge) » : ces divinités qui se sont écartées d’eux sont le mensonge même qu’ils proféraient lorsqu’ils affirmaient qu’elles les rapprocheraient d’Allah. La lecture la plus répandue est « ifkuhum » avec kasra sous le hamza et repos du fâʾ ; cela signifie « leur mensonge ».

Le mot ifk signifie mensonge ; de même al-afîkah ; son pluriel est al-afâʾik. On qualifie un homme de affâk, c’est-à-dire grand menteur. Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et Ibn az-Zubayr ont lu : « wa-dhâlika afakahum » en ouvrant la hamza.

[[سورة الأحقاف (٤٦) : آية ٢٧]] وَلَقَدْ أَهْلَكْنا مَا حَوْلَكُمْ مِنَ الْقُرى وَصَرَّفْنَا الْآياتِ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ (٢٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَلَقَدْ أَهْلَكْنا مَا حَوْلَكُمْ مِنَ الْقُرى " يُرِيدُ حِجْرَ ثَمُودَ وَقُرَى لُوطٍ وَنَحْوَهُمَا مِمَّا كَانَ يُجَاوِرُ بِلَادَ الْحِجَازِ، وَكَانَتْ أَخْبَارُهُمْ مُتَوَاتِرَةً عِنْدَهُمْ. " وَصَرَّفْنَا الْآياتِ" يَعْنِي الْحُجَجَ وَالدَّلَالَاتِ وَأَنْوَاعَ الْبَيِّنَاتِ وَالْعِظَاتِ، أَيْ بَيَّنَّاهَا لِأَهْلِ تِلْكَ الْقُرَى. " لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ" فَلَمْ يَرْجِعُوا. وَقِيلَ: أَيْ صَرَّفْنَا آيَاتِ الْقُرْآنِ فِي الْوَعْدِ وَالْوَعِيدِ وَالْقَصَصِ وَالْإِعْجَازِ لَعَلَّ هَؤُلَاءِ الْمُشْرِكِينَ يرجعون. [[سورة الأحقاف (٤٦) : آية ٢٨]] فَلَوْلا نَصَرَهُمُ الَّذِينَ اتَّخَذُوا مِنْ دُونِ اللَّهِ قُرْباناً آلِهَةً بَلْ ضَلُّوا عَنْهُمْ وَذلِكَ إِفْكُهُمْ وَما كانُوا يَفْتَرُونَ (٢٨) قوله تعالى: " فَلَوْلا نَصَرَهُمُ" " فَلَوْلا" بِمَعْنَى هَلَّا، أَيْ هَلَّا نَصَرَهُمْ آلِهَتُهُمُ الَّتِي تَقَرَّبُوا بِهَا بِزَعْمِهِمْ إِلَى اللَّهِ لِتَشْفَعَ لَهُمْ حيث قالوا: " هؤُلاءِ شُفَعاؤُنا عِنْدَ اللَّهِ" «١» [يونس: ١٨] وَمَنَعَتْهُمْ مِنَ الْهَلَاكِ الْوَاقِعِ بِهِمْ. قَالَ الْكِسَائِيُّ: الْقُرْبَانُ كُلُّ مَا يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى مِنْ طَاعَةٍ وَنَسِيكَةٍ، وَالْجَمْعُ قَرَابِينَ، كَالرُّهْبَانِ وَالرَّهَابِينَ. وَأَحَدُ مَفْعُولَيِ اتَّخَذَ الرَّاجِعُ «٢» إِلَى الَّذِينَ المحذوف، والثاني " آلِهَةً" . و " قُرْباناً" حَالٌ، وَلَا يَصِحُّ أَنْ يَكُونَ " قُرْباناً" مَفْعُولًا ثانيا. و " آلِهَةً" بدل منه لفساد المعنى، قاله الزمخشري. وقرى " قُرُبَانًا" بِضَمِّ الرَّاءِ. " بَلْ ضَلُّوا عَنْهُمْ" أَيْ هَلَكُوا عَنْهُمْ. وَقِيلَ: " بَلْ ضَلُّوا عَنْهُمْ" أَيْ ضَلَّتْ عَنْهُمْ آلِهَتُهُمْ لِأَنَّهَا لَمْ يُصِبْهَا مَا أَصَابَهُمْ، إِذْ هِيَ جَمَادٌ. وَقِيلَ: ضَلُّوا عَنْهُمْ، أَيْ تَرَكُوا الْأَصْنَامَ وَتَبَرَّءُوا مِنْهَا. " وَذلِكَ إِفْكُهُمْ" أَيْ وَالْآلِهَةُ الَّتِي ضَلَّتْ عَنْهُمْ هِيَ إِفْكُهُمْ فِي قَوْلِهِمْ: إِنَّهَا تُقَرِّبُهُمْ إِلَى اللَّهِ زُلْفَى. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " إِفْكُهُمْ" بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ وَسُكُونِ الْفَاءِ، أَيْ كَذِبُهُمْ. وَالْإِفْكُ: الْكَذِبُ، وَكَذَلِكَ الْأَفِيكَةُ، وَالْجَمْعُ الْأَفَائِكُ. وَرَجُلٌ أَفَّاكٌ أَيْ كَذَّابٌ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَابْنُ الزُّبَيْرِ " وَذَلِكَ أَفَكَهُمْ" بِفَتْحِ الهمزة
(١). آية ١٨ سورة يونس. (٢). الضمير الراجع.

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